La Courneuve : le drapeau palestinien retiré de la mairie sur ordre du tribunal

Sous la pression du tribunal administratif et de la préfecture, le maire de La Courneuve, Aly Diouara, a fait enlever le drapeau palestinien qu’il avait hissé quelques jours plus tôt sur le fronton de sa mairie. Le tribunal administratif avait assorti son injonction d’une lourde pénalité financière.
Le drapeau palestinien qui flottait sur le fronton de la mairie de La Courneuve a disparu, très tôt ce lundi 20 avril. L’édile LFI, Aly Diouara, a pris cette décision à la suite d’une ordonnance du tribunal administratif. La justice avait effectivement exigé ce retrait sous peine d’une astreinte journalière importante. Selon des informations relayées par Le Parisien, la préfecture de Seine-Saint-Denis avait saisi la juridiction dès l’installation de l’étendard.
Le maire cède face à la menace financière
Le maire avait initialement accroché ces couleurs le jeudi 16 avril. Par ce geste, il souhaitait manifester son opposition à la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan. Ce texte, officiellement destiné à combattre l’antisémitisme, suscite de vifs débats.
Aly Diouara a notamment critiqué une « menace directe sur la liberté d’expression ». Il avait alors voulu hisser le drapeau « en solidarité avec les voix qui s’élèvent et défendent son droit à l’autodétermination et dénoncent le génocide en cours à Gaza ».
Face à la contrainte judiciaire, l’élu a préféré céder. Il s’en est expliqué sur son compte Facebook le matin même du retrait. « Le tribunal administratif nous a ordonné de retirer le drapeau palestinien du fronton de la mairie, sous peine d’une lourde astreinte journalière à compter de ce lundi 6 h », a précisé l’édile. Afin d’épargner les contribuables, il a donc agi durant la nuit. « J’ai donc procédé dans la nuit à ce retrait afin d’éviter de faire supporter à la mairie, et donc aux habitants, le paiement de cette astreinte », a-t-il justifié.
« Drapeau ou pas », Aly Diouara maintient son soutien à Gaza
Cette affaire rappelle le cas de Malakoff, dans les Hauts-de-Seine. Comme le souligne également le quotidien francilien, cette municipalité avait dû verser 300 euros pour une action similaire en septembre dernier.
Malgré sa décision, Aly Diouara maintient ses convictions politiques. Il a ainsi conclu son message avec fermeté : « Drapeau ou pas, La Courneuve et ses habitants continueront de soutenir toutes les voix qui s’élèvent en faveur de l’autodétermination du peuple palestinien, de la fin du génocide en cours à Gaza et de l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie. »


