Lyhanna : Andrea Bescond et des collectifs appellent à manifester lundi devant les tribunaux

Deux jours après la reconnaissance de « dysfonctionnements » par Emmanuel Macron dans l’affaire Lyhanna, l’émotion gagne désormais la rue.
Lyhanna – La réalisatrice Andrea Bescond et plusieurs collectifs de défense de l’enfance appellent à des rassemblements lundi soir devant les palais de justice de France. Ils entendent dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une faillite de la protection des mineurs et réclamer des réponses rapides des autorités judiciaires.
Au cœur de la colère, le parcours du principal suspect, déjà visé par une plainte pour viol sur mineure en 2025, mais jamais entendu avant la disparition de la collégienne. Pour l’exécutif, cette succession de ratés impose des clarifications internes, sans mettre en cause, à ce stade, l’ensemble de l’institution judiciaire.
Plusieurs associations, dont Nous Toutes, le collectif Enfantiste et la Fondation des femmes, ont relayé cet appel au rassemblement.
Une réalisatrice en première ligne
Réalisatrice et militante engagée contre les violences faites aux enfants, Andrea Bescond est l’un des visages de cette mobilisation. Sur les réseaux sociaux, elle a relayé un appel à manifester « devant les palais de justice partout en France » lundi en début de soirée, pour dire « non à l’impunité » après la disparition de Lyhanna.
L’appel est soutenu par plusieurs associations de protection de l’enfance et des collectifs féministes déjà mobilisés lors de précédents rassemblements contre les violences faites aux mineurs. Des organisations comme Mouv’enfants, déjà actives pour dénoncer les lenteurs dans le traitement des affaires de pédocriminalité, se joignent au mouvement.
Les initiateurs des rassemblements insistent sur une démarche pacifique centrée sur les droits des enfants. « Protéger l’enfance n’est pas un choix. C’est un devoir », affirme ainsi un texte commun déjà utilisé lors d’appels similaires.
L’exécutif entre reconnaissance des failles et défense de la justice
Face à la montée de l’indignation, Emmanuel Macron a reconnu jeudi des « failles » et un « dysfonctionnement inacceptable » dans le suivi judiciaire du suspect, appelant à des enquêtes « très rapides ». Gérald Darmanin doit réunir dans les prochains jours les responsables de la police et de la gendarmerie afin d’identifier les manquements éventuels dans la chaîne pénale.
Le gouvernement souligne toutefois que l’enquête judiciaire se poursuit sous l’autorité d’un juge d’instruction, et rappelle le principe de présomption d’innocence. Le suspect a été mis en examen pour « enlèvement et séquestration de mineur de 15 ans » et placé en détention provisoire, tandis que les investigations se poursuivent sur le terrain.
Plusieurs responsables politiques appellent à ne pas instrumentaliser le drame, tout en demandant un audit précis des procédures ayant conduit à l’absence d’audition rapide du mis en cause après la plainte de 2025.
Une mobilisation qui interroge la confiance dans les institutions
Pour les collectifs à l’origine des manifestations, l’affaire Lyhanna agit comme un révélateur de failles plus larges dans la prise en charge des violences sexuelles sur mineurs. Ils estiment que la répétition des affaires impliquant des enfants fragilise la confiance des familles dans les institutions judiciaires et policières.
Des spécialistes de la protection de l’enfance soulignent, eux, la nécessité de renforcer les moyens d’enquête et la formation des magistrats et enquêteurs sur ces dossiers complexes, plutôt que de se limiter à des réactions ponctuelles. D’anciens responsables de la police judiciaire appellent également à mieux coordonner signalements, procédures disciplinaires et plaintes pénales afin d’éviter les « angles morts ».
Lundi, les rassemblements prévus devant les tribunaux devraient ainsi mêler hommages, colère et demandes de réformes concrètes. Les organisateurs espèrent que cette mobilisation pèsera sur les décisions à venir en matière de protection de l’enfance.


