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Béziers : Robert Ménard accusé de diffamation par l’Algérien sous OQTF dont il avait refusé de célébrer le mariage

Robert Ménard, maire de Béziers, fait l’objet d’une plainte pour diffamation déposée par le ressortissant algérien sous OQTF dont il avait refusé de célébrer le mariage en 2023, après des propos tenus à la télévision qu’il attribue aujourd’hui à un « dérapage » de langage.

Robert Ménard, maire de Béziers, fait l’objet d’une plainte pour diffamation déposée par le ressortissant algérien sous OQTF dont il avait refusé de célébrer le mariage en 2023, après des propos tenus à la télévision qu’il attribue aujourd’hui à un « dérapage » de langage.

La procédure, engagée à Montpellier, s’ajoute au volet déjà ouvert sur son refus de marier le couple, pour lequel l’élu doit comparaître à l’automne devant le tribunal judiciaire.

Plainte pour diffamation après des propos télévisés
Selon la plainte déposée le vendredi 12 juin 2026 auprès du procureur de Montpellier, Robert Ménard est visé pour « diffamation publique » en raison de déclarations faites la veille sur la chaîne CNews. L’édile y affirmait à propos du jeune homme : « Moi, je refuse de marier un type qui est en situation illégale, qui a une OQTF et qui a été condamné à de la prison pour des viols en réunion. »

L’avocate du plaignant, Me Vanessa Edberg, soutient qu’« il n’y a aucune trace » d’une telle condamnation dans le casier judiciaire de son client, aujourd’hui âgé de 25 ans. Elle dénonce des accusations « gravement attentatoires à l’honneur » de son client, qui avait déjà vu son union annulée en mairie malgré le feu vert du parquet.

Face au tollé suscité par ces propos, Robert Ménard a expliqué par la suite que sa langue avait « fourché », assurant avoir confondu ce dossier avec un autre cas évoqué dans les médias. Il n’a toutefois pas retiré ses déclarations ni présenté, à ce stade, d’excuses publiques au plaignant, selon l’avocate de ce dernier.

Un mariage refusé malgré l’avis du parquet
L’affaire trouve son origine en juillet 2023, lorsque le maire de Béziers refuse de célébrer le mariage d’un Algérien en situation irrégulière, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), avec une Française. Alors que le parquet de Béziers avait écarté le soupçon de mariage blanc et autorisé la cérémonie, l’élu avait maintenu son refus, estimant qu’il « n’allait pas marier quelqu’un qui a l’obligation de quitter le territoire ».

Le jeune homme avait finalement été expulsé vers l’Algérie quelques semaines plus tard, alimentant un vif débat sur la marge de manœuvre des maires en matière de contrôle des mariages. En droit, seul le procureur peut s’opposer à une union lorsqu’il existe un doute sérieux sur la sincérité du projet matrimonial.

Pour ce refus de célébrer le mariage, Robert Ménard doit être jugé le 30 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Montpellier, pour des faits d’« entrave à l’exécution de la loi » dans l’exercice de ses fonctions de maire. Il encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, 75.000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité.

Liberté d’expression politique et droits du justiciable
Autour du maire de Béziers, plusieurs responsables politiques défendent une application stricte des décisions d’éloignement et considèrent que l’élu « a fait preuve de bon sens » en refusant de marier un ressortissant sous OQTF. Pour eux, les propos de l’élu s’inscrivent dans le cadre d’un débat d’intérêt général sur l’immigration et la sécurité, qui justifierait une interprétation large de la liberté d’expression.

À l’inverse, l’avocate du plaignant estime que « le repris de justice, c’est Robert Ménard » et accuse le maire d’avoir franchi la ligne en tenant des accusations pénales précises sans fondement vérifié. Elle rappelle que son client conteste avoir été condamné pour les faits évoqués et qu’il revendique le droit à ne pas être publiquement assimilé à un auteur de « viols en réunion ».

La justice devra désormais arbitrer entre ces deux lectures, en examinant à la fois la réalité des faits évoqués à l’antenne et la responsabilité pénale attachée à la parole d’un élu local médiatisé. Le parquet de Montpellier devra décider des suites à donner à la plainte, dans un calendrier déjà chargé par le procès annoncé sur le refus de mariage.

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