Émeutes du 17 octobre : Macron dénonce une « manipulation étrangère de l’information » et vise Trump

Depuis Doha, Emmanuel Macron a vivement réagi aux commentaires de Donald Trump sur les violences survenues en France le 17 octobre. Le chef de l’État dénonce la circulation de fausses images, notamment générées par intelligence artificielle, et accuse certains dirigeants étrangers d’utiliser la situation française à des fins politiques.
Emmanuel Macron hausse le ton face aux déclarations de Donald Trump
La polémique autour des violences du 17 octobre a pris une dimension internationale. En déplacement au Qatar, mercredi 21 octobre 2026, Emmanuel Macron a dénoncé les propos de plusieurs dirigeants étrangers qui, selon lui, exploitent les troubles survenus en France pour défendre leurs propres objectifs politiques.
Sans prononcer immédiatement le nom de Donald Trump, le président français a critiqué des responsables qui « font campagne sur le dos de la France ». Il leur reproche notamment de reprendre des informations trompeuses et de relayer des contenus dont l’authenticité n’est pas établie.
Interrogé directement sur le président américain, Emmanuel Macron a confirmé que Donald Trump faisait partie des dirigeants concernés. « Entre autres, il en fait partie », a-t-il répondu.
Cette prise de position intervient après plusieurs déclarations de Trump sur les manifestations françaises, qu’il a présentées comme la conséquence directe de l’immigration. Le président américain a également utilisé ces événements pour mettre en garde les électeurs des États-Unis avant les élections de mi-mandat prévues le 3 novembre.

« Une manipulation étrangère de l’information »
Au cours de son intervention, Emmanuel Macron a tenu à distinguer deux questions : l’éventuelle intervention de puissances étrangères dans les violences elles-mêmes et la diffusion de fausses informations après les événements.
« Pour moi, il n’y a pas d’ingérence étrangère visible dans les événements qui se sont passés », a-t-il expliqué. En revanche, il affirme qu’une « manipulation étrangère de l’information » a suivi les violences et contribué à alimenter des commentaires qu’il juge « inacceptables autant que stupides ».
Le président français a notamment évoqué des images générées par intelligence artificielle montrant des scènes qui, selon lui, ne se sont jamais produites en France.
Ces contenus ont circulé sur les réseaux sociaux au milieu de véritables images de pillages et d’affrontements. Le mélange entre séquences authentiques, montages et images artificielles peut ainsi brouiller la compréhension des événements et favoriser la propagation de rumeurs.
Pour Emmanuel Macron, le problème ne se limite donc pas aux violences constatées dans les rues. Il concerne également la manière dont celles-ci sont présentées à l’étranger et utilisées dans les débats politiques.
Donald Trump accuse l’immigration et prend la France en exemple
Depuis les violences du 17 octobre, Donald Trump a multiplié les déclarations sur la situation française. Le président américain a notamment affirmé que les troubles étaient liés à l’immigration, rejetant les explications faisant référence aux difficultés économiques ou aux tensions dans le système éducatif.

Il a également décrit une France confrontée à des pillages et à des incendies, en associant ces scènes aux migrants, aux djihadistes et aux communistes.
Lors d’un rassemblement politique au Kansas, il a utilisé les événements français pour mettre en garde les électeurs américains contre les conséquences qu’aurait, selon lui, une victoire des démocrates aux élections de mi-mandat.
Cette lecture des événements est contestée par Emmanuel Macron, qui dénonce une présentation trompeuse de la situation française. Les violences du 17 octobre se sont produites dans un contexte de contestation marqué notamment par le coût de la vie et les inquiétudes concernant les conditions d’enseignement. Elles ne permettent pas, à elles seules, d’établir que l’immigration constitue leur cause unique.
« On voit qui aime la France et qui ne l’aime pas »
Le chef de l’État a également exprimé son agacement face aux critiques formulées depuis l’étranger.
« Dans ces moments-là, on voit qui aime la France et qui ne l’aime pas », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que les personnes qui parlent mal du pays dans ce contexte l’indisposent.
Ces propos traduisent la volonté du président français de défendre l’image de la France face à ce qu’il considère comme une exploitation politique des événements.
La controverse souligne également les tensions entre les deux dirigeants sur plusieurs sujets, notamment l’immigration et la manière de répondre aux crises sociales. Pour autant, les déclarations de mercredi portent principalement sur la circulation de fausses informations et leur utilisation politique, plutôt que sur une accusation directe contre Washington d’avoir organisé les violences.

Une réunion avec les services de renseignement annoncée
Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé la tenue d’une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, les ministres concernés et les responsables des services de renseignement afin d’obtenir un compte rendu détaillé des événements du 17 octobre.
L’objectif annoncé est de mieux comprendre le déroulement des violences et de préparer les réponses nécessaires face à d’éventuels nouveaux incidents.
Le gouvernement a également mis en place des mesures de sécurité dans plusieurs villes, notamment des couvre-feux et des restrictions de rassemblements dans les secteurs les plus touchés.
Alors que de nouvelles mobilisations sont annoncées, l’exécutif doit répondre à deux enjeux : établir précisément les responsabilités dans les violences et limiter la propagation de fausses informations susceptibles d’attiser les tensions.
Pour Emmanuel Macron, la bataille se joue donc à la fois sur le terrain de la sécurité et sur celui de l’information. Mais si le président dénonce une manipulation étrangère après les événements, il n’affirme pas disposer de preuves d’une ingérence étrangère directe dans leur déclenchement. Une distinction essentielle pour comprendre la portée de ses déclarations.


