Ros, le berger allemand du sergent maître-chien Anicet Girardin tué au Liban, reçoit la croix de la Valeur militaire

La France a rendu, ce mardi 28 avril, un hommage national au sergent Anicet Girardin, maître-chien du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes (Marne), mort des suites de ses blessures à l’âge de 31 ans après une embuscade au Liban le 18 avril.
Maître-chien Anicet Girardin – Lors de cette cérémonie, son berger allemand Ros, qui l’accompagnait en opération depuis 2020, a été décoré de la croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze.
Présidée par la ministre des Armées, Catherine Vautrin, en présence du chef d’état-major de l’armée de terre, le général Pierre Schill, la cérémonie a mis en lumière la place des équipes cynotechniques dans les engagements extérieurs.

Ros, réformé à la suite de la mission au Liban, a désormais rejoint la famille du militaire disparu.
Une décoration rarement attribuée à un chien
Selon le ministère des Armées, la croix de la Valeur militaire récompense des actions d’éclat menées en opérations extérieures, par des militaires mais aussi, plus rarement, par des auxiliaires animaux engagés auprès d’eux. Créée en 1956, cette distinction peut être attribuée à titre individuel ou, depuis 2011, de manière collective à des unités engagées. Dans le cas de Ros, l’étoile de bronze signale une citation à l’ordre du régiment.
Le sergent Anicet Girardin a, lui, reçu à titre posthume la médaille militaire, la croix de la Valeur militaire avec palme de bronze et a été fait chevalier de la Légion d’honneur. D’après le communiqué officiel, ces décorations saluent un soldat ayant choisi une « spécialité rare » et particulièrement exposée, celle de maître-chien en opérations.

La voix des autorités militaires
La ministre des Armées a salué un militaire « engagé, expérimenté et apprécié de ses pairs », en soulignant la contribution des équipes cynotechniques à la protection des troupes déployées au Liban dans le cadre de la Finul. Le général Pierre Schill a rappelé, lors de l’hommage, que ces binômes homme-chien sont « en première ligne pour détecter les menaces et ouvrir la voie aux unités ».
Sur le terrain, les chiens comme Ros sont employés pour la reconnaissance, la détection d’explosifs ou la sécurisation de convois, fonctions qui exposent directement les équipes aux risques d’embuscade. Plusieurs chiens du régiment de Suippes étaient d’ailleurs présents lors de la cérémonie, certains laissant entendre des gémissements qui ont marqué les participants.
Une reconnaissance qui rassemble
Pour les proches du sergent Girardin, la décoration de Ros apparaît d’abord comme un prolongement de l’hommage rendu au militaire. En rejoignant la famille, le chien incarne la mémoire d’un engagement partagé sur plusieurs théâtres d’opérations.
Des voix au sein des armées voient dans cette distinction un moyen de mieux faire connaître le rôle des chiens de guerre et de mettre en lumière les risques qu’ils assument, aux côtés des soldats.

