« Il faut que la justice fasse son travail » : le Canon français porte plainte contre Emma Fourreau après la polémique à Caen

Après le succès de son récent banquet à Caen, le cofondateur de l’organisation, Géraud de la Tour, a annoncé vouloir engager des poursuites. Il accuse l’élue insoumise Emma Fourreau d’avoir diffusé des informations mensongères pour tenter de faire interdire ses rassemblements festifs.
Le Canon français organise depuis plusieurs années des banquets mettant en avant le terroir. Toutefois, ceux-ci sont régulièrement critiqués par une partie de la gauche qui y voit une initiative politiquement marquée. Le ton est monté d’un cran ce dimanche 19 avril, au lendemain du banquet qui s’est tenu à Caen. Au micro de CNews, Géraud de la Tour a officialisé sa décision de porter plainte contre Emma Fourreau. Cette décision fait suite aux propos de l’eurodéputée de La France insoumise concernant la tenue de l’événement en Normandie. Les organisateurs dénoncent ce qu’ils qualifient d’accusations calomnieuses, indiquant que celles-ci portent atteinte à leur réputation et à celle de leurs nombreux participants.

Un rassemblement « sans aucun incident » à Caen
Le samedi 18 avril, la ville de Caen a accueilli un banquet qui a réuni 4100 convives dans une ambiance festive, selon les organisateurs. Cependant, l’annonce de la tenue de ce banquet avait provoqué une forte opposition du côté d’élus insoumis locaux. Ils avaient immédiatement critiqué l’initiative, y voyant une manœuvre politique dissimulée derrière la gastronomie.
Via ses réseaux sociaux, l’eurodéputée Emma Fourreau avait interpellé la municipalité pour obtenir l’interdiction du rassemblement. Une pétition en ligne sur Change.org avait même réuni près de 2000 signatures pour s’opposer à l’événement. Le texte de la pétition affirmait, sans fournir d’éléments publics à l’appui, que des comportements radicaux se cachaient derrière le terroir. Selon les auteurs de la pétition, il y avait eu lors d’éditions précédentes des chants à la gloire de Jordan Bardella, des « drapeaux royalistes », et même des « saluts nazis ».
Dans ce contexte de tension, Géraud de la Tour a voulu apporter son point de vue. Il a répondu aux critiques exprimées par Emma Fourreau dans une interview accordée à Valeurs actuelles, précisant que cette journée s’était tenue « sans aucun incident ».

Le cofondateur a rappelé que son organisation a déjà organisé plus d’une centaine de rendez-vous de ce type à travers l’Hexagone. Selon lui, le concept repose sur une formule simple : « de bons produits, de bons copains et beaucoup de fête. » L’objectif affiché consiste à valoriser le terroir français tout en créant du lien social. Les participants ont ainsi partagé un repas convivial, souvent sans se connaître au préalable, pour célébrer les traditions locales.
Géraud de la Tour dénonce une « tentative de censure extrêmement liberticide »
La décision d’engager des poursuites n’est pas une réaction isolée. L’organisation a déjà déposé plusieurs plaintes auparavant, en raison de pressions subies en Bretagne. Des procédures visent notamment la députée NFP Marie Mesmeur ainsi que d’autres élus signataires de tribunes jugées diffamatoires.
Géraud de la Tour a pointé la tentative de censure d’Emma Fourreau, la qualifiant d’« extrêmement liberticide » auprès de Valeurs actuelles. Pour lui et les organisateurs, ces attaques entravent la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion. Il s’est par ailleurs dit particulièrement choqué que ces propos émanent de représentants de la Nation. Il a déploré des prises de parole médiatiques prêtant à l’organisation des intentions erronées.
Le point de rupture cristallise autour des déclarations de l’élue insoumise sur la sécurité des événements passés. « Lorsque Emma Fourreau justifie sa volonté d’interdiction en affirmant que ‘sur toutes nos éditions précédentes, il y a eu des débordements avérés’, c’est très simple : il n’existe aucun article de presse relatant de tels incidents. Et les dizaines de mairies ainsi que les centaines de professionnels avec lesquels nous avons travaillé peuvent le confirmer », a assuré le cofondateur du Canon français auprès de l’hebdomadaire.
Géraud de la Tour estime que l’Insoumise insulte les 100.000 clients déjà accueillis par Le Canon français en tenant un tel discours. Il souhaite désormais que « la justice fasse son travail ».
Une vague de soutien inattendue
Paradoxalement, cette polémique semble avoir servi la visibilité de l’organisation. Depuis le début de cette affaire, le site internet de l’association a enregistré un pic de fréquentation massif. Géraud de la Tour a observé un véritable élan populaire qui dépasse les clivages politiques habituels. De nombreux citoyens ont manifesté leur soutien face à ce qu’ils perçoivent comme une opposition disproportionnée.
L’agenda de l’organisation reste d’ailleurs très chargé pour les semaines à venir. Le week-end prochain, trois dates sont prévues à Troyes, où 1500 personnes sont attendues à chaque session. La tournée se poursuivra ensuite dans la Drôme, en Alsace, dans le Cantal, le Périgord et au Pays basque. Malgré quelques contestations locales, les organisateurs restent sereins et travaillent désormais en lien avec les renseignements territoriaux pour assurer la sécurité de leurs convives.
Emma Fourreau maintient ses accusations
Pour autant, la polémique n’a pas pris fin. Ce lundi 20 avril, l’eurodéputée Emma Fourreau a publié un message sur son compte X pour dénoncer ce qu’elle nomme le « Banquet de la haine ». Selon l’élue insoumise, des faits de « racisme », de « sexisme », de « menaces de vi*l » et de « violences physiques » auraient été rapportés, comme elle le mentionne sur le réseau social. Elle a ainsi commencé à relayer ce qu’elle a présenté comme les premiers témoignages de ces dérives, sans qu’ils ne soient, à ce stade, corroborés publiquement.
Ce nouveau message accentue encore le fossé entre les organisateurs, qui vantent une réussite festive, et une opposition politique qui maintient ses accusations de radicalité.


