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Pyrénées : un jeune alpiniste de 18 ans hisse une croix en bois au pic d’Aneto pour remplacer l’ancienne, mystérieusement disparue

Le sommet de l’Aneto, point culminant des Pyrénées, possède à nouveau une croix. Ce monument de bois a été transporté par un jeune homme de 18 ans. Ce geste intervient après la disparition inexpliquée de l’ancienne croix à la mi-avril.

Le 9 mai dernier, Maël Le Laguadec, un jeune alpiniste de 18 ans, a hissé une croix en bois au sommet du pic d’Aneto, dans les Pyrénées espagnoles. Il avait précédemment conçu cette œuvre de ses propres mains, rapporte Ici Béarn Bigorre. L’étudiant paysagiste originaire de Montauban a réalisé cette ascension pour combler le vide laissé par un acte de malveillance. La croix d’origine, une structure en aluminium d’une centaine de kilos, a été découpée à la meuleuse et dérobée à la mi-avril au sommet du pic espagnol.


Poussé à ses limites, physiquement et mentalement
Sur ses réseaux sociaux, Maël Le Laguadec a partagé les étapes de la fabrication de la croix et de son ascension. Une vidéo de son expédition a ainsi atteint 875.000 vues sur la plateforme TikTok, indiquent nos confrères.
L’étudiant a notamment dû affronter des conditions météorologiques difficiles pour installer cette structure en noyer. Il affirme avoir parcouru 28 kilomètres avec 50 kg sur le dos, dont 35 kg pour la croix seule, sur un dénivelé positif de 1900 mètres, comme il l’explique sur son compte Facebook dans un message publié le 10 mai dernier. Il évoque également une « aventure qui restera gravée longtemps dans [sa] mémoire ».

Le jeune homme a dû puiser dans ses réserves physiques et mentales pour atteindre les 3404 mètres d’altitude. « Arrivé au sommet, j’avais encore du mal à réaliser ce que je venais d’accomplir », a-t-il encore confié sur Facebook.
Une initiative sans visée religieuse
Maël Le Laguadec a précisé que son initiative était dénuée de toute visée religieuse. « C’est un projet qui me tenait à cœur, parce que quand j’ai vu que l’ancienne croix avait été vandalisée, c’est vrai que ça a touché énormément de monde », a confié l’alpiniste amateur à Ici Béarn Bigorre.
Il a ajouté : « On arrache un monument des Pyrénées, et beaucoup de randonneurs et alpinistes, même athées, ont été très déçus de ce geste. C’est un arrachement. C’est un endroit merveilleux qui regorge de beaux endroits, et cela donne énormément envie d’y rester. »


Le mystère de la croix disparue
La disparition de l’ancienne croix a en effet suscité de nombreuses réactions dans le massif de la Maladeta. Selon BFMTV, des randonneurs ont remarqué son absence le 18 avril dernier. Cette structure en aluminium de plus de 100 kg marquait le sommet depuis 75 ans.
Les premiers éléments montrent que des individus ont sectionné le métal à l’aide d’une meuleuse. La Guardia Civil a ouvert une enquête pour tenter de retrouver ce monument, qui avait été récemment restauré. Nacho Segorbe, guide à Benasque, pense que les auteurs ont simplement fait basculer l’objet dans le versant ouest. Selon BFMTV, le relief abrupt autour du sommet complique les recherches.
Une enquête toujours ouverte
La commune espagnole de Benasque a rapidement dénoncé un acte de vandalisme auprès des autorités. Le maire a appelé au respect de ce patrimoine symbolique du territoire pyrénéen, précise BFMTV. Les spécialistes du secours en montagne (GREIM) ont passé le secteur au peigne fin pour identifier des indices. Selon la chaîne d’information, aucun groupe n’avait revendiqué l’action au 23 avril, laissant habitants et guides dans l’incompréhension.
Patrick Lagleize, président du bureau des guides de Luchon, a souligné que cette croix représentait un emblème pour tous, sans distinction de foi. Les enquêteurs n’ont communiqué aucune piste privilégiée à ce stade. Le mystère autour de la disparition du monument reste donc entier.

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