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Jamel Debbouze : « J’ai été, moi, un musulman, victime d’antisémitisme »

Jamel Debbouze, français musulman, raconte comment une simple kippa au Mur des Lamentations à Jérusalem (Israël) l’a transformé en cible d’insultes antisémites en ligne.

Le 18 janvier 2015, quelques jours après les attaques contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, Jamel Debbouze s’était assis face aux caméras de Sept à Huit. L’humoriste y a lâché une phrase qui avait alors marqué les esprits : « J’ai été, moi, un musulman victime d’antisémitisme ».

Pour cet enfant de Barbès et de Trappes, la religion est une affaire intime. Musulman, il n’en parlait jamais publiquement, préférant se définir par son métier d’artiste. Après les 17 morts de janvier 2015, il avait pourtant pris la parole dans l’émission diffusée sur TF1 pour dénoncer à la fois l’islamophobie et l’antisémitisme, qu’il juge « intolérables ». (Voir la vidéo ci-dessous)

Jamel Debbouze : « J’ai été, moi, un musulman, victime d’antisémitisme »
Il raconte ce séjour en Israël où il avait rejoint sa femme qui y travaillait. Il évoque les visites à Jérusalem de la mosquée Al Aqsa et du Mont des Oliviers, avant d’arriver au Mur des Lamentations : « Là, on nous a demandé de mettre une kippa sur ce que j’ai fait. On m’a pris en photo. Je me suis retrouvé dans Voici. Et le lendemain, dans les réseaux sociaux, j’étais un sale juif ». Face à l’absurdité, il conclut : « C’est risible tellement c’est n’importe quoi (…). Je cristallise plein de choses à moi tout seul ». Pour lui, « les paroles et les actes islamophobes sont intolérables à entendre, au même titre que les actes antisémites ».

« La France c’est ma mère » : le cri de Jamel Debbouze
Au-delà de l’anecdote, Jamel Debbouze avait profité de ce moment pour rappeler sa vision de la France. « Je suis français, musulman, artiste, je suis né à Barbès, j’ai grandi à Trappes, je suis père de deux enfants, marié à une chrétienne, une journaliste, très très belle, et ça pour moi, c’est la France ». « La France c’est ma mère, on touche pas à ma mère », lance-t-il encore. Il confie avoir longtemps tenu sa foi à distance du débat public, avant d’admettre : « Aujourd’hui, j’ai presque besoin de le revendiquer, comme pour dire : ne vous inquiétez pas, on est pareils, malgré nos différences ». Sur la violence terroriste, il est catégorique : « On ne tue pas au nom de Dieu, ça n’existe pas. Le terrorisme n’a pas de religion ».

Jamel Debbouze face aux jeunes des quartiers
Très marqué par les réactions dans les écoles et les quartiers après les attentats, il dit vouloir donner une voix à ceux qui « ne sont pas Charlie ». À ces jeunes souvent sommés de se justifier, il répète : « J’ai envie de leur dire qu’ils n’ont absolument rien à voir avec les assassins (…) il faut qu’ils soient fiers de leur identité. Fiers d’être musulmans, fiers d’être français, fiers d’être ce qu’ils sont ». Sa ligne ne bouge pas : « Que l’on soit musulman, juif ou catholique (…) on a le devoir de bien vivre ensemble ». Car pour lui, « la religion c’est l’amour, la paix, la tolérance » et « on prend en considération ces gamins, on les aime, on les écoute, je vous jure qu’on fera de ce pays une merveille ».

https://twitter.com/i/status/2045939551684718653

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