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« J’aime en secret tripoter mon fils » : polémique après un spectacle de drag queens devant des enfants à Saint-Quentin

Le 6 juin 2026, un spectacle de drag queens organisé au pied de la basilique de Saint-Quentin (Aisne), dans le cadre de la Marche des fiertés, a suscité une vive polémique après la diffusion de la phrase « J’aime, en secret, tripoter mon fils » prononcée devant un public comprenant des enfants.

Spectacle de drag queens à Saint-Quentin – La séquence, filmée par des participants puis largement relayée sur les réseaux sociaux, a provoqué de nombreuses réactions politiques et associatives, ainsi que l’ouverture de vérifications par les autorités judiciaires.

L’évènement, porté par l’association « Fier.es et Queer » basée à Saint-Quentin, se voulait une animation festive de sensibilisation aux thématiques LGBT+ et de lutte contre les discriminations, selon Le Figaro

La localisation du spectacle, aux abords immédiats d’un édifice religieux emblématique de la ville, et la présence d’un jeune public ont toutefois renforcé la charge symbolique de la séquence, dans un contexte national marqué par une forte émotion autour des violences se_xuelles faites aux mineurs, suite à l’affaire Lyhanna.

Une performance qui choque une partie des riverains
Selon les vidéos consultables en ligne, une drag queen, vêtue d’un costume rouge, entonne une chanson parodique dont un passage comprend la phrase « J’aime en secret tripoter mon fils », audible parmi la musique et les applaudissements, en effectuant toutes sortes de gestes obscènes.

Plusieurs familles présentes sur la place indiquent avoir été surprises par ces paroles, qu’elles jugent incompatibles avec la présence de « nombreux jeunes enfants » dans le public. Sur les réseaux sociaux, des internautes parlent d’« ignominie pédophile » et dénoncent une « banalisation » des violences sexuelles à travers l’humour, selon Marianne.

Des responsables politiques locaux se sont rapidement saisis de l’affaire. Le député de l’Aisne Eddy Casterman a indiqué avoir signalé les faits au procureur de la République, estimant qu’« on ne peut pas laisser passer » de tels propos dans un contexte où « des dizaines de milliers de plaintes pour violences sexuelles sur mineurs » sont encore en cours de traitement. Certains élus nationaux ont relayé la vidéo pour exiger un encadrement plus strict des spectacles autorisés en présence d’enfants.

La diffusion de la séquence a également relancé des critiques à l’égard des programmes d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), alors que l’association « Fier.es & Queer » intervient en milieu scolaire avec le soutien de la CPAM de l’Aisne. Des parents et associations s’interrogent sur la compatibilité de ce type de contenus artistiques avec la mission de prévention et de protection des mineurs confiée à ces dispositifs.

L’association Fier.es & Queer invoque l’humour et le second degré
Sur ses supports de communication, « Fier.es & Queer » se présente comme une association LGBTQIA+ et féministe dont l’objectif est de « venir en aide à la communauté » et de « visibiliser la culture et les identités LGBT+ » dans l’Aisne.

L’organisation insiste d’ordinaire sur le rôle pédagogique de ses interventions, notamment lors d’ateliers en établissements scolaires autour des discriminations et de la diversité des identités de genre et des orientations sexuelles. Dans ce cadre, elle revendique des approches « inclusives » et « ludiques » pour aborder des sujets sensibles avec les adolescents.

Concernant le spectacle de Saint-Quentin, ses soutiens mettent en avant le registre de la parodie et du second degré, arguant que les propos incriminés s’inscrivent dans une tradition de cabaret où l’exagération et la provocation servent à dénoncer des réalités sociales plutôt qu’à les promouvoir.

Des militants LGBT+ soulignent que le passage contesté est extrait d’une chanson plus longue dont le sens global, selon eux, ne consiste pas à encourager la pédocriminalité mais à caricaturer des comportements déviants pour mieux les stigmatiser. Ils dénoncent par ailleurs une « instrumentalisation politique » de la séquence, relayée par des comptes très critiques à l’égard des marches des fiertés.

Plusieurs commentateurs rappellent que les spectacles de drag queens, longtemps cantonnés aux cabarets pour adultes, sont désormais programmés dans des festivals, médiathèques ou événements familiaux, ce qui soulève des questions récurrentes sur le calibrage des contenus en fonction du public visé. Certains défenseurs de ces spectacles plaident pour une clarification des consignes données aux artistes lorsque des enfants sont présents, afin d’éviter que des numéros initialement destinés à un public majeur ne soient reproduits à l’identique en extérieur.

Une affaire désormais sur le terrain judiciaire et politique
Sur le plan juridique, la justice doit déterminer si les paroles incriminées relèvent de la liberté d’expression artistique ou s’inscrivent dans le champ des infractions liées à la présentation favorable d’actes criminels ou à l’atteinte à la dignité des mineurs.

L’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sanctionne la provocation ou l’apologie de crimes – la séquence contient aussi une simulation de violences contre une photo d’Éric Zemmour, tandis que l’article 227-24 du Code pénal réprime la diffusion de messages « de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine », notamment lorsqu’ils sont susceptibles d’être perçus par des personnes mineures. L’infraction peut être punie de trois ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende.

Le ministère public dispose des vidéos circulant sur les réseaux sociaux pour apprécier le contexte du spectacle, la tonalité de la chanson et la composition du public. Les magistrats devront également tenir compte de la jurisprudence en matière de spectacles satiriques, où l’intention humoristique et le cadre artistique sont souvent examinés, mais ne suffisent pas nécessairement à exclure la qualification pénale lorsqu’il s’agit de contenus explicitement sexualisés impliquant des enfants.

Sur le plan politique, l’incident de Saint-Quentin alimente un débat plus large sur les conditions d’organisation des manifestations festives de type Marche des fiertés dans l’espace public, en particulier à proximité de lieux de culte et en présence de mineurs.

Plusieurs responsables appellent à redéfinir les chartes conclues entre municipalités, préfectures et organisateurs afin de préciser les exigences en matière de protection de l’enfance, sans remettre en cause le principe de la liberté de création et d’expression des artistes.

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