« Il n’est pas question d’annuler » : le Canon français refuse de plier face à l’agglomération de Quimper

Malgré la demande de suspension formulée par l’agglomération Quimper Bretagne Occidentale, les organisateurs du Banquet breton refusent d’annuler leur événement. L’un des fondateurs du Canon français dénonce une méthode brutale et la politisation d’une manifestation qu’il présente comme purement festive.

La polémique enfle dans le Finistère autour du rassemblement festif prévu le 5 décembre prochain. Le Canon français refuse de céder face à l’agglomération de Quimper, qui a demandé à sa société délégataire, Quimper Événements, de ne plus donner suite à la réservation accordée aux organisateurs. Spécialisée dans ces banquets festifs, l’entreprise a déjà vendu plus de 1200 billets pour cette date, une dynamique confirmée durant le dernier week-end.
Une rupture brutale des engagements
Géraud de la Tour, cofondateur de l’événement, a exprimé sa stupeur ce lundi 27 avril dans les colonnes du Télégramme. L’organisateur a affirmé qu’il n’avait reçu aucune notification officielle avant d’apprendre la nouvelle par voie de presse. « Nous sommes abasourdis : quelle est l’explication, hormis une volonté de censure injustifiée ? Nous sommes choqués par cette attitude face à une fête qui n’est ni de droite, ni de gauche », a-t-il déclaré auprès de nos confrères.
Le responsable a rappelé que des relations contractuelles solides liaient pourtant les deux parties depuis de longs mois. « Nous sommes depuis longtemps en contact avec le parc des expositions, et dans de très bons termes », a poursuivi Géraud de la Tour, indiquant que son entreprise avait d’ores et déjà « signé un contrat, payé des acomptes » et « multiplié les réunions ». Selon lui, cette méthode manque cruellement de professionnalisme.
La sécurité invoquée par l’agglomération
Pour justifier sa décision, Quimper Bretagne Occidentale (QBO) a mis en avant des craintes liées à l’ordre public. L’agglomération, présidée par la maire socialiste de Quimper, Isabelle Assih, a ainsi évoqué des « interrogations sérieuses » concernant la sécurité et les conditions d’accueil. La collectivité invoque des risques de tensions autour de l’événement. Selon les organisateurs et plusieurs médias, l’entreprise est régulièrement visée depuis l’entrée minoritaire de Pierre-Édouard Stérin au capital.
Géraud de la Tour a fermement balayé ces accusations de débordements. Il a notamment évoqué les critiques sur un précédent banquet à Caen, où des gestes controversés avaient été signalés par des élus LFI, dont l’eurodéputée Emma Fourreau. « On parle d’événements à deux heures du mat’, notre banquet se terminait à 17 heures, je ne vois pas le rapport avec nous », a-t-il précisé.
Le Canon français contre-attaque en justice
Le cofondateur a également rappelé les procédures judiciaires déjà engagées devant les tribunaux pour défendre l’image de sa structure. L’entreprise a ainsi déposé plainte contre Emma Fourreau, comme le rapporte Le Figaro. Cette élue avait diffusé une vidéo suggérant qu’un salut nazi avait été effectué lors du banquet normand. Or, les organisateurs affirment que les images montrent simplement des participants levant leur verre en signe de fête.
Par ailleurs, une procédure a été lancée il y a quelques semaines contre le journal Libération. Le quotidien avait publié un extrait vidéo montrant lui aussi un soi-disant salut nazi. Selon les organisateurs, la séquence complète révélait au contraire un geste amical dans le cadre d’une plaisanterie.
Les organisateurs revendiquent l’apolitisme
Face à cette situation, le Canon français a affiché sa lassitude devant la politisation croissante de ses activités. Géraud de la Tour a revendiqué le caractère purement festif et convivial de ses banquets. « On commence à en avoir marre de cette politisation », a-t-il déploré. Il craint que ces polémiques ne transforment ses banquets en symboles d’une guerre qu’il ne souhaite pas mener. « Nos événements ne sont pas politisés et n’ont pas vocation à être le terrain d’affrontement des extrêmes », a-t-il assuré.
L’entreprise a réitéré son intention de maintenir la date du 5 décembre au parc des expositions. « Pour le moment, il n’est pas question d’annuler », a ainsi conclu le cofondateur. Pour l’heure, la billetterie reste ouverte sur internet au tarif de 79,99 euros. Les organisateurs ont promis un menu local et copieux pour satisfaire les participants.
Cependant, ils attendent désormais une réponse officielle de la part de la société gestionnaire du site. « On veut juste qu’on nous foute la paix ! », a conclu Géraud de la Tour. Les représentants de l’agglomération quimpéroise et de la structure gestionnaire du site n’avaient formulé aucun nouveau commentaire auprès de nos confrères ce mardi après-midi.


