Mort de Lorenzo à 15 ans sur un chantier : sa famille engagée pour la prévention des risques professionnels

Le 30 avril 2025, un adolescent de 15 ans a perdu la vie dans un accident de chantier à Saint-Martin-du-Var. Un an après cette tragédie, ses parents multiplient les hommages sportifs et s’engagent désormais dans un combat pour la prévention des risques professionnels afin d’éviter de nouveaux drames.
Un an a passé depuis que Lorenzo, jeune apprenti maçon de 15 ans, est mort sur un chantier de construction à Saint-Martin-du-Var. Pour les proches de la victime, la douleur reste vive. Le 30 avril 2025, une pelleteuse à roues, de type Bobcat, s’est renversée sur l’adolescent alors qu’il circulait à proximité de l’engin. Il a été retrouvé en arrêt cardio-respiratoire. Malgré l’intervention rapide des pompiers, ces derniers n’ont pas réussi à le réanimer.

Le sport pour faire vivre sa mémoire
Depuis cet événement tragique, la famille a choisi de transformer sa peine en une énergie solidaire. De nombreux hommages ont ainsi jalonné cette année de deuil, notamment à travers le football et les sports de combat. Le 25 avril dernier, un challenge de boxe a rassemblé de nombreux participants à Nice. Frédéric Menardi, le père de Lorenzo et responsable d’un club de boxe, a confié à France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur : « Plus le temps passe, plus il nous manque, les actions qui sont menées, ça nous donne de la force. »
D’autres marques de soutien ont également marqué les esprits, à l’image des hommages rendus par l’OGC Nice ou de la plantation d’un olivier au CFA d’Antibes. Le frère aîné de Lorenzo, Sandro, a aussi trouvé refuge dans le sport de haut niveau. En parallèle de son cursus d’ingénieur, le jeune homme de 21 ans se prépare désormais pour l’Ironman de Nice. Son père précise d’ailleurs qu’il s’est mis « à bloc dans le sport » pour honorer son petit frère.

Un combat pour la prévention des risques
Au-delà de ces commémorations sportives, Delphine Vella, la mère de Lorenzo, a décidé d’agir concrètement. Elle a repris son activité de secrétaire médicale à mi-temps et souhaite désormais fonder une association baptisée « Résilience pour une étoile, en mémoire à Lorenzo ». Son objectif principal est la prévention des accidents du travail, qui ont causé la mort de 764 personnes dans le secteur privé en 2024, selon les données de l’Assurance maladie, relayées par la Fédération nationale des accidentés du travail et handicapés (FNATH).
La mère de la victime estime que la formation au sein des CFA doit être renforcée. Souhaitant « que ces jeunes soient sensibilisés aux risques », elle a également déclaré à France 3 vouloir « monter une association pour la prévention des risques ». Elle a poursuivi : « Je pense que c’est plus un problème de sécurité au CFA. Il y a trop d’accidents sur les chantiers et je veux me battre pour ça, pour que les formations soient mieux faites. » Déterminée, elle a même affirmé sa volonté de porter ce message jusqu’au Parlement européen si nécessaire. « S’il faut aller au Parlement européen, j’irai ! » a-t-elle prévenu.
Pas de plainte, mais une volonté d’agir
Toutefois, cette volonté de faire bouger les lignes ne s’accompagne pas d’un désir de vengeance judiciaire. Certes, le parquet de Nice avait ouvert une enquête pour homicide involontaire, confiée à la brigade de recherches de Nice et à l’Inspection du travail. Pourtant, les parents ont pris la décision de ne pas porter plainte contre l’entreprise de BTP.
Frédéric Menardi a expliqué cette position délicate, la société appartenant à son propre cousin. « Pour nous, c’est un double drame, mais on reste tous unis. L’entreprise de BTP, c’est celle de mon cousin qui est comme un grand frère pour moi », a-t-il indiqué, ajoutant : « Donc, on ne s’est pas porté partie civile, on n’a pas porté plainte et on ne le fera pas. Ça ne me le ramènera pas. »
Bien que l’enquête ait confirmé que le conducteur de l’engin possédait les formations requises, le père pointe toutefois un problème de stabilité récurrent sur ces modèles de pelleteuses à roues. Selon les informations qu’il a pu recueillir, les versions à chenilles offraient auparavant une sécurité supérieure. Il conclut néanmoins avec fermeté : « On met tout en œuvre pour que ça ne se reproduise pas. »


