Bruno Retailleau veut rendre obligatoire la castration chimique des pédocriminels

Bruno Retailleau propose une castration chimique obligatoire pour les pédocriminels. La mesure, déjà possible en France sur la base du volontariat, serait, selon lui, réservée aux auteurs les plus dangereux et présentant un risque élevé de récidive.
Castration chimique – Invité de plusieurs émissions d’information depuis le début de la semaine, le président des Républicains et candidat déclaré à la présidentielle de 2027 a détaillé sa position, relançant le débat sur le traitement judiciaire et médical des violences sexuelles sur mineurs.
Ses propos interviennent dans un contexte de forte émotion après plusieurs affaires de pédocriminalité très médiatisées, qui ont ravivé les critiques sur les failles du suivi des agresseurs se&xuels.

Castration chimique, de la mesure volontaire à l’obligation
Bruno Retailleau rappelle que la castration chimique existe déjà en droit français sous la forme d’un traitement hormonal destiné à réduire la libido, proposé sur la base du volontariat aux détenus condamnés pour crimes sexuels.
« Depuis une vingtaine d’années, la castration chimique est possible. À raison du volontariat, c’est-à-dire que si vous vous déclarez volontaire, vous pouvez avoir un traitement qui va diminuer le taux de testostérone et la libido », explique-t-il, en soulignant les limites d’un système fondé sur le consentement du condamné.
Le responsable de droite veut désormais franchir un cap en rendant ce traitement obligatoire pour certains profils jugés particulièrement dangereux. Il défend l’idée que « le juge devrait pouvoir sans l’accord de l’agresseur » imposer une castration chimique, en complément d’une peine de prison et d’un suivi socio-judiciaire renforcé. L’objectif affiché est de réduire au maximum les risques de récidive, notamment à la sortie de détention, lorsque la surveillance se relâche.
Selon Bruno Retailleau, cette mesure ne concernerait pas l’ensemble des auteurs de violences sexuelles mais les « individus les plus dangereux » identifiés par des expertises psychiatriques comme présentant une probabilité élevée de récidive. Il insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de se substituer à la justice, mais de lui offrir un outil supplémentaire, jugé plus protecteur pour les victimes que l’allongement systématique des peines.
Une mesure controversée au regard du droit et de l’éthique
En l’état actuel, la castration chimique n’est ni automatique ni irréversible en France, et suppose le consentement de la personne condamnée ainsi qu’un encadrement médical strict. Les traitements hormonaux doivent être régulièrement renouvelés et accompagnés d’un suivi psychologique, leur interruption entraînant un retour de la libido et donc, potentiellement, du risque de passage à l’acte. Plusieurs rapports et tribunes de médecins ont également souligné les effets secondaires possibles de ces traitements et la nécessité de respecter le principe du consentement éclairé, selon Doctissimo.
Les propositions de Bruno Retailleau posent ainsi la question de la compatibilité d’une castration chimique imposée avec les engagements internationaux de la France en matière de droits humains, notamment l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants.
Dans d’autres pays, le débat est tout aussi vif, avec des dispositifs variables allant de la simple possibilité de traitement volontaire à des obligations inscrites dans la loi, voire à des cas de castration physique validés par les plus hautes juridictions, comme à Madagascar pour les violeurs d’enfants.
Entre demande de fermeté et appels à renforcer la prévention
Au sein de la droite, la proposition de Bruno Retailleau s’inscrit dans une tradition politique qui, depuis plus de quinze ans, revient régulièrement sur la castration chimique pour répondre à des faits divers impliquant des récidivistes. Plusieurs responsables des Républicains ont déjà défendu par le passé un recours accru à ce type de traitement pour certains criminels sexuels, au nom d’une exigence de fermeté et de protection des mineurs.
À gauche, des voix mettent en garde contre une « illusion sécuritaire » et plaident pour concentrer les moyens sur la prévention, le repérage des signaux faibles et le renforcement des effectifs de la justice et de la protection de l’enfance. Pour ces responsables politiques et associatifs, la priorité devrait être d’améliorer le suivi socio-judiciaire existant, de systématiser les bracelets électroniques et d’assurer une véritable prise en charge thérapeutique des auteurs de violences sexuelles. Certains craignent qu’un débat focalisé sur la castration chimique ne détourne l’attention des carences structurelles du système de protection des mineurs.
Des associations de défense des victimes se montrent quant à elles partagées, certaines estimant qu’une option supplémentaire à disposition des juges pourrait mieux protéger les enfants, d’autres redoutant une stigmatisation accrue des personnes condamnées sans garantie d’efficacité à long terme.


