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Le maire LFI de Creil, porte-étendard de la « nouvelle France », menacé par un groupe de jeunes des quartiers

Selon plusieurs sources locales, le maire de Creil, Omar Yaqoob (LFI), a été la cible de menaces de la part d’un groupe de jeunes après avoir refusé de renouveler le contrat d’un ancien employé municipal, pour des raisons qu’il présente comme strictement budgétaires.

Le maire de Creil menacé – L’élu a depuis déposé deux plaintes, l’une pour menaces, l’autre pour la dégradation de son véhicule de fonction, confirmées par le commissariat de la ville.

L’affaire, survenue samedi 4 juillet à la Maison creilloise des loisirs, éclaire les tensions qui traversent cette commune de près de 35.000 habitants, classée parmi les plus pauvres de France, où la demande d’emplois publics est forte et où la municipalité LFI, élue au printemps, entend afficher une ligne de fermeté face aux pressions particulières.

Elle relance aussi le débat sur les rapports entre jeunesse des quartiers populaires et institutions, dans un contexte national de crispations autour des politiques municipales et de la gestion des contrats aidés.[

Menaces après un refus de contrat à Creil
Les faits se déroulent le samedi 4 juillet 2026, en début de soirée, à la Maison creilloise des loisirs, où la ville organisait la diffusion du match de Coupe du monde Maroc–Canada. Omar Yaqoob explique avoir été abordé à l’extérieur par un groupe de jeunes venus solliciter le renouvellement du contrat d’un ancien employé municipal, selon Le Parisien.

« Les faits remontent à samedi dernier, j’étais allé à la maison creilloise des loisirs, pour m’assurer que tout était en place pour la diffusion du match de Coupe du monde Maroc-Canada », raconte le maire, qui assure ne « jamais refuser de parler avec les Creillois ». Il affirme avoir indiqué que le renouvellement n’était « pas possible pour des raisons budgétaires », ce qui aurait entraîné un changement de ton de la discussion.

Selon son récit, « l’un des jeunes est devenu plus menaçant, en [lui] disant [qu’il] n’avait pas le choix », avant de proférer des menaces visant des bâtiments et des véhicules municipaux. Le maire dit avoir refusé de céder, revendiquant le fait que « gouverner, c’est parfois savoir dire non », et se présente comme déterminé à ne pas s’accommoder de « chantage » concernant les emplois municipaux.

De la tension verbale à la dégradation du véhicule
Quelques minutes après cet échange, un jeune cagoulé aurait été aperçu en train de s’en prendre à la voiture de fonction du maire, stationnée à proximité de la salle. D’après les premiers éléments rapportés par la presse locale, le véhicule aurait été dégradé à coups de marteau, suscitant l’intervention de témoins et l’alerte aux forces de l’ordre.

« Je suis rentré dans la salle et cinq minutes plus tard, des passants sont venus me chercher car un jeune cagoulé était en train de commettre des dégradations sur ma voiture de fonction », relate encore Omar Yaqoob. La police est alors intervenue, mettant fin à l’épisode et procédant aux constatations d’usage sur place.

Le maire a déposé deux plaintes, l’une visant l’auteur présumé des menaces, qu’il affirme être identifié, et l’autre pour les dégradations matérielles. Le commissariat de Creil confirme la réception des plaintes et indique que l’enquête est en cours pour établir les responsabilités, sans communiquer à ce stade sur d’éventuelles interpellations.

Une affaire qui ravive le débat local sur l’emploi
L’incident intervient quelques mois après l’élection d’Omar Yaqoob à la tête de la mairie de Creil, où la nouvelle majorité LFI promettait de « faire renaître » une ville présentée comme la 8e plus pauvre de France et d’être l’étendard de la « nouvelle France » de Jean-Luc Mélenchon, selon Le Monde. Dans ce contexte de fragilité sociale, la question des emplois municipaux apparaît particulièrement sensible, notamment pour une partie de la jeunesse qui voit dans les postes publics un débouché privilégié.

Le maire rappelle néanmoins que l’attribution ou le renouvellement des contrats municipaux doit, selon lui, « se faire dans le cadre des règles et des contraintes budgétaires », et non sous la pression d’interventions ciblées. « La pression, ça ne marche pas », souligne-t-il dans un entretien à Libération, en revendiquant une « ligne de fermeté » face aux menaces.

Une réponse politique sous surveillance
Au-delà du fait divers, l’épisode place le maire de Creil au cœur d’enjeux politiques plus larges, alors qu’il est présenté par certains comme l’un des visages de la nouvelle génération de responsables LFI au niveau national. Sa réaction face à ces menaces, et sa volonté affichée de ne pas céder à ce qu’il qualifie de « chantage », seront observées de près, tant par ses soutiens que par ses opposants.

L’affaire interroge également la protection des élus locaux, régulièrement confrontés à des intimidations verbales ou physiques, et relance la question des moyens déployés pour sécuriser leurs déplacements et leurs véhicules. Plusieurs responsables politiques ont déjà exprimé leur solidarité avec Omar Yaqoob, tout en appelant à « apaiser le climat » dans les communes où les tensions sociales sont fortes.

Les prochains jours permettront de préciser les suites judiciaires données aux plaintes déposées par le maire, ainsi que les mesures éventuelles prises par la municipalité pour renforcer la prévention et le dialogue avec les jeunes.

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