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Mauvaise nouvelle : Dès le 1er août, les femmes qui fument

Arrêter de fumer : pourquoi est-ce plus difficile pour les femmes ? Les conseils d’un tabacologue pour y parvenir

Plus grande irritabilité, crainte de prendre du poids, substituts moins efficaces, les femmes échouent plus souvent dans leurs tentatives que les hommes. Les conseils pour maximiser ses chances.

Nous ne sommes pas tous égaux devant l’arrêt du tabac. Les femmes ont entre 5 et 30% de voir leur chance de réussite diminuée par rapport aux hommes. Des chiffres d’autant plus préoccupants que les femmes sont plus vulnérables. « A tabagisme égal, les maladies liées au tabac sont plus fréquentes chez les femmes : cancer du poumon, BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), pathologies cardio-vasculaires », note le Pr Gérard Peiffer (1), pneumologue et tabacologue. Les premières jours de l’arrêt sont souvent les plus difficiles. Nervosité, irritabilité, troubles de la concentration, les femmes souffrent davantage du syndrome de sevrage. L’arrêt peut aussi s’accompagner d’hyperphagie, une tendance à manger davantage, avec la sensation de perdre le contrôle. Il est donc essentiel de se faire aider.

Méthodes de sevrage du tabac : des efficacités différentes selon les se-xes

  • Les substituts nicotiniques (patchs, pastilles, gommes) sont moins efficaces chez les femmes. Elles métabolisent plus rapidement la nicotine, c’est-à-dire qu’elles la détruisent plus rapidement. D’où une tendance fréquente à sous-doser l’apport nécessaire. « Chez la femme enceinte, on adapte les doses au fur et à mesure de la grossesse car la nicotine est détruite de plus en plus vite, donc il en faut davantage », précise le Dr Gérard Peiffer.
  • Médicaments. La varénicline, commercialisée sous le nom de Champix, a montré une efficacité supérieure chez les femmes, même si elle a un peu plus d’effets secondaires (nausées en tout début de traitement).
  • Thérapies alternatives. Yoga, méditation, hypnose, acupuncture… les femmes sont plus réceptives à ces techniques qui n’ont pas été validées scientifiquement mais qui peuvent être utiles si elles s’accompagnent de traitements reconnus.
  • Et aussi. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), reconnues comme efficaces, procurent les mêmes chances d’arrêt pour les deux sexes. De même que la cigarette électronique qui n’est utilisée qu’en ultime recours, avec un protocole strict (norme AFNOR OU CE, durée d’utilisation limitée…).

Prise de poids, nervosité… il faut tenir compte des spécificités féminines
Le bon moment. Plus les taux d’oestrogènes sont élevés, plus les envies impérieuses de fumer deviennent fortes. Mieux vaut donc arrêter de fumer en début de cycle.

Eviter la prise de poids. La peur de grossir représente un frein important. En plus des principes alimentaires classiques (limiter les quantités, manger lentement…), l’activité physique contribue à stabiliser la balance. « De nombreuses études montrent qu’elle permet de réduire le besoin impérieux de fumer. On conseille de marcher, bouger, et en quelques minutes, l’envie disparaît », précise le tabacologue. Les substituts, pris à la bonne dose et le temps nécessaire, limitent la prise de poids pendant la durée du traitement.

Limiter les symptômes anxieux et dépressifs. « Il faut vérifier qu’une dépression n’apparaisse pas au bout de quelques semaines d’arrêt », avertit le Dr Peiffer. Troubles du sommeil avec insomnie en deuxième partie de nuit, perte d’énergie, envie de ne rien faire, en sont quelques signes. Il faut recourir à des thérapies cognitivo-comportementales ou parfois à des antidépresseurs. « Bien assurer le contrôle du poids, la surveillance des facteurs anxiodépressifs : tous ces éléments permettent d’obtenir 30% de réussite en plus dans l’arrêt du tabac chez les femmes », précise le tabacologue.

Les femmes demandent plus souvent l’aide d’un professionnel de santé, un atout pour réussir son arrêt. Le livre Libre, j’arrête de fumer avec un tabacologue, du Dr Philippe Guichenez et le Dr Gérard Peiffer, pneumologues et tabacologues (édition L&P) détaille des parcours de patients : déclic, rechutes et solutions pour l’arrêt (associationlivreetpartage@gmail.com).

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