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Une cinquantaine de chefs étoilés appellent à rompre avec l’agriculture intensive

Une cinquantaine de chefs étoilés au guide Michelin alertent sur les dérives d’un modèle agricole centré sur la productivité. Dans une tribune publiée dimanche dans le journal Le Monde, ils appellent à un changement de cap vers une agriculture moins intensive et davantage durable, qu’ils jugent essentielle pour préserver à la fois la santé et la souveraineté.

Chefs étoilés au guide Michelin – Le débat sur l’avenir agricole s’invite au cœur des enjeux politiques. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, ces figures de la gastronomie prennent position.

Elles contestent les orientations actuelles et défendent un modèle qu’elles estiment plus résilient face aux défis environnementaux et sociaux.

Une critique du modèle productiviste
Les signataires dénoncent une vision réductrice de la compétitivité. « Ne nous trompons pas de combat : la compétitivité seule est un mirage ; la santé et la souveraineté, elles, sont des questions de survie », écrivent-ils.

Parmi eux figurent Mauro Colagreco (Le Mirazur, Menton), Philippe Etchebest (Maison Nouvelle, Bordeaux) ou encore Emmanuel Pilon (Le Louis XV, Monaco).

Ils réagissent directement aux propos de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Celle-ci avait évoqué, lors du dernier Salon de l’agriculture, la nécessité de réfléchir à « la taille critique » des exploitations en France. Les chefs jugent cette approche inadaptée.

« Pour les défenseurs du sol et de ses produits que nous sommes, c’est se tromper autant sur les causes que sur les solutions », affirment-ils. Parmi les signataires figure également Thierry Marx, président de l’Umih, principal syndicat patronal de l’hôtellerie-restauration.

Des vulnérabilités croissantes
Les chefs mettent en avant les fragilités du système actuel. Selon eux, « notre compétitivité repose, en réalité, sur des vulnérabilités (….) d’autant plus grandes qu’elles ne font que gagner en intensité ». Ils décrivent un modèle qui s’appuie sur des équilibres de plus en plus précaires.

Ils pointent d’abord la raréfaction des terres agricoles. « D’abord, parce que les terres agricoles se raréfient, à cause de l’utilisation intensive d’intrants, de l’érosion, de la pollution et de l’urbanisation », expliquent-ils. Cette pression sur les sols réduit progressivement les capacités de production.

À cette situation s’ajoute une autre inquiétude majeure. « Au risque de la disparition des champs s’ajoute celle des agriculteurs », poursuivent-ils. Ils soulignent ainsi la diminution du nombre d’exploitants, qui fragilise l’ensemble du secteur agricole.

Des propositions pour transformer le modèle
Face à ces constats, les signataires avancent deux mesures concrètes. Ils souhaitent d’abord la création d’un « fonds foncier national ». Ce dispositif serait alimenté par l’épargne citoyenne et viserait à soutenir les jeunes agriculteurs ainsi que ceux en difficulté.

Ils proposent également une réforme fiscale ciblée. Ils demandent une réduction d’impôt « fléchée vers des outils qui créent de la valeur à la ferme ». L’objectif consiste à encourager les investissements utiles directement à la production agricole.

À travers ces propositions, les chefs défendent une agriculture qu’ils veulent plus durable et moins dépendante des logiques intensives. Ils insistent sur la nécessité de repenser les priorités pour garantir la pérennité du secteur.

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