« C’est un acte de patriotisme » : à Cagnes-sur-Mer, le maire remplace le drapeau ukrainien par le blason de la ville

À Cagnes-sur-Mer, un changement de symbole ne passe pas inaperçu. Le maire RN Bryan Masson a fait retirer le drapeau ukrainien qui flottait depuis 2022 sur le château-musée Grimaldi, pour le remplacer par le blason de la commune. Une décision que l’élu assume pleinement et qu’il présente comme une volonté de remettre l’identité locale au premier plan.
Un drapeau installé après le début de la guerre
Le drapeau ukrainien avait été hissé sur le château-musée Grimaldi en février 2022, quelques jours après le début de l’invasion russe de l’Ukraine. L’ancien maire, Louis Nègre, avait souhaité maintenir ce symbole de solidarité jusqu’à la fin de la guerre.
Mais après son élection en mars 2026, Bryan Masson a choisi une autre orientation. Le drapeau ukrainien a été retiré au cours de l’été et remplacé par les armoiries de Cagnes-sur-Mer.

« Ni polémique, ni message caché »
Interrogé sur cette décision, Bryan Masson affirme qu’il ne faut pas y voir un message hostile à l’Ukraine.
« Le drapeau ukrainien avait été hissé en 2022. Plus de quatre ans après, j’ai souhaité que le château Grimaldi porte à nouveau, aux côtés du drapeau français, le blason de Cagnes-sur-Mer », a expliqué l’élu. Il assure vouloir simplement remettre « notre ville et ses symboles au cœur de nos bâtiments municipaux ».
Le maire revendique ainsi une politique de mise en avant des couleurs et de l’identité de la commune. La municipalité a d’ailleurs engagé depuis son arrivée une stratégie visant à renforcer la présence visuelle des symboles de Cagnes-sur-Mer dans l’espace public.
« Un acte de patriotisme »
Pour Bryan Masson, cette décision s’inscrit également dans une démarche plus large de valorisation des symboles français et locaux. Le maire avait déjà fait retirer le drapeau européen de l’hôtel de ville après son élection, une mesure qui avait suscité des réactions et un rappel à l’ordre de la préfecture concernant les règles de pavoisement des bâtiments publics.

L’élu avait alors assumé une orientation qu’il présentait comme conforme à son programme municipal, notamment son souhait de privilégier les symboles nationaux.
Une décision qui ne laisse pas la communauté ukrainienne indifférente
Le retrait du drapeau ukrainien intervient alors que la communauté ukrainienne reste présente dans les Alpes-Maritimes. Irina Podyryako, consule honoraire d’Ukraine à Nice, a dit comprendre la décision du maire tout en appelant au dialogue.
Elle estime néanmoins que le drapeau représentait un symbole important pour les Ukrainiens installés dans la région, notamment parce qu’il rappelait leur pays et la guerre en cours. Elle souhaite que la municipalité puisse continuer à organiser des événements permettant de mettre la culture ukrainienne à l’honneur.
La consule se montre par ailleurs davantage préoccupée par le retrait du drapeau européen et par les positions eurosceptiques affichées par le maire. Elle appelle à maintenir le soutien européen à l’Ukraine.
Un choix symbolique qui relance le débat
Avec cette décision, Bryan Masson confirme une ligne politique centrée sur la mise en avant des symboles français et de l’identité locale. Pour ses soutiens, le remplacement du drapeau ukrainien par le blason de la ville relève d’une volonté de recentrer les bâtiments municipaux sur leur territoire.
Pour d’autres, le retrait d’un symbole de solidarité installé depuis le début de la guerre en Ukraine revêt nécessairement une dimension politique.
Le maire, lui, rejette cette lecture et insiste sur sa volonté de valoriser Cagnes-sur-Mer. Un changement de drapeau qui, loin d’être anodin, illustre ainsi les choix symboliques de la nouvelle municipalité.

