Affaire Lyhanna : la présidente de l’Assemblée nationale estime que mettre en accusation les juges est une « grave erreur »

Dans le cadre des dysfonctionnements reprochés à la justice après la mort de la jeune Lyhanna, la présidente de l’Assemblée nationale a estimé qu’accuser les magistrats serait une « grave erreur ».
Invitée mardi matin sur France info, Yaël Braun-Pivet a affirmé qu’« il ne faut pas mettre en accusation » les juges après les dysfonctionnements dénoncés dans l’affaire Lyhanna. Elle réagissait alors que des milliers de personnes avaient manifesté la veille devant les palais de justice dans quelque 160 villes, en hommage à la jeune fille de 11 ans, retrouvée morte dans le Gers début juin.

Un refus de rechercher un bouc émissaire
Pour Yaël Braun-Pivet, la problématique des dysfonctionnements judiciaires après la mort de Lyhanna dépasse largement la seule responsabilité des magistrats. « Ce serait une grave erreur parce que le problème est beaucoup plus large », a-t-elle admis au micro de France info. Elle a ajouté : « Si on consacre nos jours à rechercher un bouc émissaire, je pense qu’on est à côté de la plaque. »
La présidente de l’institution parlementaire a par ailleurs pris la défense du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, dont La France insoumise réclame la démission. Selon elle, le Garde des Sceaux « hérite aussi d’un système qui a été sous-investi par des hommes et des femmes politiques depuis des dizaines d’années ». Elle a toutefois qualifié le problème de « systémique », reconnaissant un retard persistant dans le rattrapage du budget de la justice.

Yaël Braun-Pivet réclame un dialogue avec le Parlement
Yaël Braun-Pivet a également émis des réserves sur la réunion ministérielle convoquée mardi matin par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Cette séance réunissait les ministres de l’Intérieur, de la Justice, de l’Éducation, de la Santé et de l’Égalité femmes/hommes. Selon l’AFP, les participants devaient y examiner et valider de nouvelles mesures destinées à compléter un projet de loi sur la protection de l’enfance présenté en Conseil des ministres il y a dix jours.


