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« C’était nécessaire » : face à la flambée du carburant, un patron de PME verse 600 euros à ses salariés

En pleine flambée des prix du carburant, les dirigeants de la Maison Broussaud, fabricant de chaussettes en Haute-Vienne, ont décidé de verser une prime exceptionnelle de 600 euros net à leurs 64 collaborateurs. Ce geste significatif, financé par les bons résultats de l’exercice précédent, vise à préserver le pouvoir d’achat d’une main-d’œuvre contrainte à de longs trajets quotidiens.

Flambée des prix des carburants – Devant la pompe à essence, le compteur s’affole. Ce jour-là, le litre s’affiche à 2,06 euros, constate France Info. Pour Maëva, salariée de la manufacture, l’équation devient intenable depuis le début du conflit au Moyen-Orient : ses 80 kilomètres aller-retour quotidiens lui coûtent désormais 90 euros supplémentaires chaque mois, rapporte TF1.

Située en zone rurale, l’usine est dépourvue de transports en commun, rendant la voiture indispensable pour la quasi-totalité des effectifs. « Quand vous avez 1400 ou 1500 euros par mois de salaire net et que vous avez 200 ou 300 euros rien que pour venir travailler, la question se pose de savoir s’il ne vaut pas mieux rester à la maison », confie Alexandra Broussaud, la cheffe d’entreprise, à TF1.

« Le coup dur, il est maintenant »
Face à ce constat, le couple de dirigeants a choisi de frapper fort. En avril, une prime de 600 euros net a été versée aux 64 salariés en CDI, dont une majorité perçoit le SMIC. « On savait qu’on avait un bon résultat 2025. On s’est dit qu’on ne peut pas garder cet argent placé de côté pour les coups durs. Et en fait, au final, le coup dur, il est maintenant pour les salariés », explique Alexandra Broussaud au micro de TF1. Cette enveloppe représente un coût total de 68.000 euros pour la PME, charges incluses, soit environ 10 % des bénéfices de l’an dernier, précise BFMTV.

Si le montant est jugé « énorme » par les bénéficiaires, il reste une aide ponctuelle. Interrogé sur l’absence d’augmentation pérenne des salaires, Aymeric Broussaud, président de l’entreprise, se montre prudent : « Si j’étais persuadé que les trois ou les cinq prochaines années seraient d’une croissance fabuleuse et que la société gagne suffisamment d’argent, c’est encore plus facile pour nous d’augmenter les salaires », justifie-t-il sur France Info.

Une bouffée d’oxygène pour les ménages
Pour les employés, ce bonus inespéré offre un répit indispensable dans un contexte d’inflation généralisée. « 600 euros. C’est énorme et c’est top, parce que je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’entreprises qui le font », se réjouit Claure Duret, assistante achat. Nadej, une autre salariée payée au SMIC, y voit l’opportunité de s’offrir « juste le plaisir d’aller se faire un resto ou genre juste un extra sur des courses », confie-t-elle.

Ce n’est pas la première fois que la Maison Broussaud intervient pour soutenir ses troupes ; une aide de 200 euros avait déjà été octroyée en 2021 lors d’une précédente flambée de l’énergie.

Un exemple qui essaime localement
Ce « geste nécessaire », selon Aymeric Broussaud, commence à inspirer d’autres acteurs économiques de la région. Dans la même commune, le patron d’une société de menuiserie a lui aussi décidé d’agir après avoir pris connaissance de l’initiative de son voisin. Ses cinq salariés recevront prochainement une prime de 200 euros. « Ça m’a fait réfléchir », admet-il sur TF1, conscient que la fidélisation des équipes passe aussi par la reconnaissance des difficultés quotidiennes.

Car malgré cette générosité, le recrutement reste un défi : la PME textile confie avoir toujours des difficultés à pourvoir certains postes, malgré ses efforts pour soutenir « l’industrie française ».

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