« On ne reconstruit pas un pays avec ceux qui l’ont détruit »: pour Jordan Bardella, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Édouard Philippe « ne devraient pas se présenter » en 2027

Jordan Bardella a profité du traditionnel meeting du 1er Mai de son parti à Mâcon pour attaquer frontalement plusieurs figures du « bloc central » en vue de la présidentielle de 2027.
Jordan Bardella – Devant ses sympathisants, le président du Rassemblement national a mis en cause la légitimité de Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau à briguer l’Élysée après dix ans de macronisme.
« On ne reconstruit pas un pays avec ceux qui l’ont détruit », a-t-il lancé, en estimant que ces responsables politiques « ne devraient pas se présenter » en 2027 mais « se couvrir la tête de cendres et demander pardon au peuple français ».
Ces propos s’inscrivent dans la perspective des présidentielles de 2027, alors que les différentes familles politiques s’organisent pour éviter un nouveau face‑à‑face dominé par le RN.
Une charge de Jordan Bardella contre dix ans de macronisme
À Mâcon, Jordan Bardella a replacé sa critique dans le bilan des deux quinquennats d’Emmanuel Macron, en visant ceux qui en ont été des acteurs clés. « Comment MM. Attal, Philippe et Retailleau, qui ont exécuté et mis en œuvre la politique d’Emmanuel Macron depuis dix ans, peuvent-ils avoir le culot de se présenter devant les Français pour nous expliquer qu’ils feront l’inverse de ce qu’ils ont fait hier ? », a-t-il interrogé.
Le chef du RN entend ainsi renvoyer dos à dos le gouvernement actuel, l’exécutif passé et une partie de la droite parlementaire, qu’il accuse d’avoir accompagné ou relayé les réformes jugées impopulaires par son électorat. Cette stratégie vise à conforter l’idée d’une responsabilité partagée du « bloc central » dans la situation économique et sociale du pays, au moment où les enquêtes d’opinion donnent son camp en position favorable pour 2027.
Dans ce cadre, le meeting du 1er Mai s’est voulu autant un exercice de mobilisation qu’un jalon programmatique, Bardella déroulant un discours axé sur le pouvoir d’achat, la sécurité et la critique de la politique migratoire.
Le centre et la droite plaident l’unité
Dans le camp visé, les appels se multiplient depuis plusieurs mois pour éviter une dispersion des candidatures face au RN en 2027. Dans une tribune publiée fin mars, près de 90 élus de droite et du centre ont ainsi appelé à « un sursaut d’unité » et à « une candidature unique » pour l’élection présidentielle, afin de ne pas laisser le duel se structurer autour du RN et de La France insoumise.

La députée Maud Bregeon a également défendu, au micro de Sud Radio, l’idée d’« un candidat unique de Gabriel Attal à Bruno Retailleau en 2027 », soulignant qu’un échec de cette union laisserait la voie ouverte à une victoire de Jordan Bardella. « Ceux qui refuseront cette dynamique (…) auront une responsabilité majeure devant les Français si Jordan Bardella accède à la présidence de la République », a-t-elle averti.
Cette stratégie d’un élargissement allant de la majorité présidentielle à une partie de la droite traditionnelle se heurte toutefois à des réserves internes, certains responsables refusant l’idée de primaires ou de compromis programmatiques jugés trop importants.
Une succession encore ouverte au RN
Du côté du RN, la stratégie présidentielle dépend encore largement du sort judiciaire de Marine Le Pen, principale figure du parti depuis plus d’une décennie. Le parquet général a requis contre elle une peine d’inéligibilité dans l’affaire des emplois au Parlement européen, même si la décision définitive n’est pas encore rendue.

Jordan Bardella répète publiquement qu’il « espère » que Marine Le Pen pourra « porter les couleurs » du parti en 2027, tout en assumant être prêt à prendre le relais si elle était empêchée. Auprès du Parisien, il a ainsi affirmé : « Il n’y a aucune ambiguïté sur le fait que Marine Le Pen est ma candidate, et si elle était empêchée demain, je pense pouvoir vous annoncer que je serai candidat. Je ne peux pas être plus clair ».
Cette équation interne entretient un certain flou sur l’affiche définitive du RN, mais contribue aussi à maintenir sous les projecteurs un tandem Le Pen‑Bardella au cœur de la campagne qui s’ouvre.


