Actualités

Film sur Samuel Paty : le RN et l’UDR veulent le diffuser dans les lycées

À la suite de la sortie du film « L’Abandon », les élus du Rassemblement national et de l’Union des Droites pour la République ont sollicité la région et les rectorats. Ils demandent la diffusion de cette œuvre dans les lycées. Selon eux, ce long-métrage doit servir de support pédagogique pour sensibiliser les élèves à la laïcité.

Le groupe RN-UDR en Auvergne-Rhône-Alpes a formulé cette demande via un communiqué, notamment publié sur le compte X du conseiller régional Brice Bernard ce mardi 19 mai. Les élus y réclament la projection de ce film sur Samuel Paty dans les lycées. L’Abandon retrace les onze derniers jours du professeur, assassiné par un terroriste islamiste le 16 octobre 2020.
Pour « donner aux élèves les moyens de comprendre »
Dans ce cadre, les élus ont sollicité le président Fabrice Pannekoucke, le Conseil régional ainsi que les autorités éducatives compétentes. Le groupe leur demande ainsi « de prendre l’initiative de soutenir la diffusion de ce film dans l’ensemble des lycées de la région, et ceci dans le cadre d’actions pédagogiques autour de la laïcité et de la liberté d’expression ».
Dans le communiqué, la formation politique a explicité les motivations de cette démarche. Les conseillers régionaux rappellent d’abord le contexte du drame. Ils évoquent une « campagne de diffamation islamiste » et « l’abandon honteux de la victime par les services de l’État ». De plus, les représentants RN-UDR établissent un parallèle avec l’assassinat de Dominique Bernard à Arras. Les élus estiment que l’enseignement moral et civique reste insuffisant face aux défis actuels.

« L’école ne peut se contenter de commémorer la mémoire de Samuel Paty chaque année sans donner aux élèves les moyens de comprendre ce qui s’est réellement passé », indique le communiqué avant de poursuivre en détaillant l’objectif de cette démarche : « Montrer ce film, c’est donner à notre jeunesse des outils pour réfléchir à la manipulation, à l’emprise idéologique, à la laïcité, au rôle des réseaux sociaux et à la défense des valeurs républicaines face à l’obscurantisme islamiste. Nous considérons que ‘L’Abandon’ est ainsi une œuvre d’utilité publique. »
Matthieu Bloch interpelle le gouvernement à l’Assemblée
De son côté, le député UDR du Doubs, Matthieu Bloch, a interpellé le gouvernement lors de la séance des questions à l’Assemblée nationale ce mardi 19 mai. L’élu a souligné l’impact de l’œuvre sur les spectateurs.
Matthieu Bloch a expliqué que les spectateurs ressortaient du film « bouleversés, édifiés par la succession des renoncements qui ont conduit un professeur courageux à mourir seul, abandonné par la République ». Il a ajouté : « La mémoire de Samuel Paty s’impose à votre administration, monsieur le ministre, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. »

À l’Assemblée nationale, le parlementaire a également dénoncé l’attitude de l’opposition de gauche. Il a critiqué certaines réactions après la projection du film au Festival de Cannes. Le député faisait notamment référence à une vidéo relayée sur les réseaux sociaux dans laquelle le streamer Grimkujow critique de manière virulente le long-métrage, jugeant ce film « dangereux » et appelant à voter Jean-Luc Mélenchon en 2027.
Un « kit pédagogique » pour les enseignants
« Sur les réseaux sociaux, dans nos lycées, on observe le même refus de regarder la menace islamiste en face », a encore souligné Matthieu Bloch avant de poursuivre : « Il faut dire à nos jeunes que la peur de cet amalgame est elle-même un piège mortel, car nier la vérité par crainte de l’amalgame, c’est offrir aux islamistes leur meilleure arme, notre propre lâcheté intellectuelle. » Le député a ensuite accusé les élus de La France insoumise de cultiver cette confusion pour ne pas perdre de voix.

En retour, la ministre déléguée chargée de l’Enseignement, Sabrina Agresti-Roubache, a précisé la position de l’Éducation nationale. Selon des informations du JDD, les services de son ministère préparent actuellement un « kit pédagogique » pour accompagner ce long-métrage. Cet outil doit permettre aux enseignants d’utiliser l’œuvre en classe. Pour autant, la représentante du gouvernement n’envisage pas de projeter le film de manière obligatoire dans toutes les classes de France.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *