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Banquet du Canon français à Colmar : le député LFI Emmanuel Fernandes demande l’annulation de l’événement

Alors qu’un grand rassemblement du Canon français doit se tenir à Colmar (Haut-Rhin) fin mai, un député de La France insoumise (LFI) demande l’annulation de l’événement. Il invoque des dérapages passés à Caen.

Le député LFI du Bas-Rhin, Emmanuel Fernandes, a officiellement demandé l’annulation du banquet du Canon français prévu au Parc des expositions à Colmar. Selon les informations d’Ici Alsace, cet événement intitulé « banquet alsacien » doit normalement réunir plus de 3000 convives le 30 mai prochain.
Des accusations de dérives politiques et de troubles à l’ordre public
Ce banquet suscite l’opposition d’Emmanuel Fernandes, qui a alerté le maire de la commune en invoquant des risques de troubles à l’ordre public. Pour justifier sa requête, l’élu strasbourgeois s’est appuyé sur des incidents qui se seraient produits lors d’une précédente édition en Normandie, le 18 avril dernier.


« Le Canon français participe à la propagande de l’extrême droite : ces banquets sont l’occasion pour les participants de relayer des contenus royalistes, anti-républicains, discriminatoires, agressifs », a affirmé Emmanuel Fernandes, mentionnant également des « saluts nazis », selon ses déclarations.
Un banquet validé par les autorités locales
De son côté, la direction du Parc des expositions de Colmar a précisé dans un communiqué que le « cadre légal, sécuritaire et administratif » était pleinement respecté, toujours selon Ici Alsace. Elle a décrit un rendez-vous populaire mettant à l’honneur la « gastronomie locale ». Elle a également souligné que la manifestation affiche déjà complet, « avec plus de 3000 personnes attendues ».

Le maire de Colmar, Éric Straumann, a quant à lui affiché une certaine prudence face à cette polémique. L’édile a rappelé que le site de l’événement n’était pas un lieu public. « Cela se déroule dans un lieu privé entre 12 heures et 17 heures », a-t-il précisé à Ici Alsace, assurant ne pas avoir eu « d’alerte particulière ».
« Le risque de débordement qu’on peut imaginer, c’est la consommation excessive d’alcool », a cependant pointé Éric Straumann, assurant que dans ce cas, « ça sera au préfet et au procureur de prendre les mesures pour éviter ces éventuels débordements ». Et de conclure avec nuance : « C’est relativement éloigné du centre-ville, je ne vois pas les débordements qu’on peut éventuellement imaginer. »
En parallèle, le préfet du Haut-Rhin a d’ores et déjà demandé une présence policière renforcée. Les autorités souhaitent notamment prévenir les conduites en état alcoolique à la sortie du site. Tout en rappelant à l’organisateur ses responsabilités concernant « la bonne tenue de l’événement », il a précisé qu’il pouvait être « tenu responsable des dérives des participants ».
Le Canon français défend un événement apolitique et festif
Face aux accusations dont il fait l’objet, le Canon français revendique le caractère apolitique de ses festivités. Géraud de la Tour, cofondateur de l’événement, a d’ailleurs récemment rappelé auprès du Télégramme qu’il s’agit d’une fête « qui n’est ni de droite, ni de gauche ».
Comme le rapporte Le Figaro, les organisateurs ont par ailleurs engagé des poursuites judiciaires, notamment contre une élue insoumise, afin de défendre leur image. Une plainte a en effet été déposée contre l’eurodéputée Emma Fourreau. Cette dernière avait partagé une séquence vidéo sur les réseaux sociaux, accompagnée de la légende suivante : « Salut nazi lors du banquet du Canon français à Caen. »

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