Belgique : à Molenbeek, une maison médicale exige la maîtrise de l’arabe pour un poste de secrétaire

Une quinquagénaire, postulant à un poste de secrétaire médicale dans un centre de soins privé de Molenbeek-Saint-Jean (Belgique), a vu sa candidature signalée comme ne répondant pas aux critères de l’employeur après avoir indiqué qu’elle ne parlait pas arabe.
À Molenbeek, un centre médical privé a publié une offre d’emploi pour recruter une secrétaire. L’annonce précisait que la maîtrise de la langue arabe orale constituait un critère indispensable pour ce poste de nature médicale. La candidate, âgée de 56 ans et prénommée Sylvie, a reçu un message indiquant que sa candidature ne répondait pas aux critères de l’employeur après avoir répondu qu’elle ne disposait pas de cette compétence.
Un choix pragmatique selon la direction
D’après les informations rapportées par DHnet, la candidate a fait part de son profond étonnement face à cette situation. « C’est le monde à l’envers. Il me semble pourtant que les trois langues nationales sont le français, le néerlandais et l’allemand », a-t-elle réagi.
De son côté, la direction de l’établissement a déclaré assumer pleinement ce choix, invoquant des raisons d’organisation interne. Le responsable administratif a expliqué que ce recrutement devait permettre de compléter l’équipe afin d’améliorer l’accessibilité du centre pour une partie de la patientèle, les deux secrétaires déjà en poste ne maîtrisant pas cette langue.
L’établissement affirme vouloir offrir « une continuité optimale des soins et une communication fluide avec l’ensemble de notre patientèle ». Les responsables de la structure ont également précisé à DHnet qu’ils n’avaient reçu aucune candidature directe de la part de cette femme. Selon eux, le message de refus émanait d’une évaluation automatisée du site internet et la postulation restait techniquement possible. La candidate conteste toutefois cette version des faits.
Une condition légale sous certaines conditions
Selon l’avocat Christophe Delmarcelle, cité par le quotidien belge, une entreprise privée peut exiger la maîtrise d’une langue étrangère lorsqu’elle est objectivement justifiée par les besoins de la fonction.
Selon les spécialistes du droit du travail cités dans la presse belge, l’argument de la nécessité peut être considéré plus sérieusement lorsqu’il s’agit d’assurer la communication avec des patients dans un contexte médical. Ces spécialistes rappellent néanmoins qu’un tel critère ne doit pas devenir un filtre absolu, car il risquerait d’entraîner des discriminations basées sur l’origine des candidats.

