Nice : « On les attrape 20 fois par semaine mais ils ressortent », dénonce un policier après la fusillade

Vingt-quatre heures après la fusillade du quartier des Moulins, le maire de Nice a ordonné l’ouverture d’un nouveau poste de police municipale. En parallèle, un policier dénonce l’impuissance des forces de l’ordre et une justice jugée inefficace face à la délinquance.
Une nouvelle fusillade a touché le quartier des Moulins, à l’ouest de Nice, ce lundi 11 mai. En milieu d’après-midi, un tireur circulant à trottinette a ouvert le feu sur la place des Amaryllis, une zone commerçante très fréquentée. Selon le procureur de la République Damien Martinelli, cet acte est « directement lié au trafic de stupéfiants ». Le bilan fait état de deux morts, âgés de 38 et 57 ans, sans lien connu avec le narcotrafic. Six autres personnes ont été blessées par balle.

Une attaque particulièrement violente
Selon le procureur de la République, un véhicule a déposé le tireur, qui a ensuite pris une trottinette pour s’approcher de la cible. Il a ouvert le feu à plusieurs reprises, avant de prendre la fuite. Dix-sept étuis ont été retrouvés sur place. Le véhicule utilisé, déclaré volé la veille, a été retrouvé incendié peu après.
Les victimes décédées étaient des clients installés en terrasse. Parmi les blessés, trois sont connus des services de police pour des faits liés au narcotrafic, selon une source judiciaire citée par l’AFP.
Sur les six personnes blessées, trois sont en urgence absolue. Cette tragédie s’ajoute à un lourd bilan humain dans le secteur. En effet, onze victimes collatérales ont déjà perdu la vie dans ce périmètre depuis l’été 2024.
Témoignage d’un policier de terrain
Invité au micro des Grandes Gueules sur RMC ce mardi, Alex, un fonctionnaire de police, a livré un témoignage sans concession sur la réalité de son quotidien. Selon lui, le secteur subit une emprise criminelle spécifique. « Le problème c’est que le quartier est tenu par des étrangers en situation irrégulière, comme l’autre quartier à l’est de Nice », a-t-il affirmé. Il a ajouté : « On a beau les attraper et les présenter à l’officier de police judiciaire, mais le problème c’est que la justice, derrière, elle ne fait pas son boulot ! »

Le policier a décrit un cycle de travail frustrant et répétitif. « On les attrape 20 fois par semaine peut-être, mais ils sont toujours dehors », a-t-il encore insisté. Il a précisé : « Des fois, ils vont peut-être faire un petit séjour en centre de rétention administrative, mais à l’issue ils ressortent. »
Une attractivité en berne et des effectifs réduits
Au-delà de la réponse judiciaire, Alex a souligné les difficultés structurelles rencontrées par la police nationale à Nice. Il estime que la ville souffre d’un manque d’effectifs cruel par rapport à d’autres régions françaises. « Le problème à Nice, c’est qu’il y a très très très très peu d’effectifs et plus personne ne veut venir bosser à Nice », a-t-il rapporté, pointant un écart salarial significatif avec la capitale.
D’après lui, un fonctionnaire en région parisienne touche 250 euros de plus, alors que le coût de la vie est comparable. « Je pense que le niveau de vie à Nice est au moins égal à celui de la région parisienne, donc c’est compliqué de vouloir venir travailler à Nice. À part les Niçois de naissance », a-t-il conclu. Les syndicats de police confirment d’ailleurs ce constat, évaluant le manque d’enquêteurs à près d’une centaine au sein de la ville.
Présent sur place, le maire de Nice, Éric Ciotti, a annoncé l’installation immédiate d’un poste de police municipale sur la place des Amaryllis, dans des locaux auparavant occupés par une association. Il a déclaré que la priorité était le rétablissement de la sécurité dans le quartier. L’édile a également appelé l’État à renforcer les moyens humains et financiers. Le parquet a ouvert une enquête pour assassinats et tentatives d’assassinats en bande organisée.

