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Audiovisuel public : un « contre-rapport » en préparation à l’Assemblée par le député Erwan Balanant

Le débat sur l’avenir de l’audiovisuel public connaît un nouvel épisode à l’Assemblée nationale, avec l’annonce par le député MoDem Erwan Balanant de la préparation d’un «contre-rapport» en réponse au travail du rapporteur Charles Alloncle.

Après l’adoption, de justesse, du rapport de ce dernier par la commission d’enquête parlementaire, le centriste entend proposer une lecture alternative des pistes de réforme envisagées pour le service public.

Au terme de près de six mois de travaux, la commission d’enquête sur «la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public» a validé un document d’environ 400 pages, qui doit être rendu public dans les prochains jours.Le texte, adopté par 12 voix contre 10, avec plusieurs abstentions, a suscité de vives réserves à gauche et au centre, quand une partie de la droite et des nationalistes y voient un outil de rupture avec le modèle actuel.

Dans ce contexte, la démarche d’Erwan Balanant vise à prolonger le débat sur le rôle stratégique de l’audiovisuel public, notamment face aux plateformes et à l’essor de l’intelligence artificielle, selon le Figaro.

Un futur document pour examiner «80 pistes» de réforme
Invité de «Franceinfo», Erwan Balanant a justifié son abstention lors du vote en expliquant qu’«on ne vote pas pour la publication mais pour ou contre le rapport». Le contre-rapport annoncé par le député centriste doit se concentrer sur les quelque 80 recommandations formulées par Charles Alloncle.

Erwan Balanant dit vouloir les «expertiser» afin de «démontrer que la plupart d’entre elles sont délétères pour le service public […] et également notre démocratie». Il précise qu’il s’agira «d’un contre-rapport, évidemment pas aussi complet que le sien, […] mais nous allons produire un document, un contre-document, qui va analyser ces propositions et analyser pourquoi elles sont délétères».

Ce travail entend aussi aborder «tout ce qui n’a pas été abordé dans ce rapport», notamment l’utilité de l’audiovisuel public, son impact économique et sa capacité à résister à la concurrence des géants du numérique (GAFAM) et des nouvelles technologies.

Le député met en garde contre des économies chiffrées à un milliard d’euros sur un budget d’environ 4 milliards pour l’audiovisuel public, qu’il juge susceptibles de fragiliser un pan entier de la création et de l’information.

Une commission traversée par les tensions politiques
La commission d’enquête a été marquée par des échanges vifs, en particulier entre Erwan Balanant et Charles Alloncle.

Fin février, le député MoDem avait quitté une séance après avoir lancé à son collègue : «T’inquiète, on va te régler», propos pour lesquels il a ensuite présenté des excuses, évoquant une réaction à un «geste obscène et irrespectueux». En retour, le rapporteur a annoncé qu’il quitterait la salle «à chaque fois» que le centriste prendrait la parole, dénonçant des «comportements de voyous».

Au-delà de ces incidents, le fond du rapport divise les groupes parlementaires. Les élus favorables au texte saluent un travail de clarification sur la «neutralité» et le financement du service public, estimant nécessaire de revoir son périmètre et ses moyens à l’heure des contraintes budgétaires.

À l’inverse, plusieurs responsables du centre et de la gauche jugent le document «mauvais, à charge et sans aucune analyse objective», tout en considérant que sa publication permettra de «le combattre».

Un enjeu stratégique pour l’audiovisuel public
La publication du rapport de la commission est attendue pour la semaine prochaine, avant un éventuel examen de certaines propositions par le Parlement ou le gouvernement.

Le contre-rapport d’Erwan Balanant devrait être rendu public dans la foulée, afin de compléter ou de contester les diagnostics posés sur la gouvernance, la programmation et les ressources de l’audiovisuel public. Les conclusions de ces deux travaux ne lient pas juridiquement l’exécutif, mais elles alimenteront le débat politique sur le rôle du service public dans le paysage médiatique français.

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