« Tout héritage serait taxé » : la CFDT plaide pour un impôt sur les successions « dès le premier euro »

La fiscalité de l’héritage s’invite à nouveau dans le débat politique français. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, s’est prononcée pour une taxation des successions dès le premier euro, au nom de la « justice sociale ». Une proposition qui pourrait profondément modifier les règles actuelles et qui intervient à l’approche du débat sur le budget 2027 et de la présidentielle.
Une proposition qui supprimerait l’exonération actuelle
Invitée sur RTL le 25 août, Marylise Léon a défendu une révision de l’impôt sur les successions. Selon elle, « tout héritage serait taxé », contrairement au système actuel qui prévoit notamment un abattement de 100 000 euros en ligne directe, par parent et par enfant.
Concrètement, la proposition de la CFDT reviendrait à faire disparaître le principe selon lequel une partie de l’héritage peut être transmise sans payer de droits de succession.
La CFDT défend depuis plusieurs années cette orientation. Dans ses revendications, le syndicat propose notamment un prélèvement de 1 % dès le premier euro sur l’ensemble des successions et donations, avec l’objectif de contribuer au financement de la prise en charge de la perte d’autonomie.

Une mesure présentée comme une question de justice sociale
Pour Marylise Léon, cette réforme vise à réduire les inégalités liées à la transmission du patrimoine. Le syndicat considère que les différences de patrimoine entre les familles se transmettent d’une génération à l’autre et contribuent aux inégalités sociales.
La secrétaire générale de la CFDT reconnaît toutefois que la mesure est politiquement sensible. Elle s’est notamment interrogée sur la capacité des responsables politiques à assumer une réforme susceptible de « bouleverser une partie de leur électorat ».
Une fiscalité qui concerne aujourd’hui une minorité d’héritiers
Le système actuel permet à de nombreuses successions d’échapper totalement aux droits de succession grâce aux différents abattements prévus par la loi.
Selon une estimation citée par TF1 Info, les deux tiers des successions ne sont actuellement soumis à aucun droit de succession.
La proposition de la CFDT modifierait donc sensiblement la situation, puisque même les transmissions aujourd’hui exonérées pourraient être concernées par un prélèvement.
Le sujet s’invite déjà dans la présidentielle de 2027
La question de l’héritage est également défendue, sous différentes formes, par plusieurs personnalités de gauche. Raphaël Glucksmann propose notamment un impôt ciblant les grandes successions, tandis que les Écologistes défendent une taxation renforcée des patrimoines les plus importants.
La CFDT souhaite désormais mettre cette question sur la table lors des discussions avec les candidats à la présidentielle de 2027. Marylise Léon a toutefois indiqué que son syndicat ne rencontrerait pas Marine Le Pen, conformément à la ligne de la CFDT vis-à-vis des candidats d’extrême droite.
Une proposition, pas encore une réforme
Attention toutefois : aucune nouvelle taxe sur les héritages n’est actuellement entrée en vigueur. Il s’agit d’une revendication syndicale et non d’une mesure adoptée par le gouvernement ou le Parlement.
Si elle devait être reprise dans un programme politique puis adoptée, la mesure pourrait toutefois changer considérablement la fiscalité des transmissions en France.
Entre défense de l’égalité et attachement à la transmission familiale, le débat sur l’héritage promet donc de s’imposer comme l’un des sujets sensibles de la campagne présidentielle de 2027.


