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Chalon-sur-Saône : le maire suspend un mariage après des débordements lors du cortège

Un mariage civil prévu à l’hôtel de ville a été annulé par le maire, Gilles Platret, après des débordements liés au cortège nuptial dans les rues de la ville.

Mariage à Chalon-sur-Saône – L’édile a décidé de conditionner toute nouvelle célébration au remboursement par le marié de 560 euros correspondant, selon la municipalité, aux frais de mobilisation de la police municipale.

L’affaire, rendue publique début juin, a rapidement suscité des réactions, certains saluant une réponse ferme face aux incivilités, d’autres s’interrogeant sur la proportionnalité de la sanction, s’agissant d’une cérémonie civile relevant de l’état-civil.

Des infractions routières et des policiers insultés
Selon la version de la mairie, confirmée par plusieurs sources locales, les incidents se sont produits le samedi 30 mai dans l’après-midi, lors du passage du cortège dans différents quartiers de Chalon-sur-Saône. Les véhicules auraient multiplié les infractions au code de la route, notamment des franchissements de feux rouges et des circulations en sens interdit, selon Police et Réalités.

Des policiers municipaux, dépêchés sur place, affirment avoir été pris à partie par certains participants, qui auraient proféré insultes et menaces à leur encontre. La ville fait valoir que seize agents ont été mobilisés pour sécuriser le secteur et rétablir la circulation, justifiant ainsi la facture de 560 euros adressée au marié.

Dans un message publié sur le réseau social X, Gilles Platret résume sa position : « Ce n’est pas au contribuable de payer de pareils débordements. Tant qu’il n’aura pas payé, son mariage ne sera pas reprogrammé. » Le maire, membre des Républicains, assume une ligne de fermeté face à ce qu’il décrit comme une multiplication de comportements dangereux dans les cortèges de mariage.

Un mariage suspendu jusqu’au règlement de la facture
La décision municipale consiste à suspendre la célébration civile jusqu’au règlement complet de la somme demandée, présentée comme un remboursement des frais de mobilisation de la police municipale. La cérémonie, qui devait se tenir à la mairie de Chalon-sur-Saône, n’a donc pas eu lieu à la date prévue et aucune nouvelle date ne sera arrêtée tant que la facture ne sera pas payée.

L’intéressé, le futur marié, n’a pas pris la parole publiquement, mais certains proches contestent en privé l’ampleur de la facture et la décision d’annuler purement et simplement la cérémonie. Ils estiment que les sanctions pour les infractions routières doivent relever des procédures habituelles (amendes, retraits de points) plutôt que d’un blocage de la célébration civile.

Interrogé par CNews, le maire maintient sa position et insiste sur la nécessité de responsabiliser les organisateurs de cortèges : « Tant qu’il n’aura pas payé, son mariage ne sera pas reprogrammé », répète-t-il, expliquant que la collectivité n’a pas vocation à supporter les coûts d’interventions qu’il juge évitables.

Un débat sur l’ordre public et le droit au mariage
La décision suscite un débat plus large sur l’équilibre entre maintien de l’ordre public et garantie du droit au mariage civil, reconnu par la loi. Certains juristes interrogés soulignent que l’annulation d’une cérémonie pourrait être contestée, la célébration du mariage relevant d’une mission d’état-civil qui doit être assurée de manière impartiale. D’autres rappellent cependant que les maires, officiers d’état-civil, disposent d’une marge d’appréciation pour fixer ou reporter les dates, notamment en cas de troubles à l’ordre public avérés.

Cela met en lumière les tensions récurrentes autour de certains cortèges de mariage et les moyens mis en œuvre par les municipalités pour les encadrer. Dans d’autres communes, des dispositifs similaires de facturation des coûts supplémentaires ou de renforcement de la vidéo-verbalisation ont déjà été expérimentés afin de lutter contre la délinquance routière liée à ces événements.

Pour l’heure, le couple concerné se trouve dans l’incertitude quant à la date de leur union civile, suspendue au règlement des 560 euros réclamés. La mairie, elle, affirme vouloir faire de ce cas un exemple, en envoyant un « signal clair » aux futurs mariés et à leurs cortèges : les débordements constatés lors des mariages ne resteront plus sans conséquences financières.

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