Argentine : Javier Milei met fin aux soins gratuits pour les étrangers non-résidents

Le gouvernement de Javier Milei vient de mettre en application une mesure qui modifie l’accès aux soins dans les hôpitaux publics argentins. Les étrangers ne disposant pas d’un statut de résident permanent pourront désormais être facturés pour certains soins non urgents. Les situations d’urgence restent, elles, prises en charge gratuitement.
Une nouvelle étape de la politique migratoire de Javier Milei vient d’être franchie en Argentine. Le gouvernement a annoncé la mise en œuvre d’un dispositif destiné à limiter la gratuité de certains soins hospitaliers pour les étrangers non-résidents.
La mesure s’inscrit dans le prolongement d’un décret adopté en 2025 et concerne principalement les prestations médicales programmées dans les établissements relevant de l’État national.
Les soins non urgents désormais concernés
Concrètement, un étranger qui ne peut pas justifier d’une résidence permanente pourra être invité à présenter une assurance médicale ou à régler à l’avance le coût d’une consultation ou d’un traitement programmé.
Cette nouvelle règle ne signifie toutefois pas que les personnes étrangères seront privées de soins en cas d’urgence. Les situations médicales nécessitant une prise en charge immédiate doivent continuer à être traitées gratuitement, notamment lorsqu’il existe un danger grave pour la santé.
Le gouvernement invoque le « tourisme sanitaire »
L’exécutif argentin justifie cette politique par la volonté de lutter contre ce qu’il appelle le « tourisme sanitaire ». Le gouvernement estime que le système public ne doit pas supporter seul le coût de soins programmés pour des personnes qui ne résident pas dans le pays.
Cette orientation avait déjà été annoncée en 2024 par le gouvernement argentin, qui souhaitait mettre fin à la gratuité des soins pour les étrangers non-résidents et laisser aux autorités compétentes le soin de définir les modalités de facturation.
Une mesure qui fait polémique
La réforme suscite néanmoins des critiques. Ses opposants contestent notamment l’ampleur du phénomène présenté par le gouvernement et estiment que les étrangers non-résidents représentent une part très limitée de l’activité des hôpitaux publics.

Dans la province de Buenos Aires, par exemple, le ministre provincial de la Santé a indiqué que les étrangers non-résidents représentaient environ 0,4 % des urgences et 0,5 % des hospitalisations, selon les chiffres rapportés par la presse.
Une application qui dépend aussi des territoires
L’Argentine dispose d’un système de santé décentralisé. La nouvelle politique nationale ne s’applique donc pas nécessairement de manière identique dans toutes les provinces.
Les autorités provinciales et municipales disposent de leurs propres compétences en matière de santé. Certaines avaient d’ailleurs déjà commencé à mettre en place des mécanismes de facturation pour les étrangers non-résidents.
Une nouvelle orientation de la politique de Milei
Cette réforme s’inscrit dans une politique plus large du gouvernement Milei visant à renforcer les conditions d’accès de certains étrangers aux services publics argentins.
Après la santé, l’exécutif a également défendu des changements concernant l’enseignement supérieur et les règles migratoires. En 2024, le gouvernement avait notamment annoncé vouloir permettre aux universités publiques de facturer des droits d’inscription aux étudiants étrangers non-résidents.
Pour ses défenseurs, la mesure doit permettre de mieux protéger les ressources du système public. Pour ses détracteurs, elle risque au contraire de créer de nouvelles barrières à l’accès aux soins.
Une distinction demeure toutefois essentielle : les étrangers non-résidents ne perdent pas l’accès aux soins d’urgence. C’est principalement la gratuité de certaines prestations programmées qui est désormais remise en cause.


