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Affaire Elisa Pilarski : l’euthanasie du chien Curtis provoque colère et émotion après le verdict

Le tribunal correctionnel de Soissons a condamné jeudi 11 juin Christophe Ellul à quatre ans de prison avec sursis pour homicide involontaire aggravé dans l’affaire de la mort d’Elisa Pilarski. Les juges ont également ordonné l’euthanasie du chien Curtis.

Le procès lié à la mort d’Elisa Pilarski s’est conclu par une décision lourde de conséquences pour le chien Curtis, dont l’euthanasie a été ordonnée par la justice. Ce jeudi 11 juin, le tribunal correctionnel de Soissons (Aisne) a prononcé une peine lourde contre le propriétaire du molosse. L’institution judiciaire a ainsi validé les réquisitions formulées par le ministère public lors des audiences de mars dernier. Elle a mis un terme à une longue controverse médiatique et passionnelle.
Le tribunal pointe l’éducation du chien
L’instruction a permis de reconstituer précisément les faits. Le 16 novembre 2019, la victime de 29 ans a succombé à une cinquantaine de morsures canines. Elle se promenait alors en forêt. Les expertises scientifiques et les analyses ADN ont finalement écarté la responsabilité de la meute de chasse à courre.

Christophe Ellul avait pourtant incriminé ces chiens de vénerie dès le début de l’affaire. Un article du Figaro avait d’ailleurs révélé que l’animal, initialement nommé « Dark Midnight », provenait d’un élevage néerlandais. Selon plusieurs éléments du dossier relayés par la presse, il s’agissait d’un pitbull importé illégalement sur le territoire français.
De plus, les magistrats ont insisté sur le comportement de l’animal. Ce dernier a reçu un entraînement spécifique au « high-jump ». Cette discipline consiste à faire sauter le chien afin qu’il saisisse un objet suspendu à l’aide de sa mâchoire. Les spécialistes ont décrit un animal conditionné pour l’attaque depuis son plus jeune âge.
Par conséquent, selon les experts cités à l’audience, le pitbull ne connaissait aucun signal d’arrêt en dehors de l’épuisement physique complet. Le jour du drame, selon les conclusions retenues par le tribunal, les aboiements de la chasse à courre ont provoqué chez lui une excitation incontrôlable. Sa puissance a malheureusement dépassé les capacités de résistance de la jeune femme enceinte de six mois.


« Il est extrêmement dangereux »
La justice a ordonné l’euthanasie du chien en raison d’un risque majeur de récidive. La présidente de l’audience a fermement écarté les demandes de placement dans des structures spécialisées. Selon les propos rapportés par Le Parisien, la magistrate a déclaré : « Il n’est pas envisageable qu’il soit de nouveau dans la nature. Autoriser qu’il soit confié, ce serait nier ce dont il a été capable. »
L’avocat de la famille de la victime, Me Xavier Terquem-Adoue, a partagé cette analyse. Il a affirmé que l’animal « n’y peut rien », ajoutant : « Il est victime de l’éducation de son maître. Mais le résultat, c’est qu’il est extrêmement dangereux. »
L’euthanasie de Curtis divise
Cette décision a immédiatement suscité une vive émotion parmi les défenseurs des animaux présents dans la salle. Plusieurs associations de protection animale, à l’instar d’AVA ou des Amis de Sam, avaient pourtant proposé des solutions d’accueil alternatives, relate TF1.
À la sortie de l’audience, une sympathisante prénommée Liliane a de son côté exprimé son profond dépit face à cette issue. « Il aurait dû mourir en même temps qu’Elisa. Le maintenir en vie pendant sept ans, et finalement le piquer, ce n’est pas normal », a-t-elle déclaré dans les colonnes du Parisien.
Des vagues de contestation ont également agité les réseaux sociaux. Les pétitions lancées sur plusieurs plateformes spécialisées ont par ailleurs rencontré un écho considérable auprès du public. Le collectif « Grâce pour Curtis », qui a lancé une pétition en ligne sur Change.org, a notamment récolté plus de 80.000 signatures.
Parmi les initiatives lancées après le procès figure également une pétition publiée sur mypetition.org réclamant la libération et l’adoption de Curtis. Son auteur estime que le chien devrait pouvoir être confié à une structure ou à une famille d’accueil plutôt qu’être euthanasié. Cette pétition a, pour l’heure, recueilli plus de 4000 signatures.
Une condamnation assortie d’importantes réparations civiles
Sur le plan pénal, Christophe Ellul a écopé de quatre ans de détention assortis d’un sursis simple. Le tribunal a également prononcé une amende de 75.000 euros à son encontre pour homicide involontaire aggravé. Par ailleurs, le condamné devra verser d’importantes compensations financières aux proches de son ex-compagne. La mère de la victime recevra 90.000 euros au titre du préjudice moral tandis qu’un proche percevra la somme de 60.000 euros.
Le prévenu a conservé une attitude totalement impassible lors de la lecture du jugement. Son conseil, Me Alexandre Novion, a néanmoins exprimé des réserves importantes quant aux montants financiers accordés aux parties civiles. L’avocat de la défense a indiqué qu’il étudierait l’opportunité d’interjeter appel de cette condamnation dans les prochains jours. Une telle procédure pourrait conduire à un nouvel examen du sort réservé à Curtis.

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