Saint-Denis : la justice annule l’élection des adjoints de Bally Bagayoko, la Ville contre-attaque en appel

Le 10 juillet 2026, le tribunal administratif de Montreuil a annulé l’élection des adjoints du maire Bally Bagayoko, estimant que le scrutin municipal n’avait pas respecté plusieurs règles de procédure.
Adjoints de Bally Bagayoko – La Ville de Saint-Denis a annoncé faire appel de cette décision, qui laisse pour l’heure le maire sans exécutif formellement validé par la justice.
Cette décision intervient trois mois après le scrutin municipal qui avait permis à Bally Bagayoko de prendre la tête de la commune, à l’issue d’une campagne très médiatisée et suivie au niveau national.
Les irrégularités relevées ne portent pas sur l’élection du maire lui-même mais sur celle de ses 21 adjoints, dont le rôle est central dans la gestion quotidienne de la ville de plus de 100.000 habitants.
Justice administrative et irrégularités électorales
Selon les éléments rapportés notamment par Le Parisien, le juge administratif a été saisi par un déféré préfectoral visant la délibération d’installation des adjoints, votée lors du conseil municipal de printemps. Le tribunal a relevé des irrégularités dans le déroulement du vote, notamment sur les modalités de scrutin et la conformité de certaines procédures de désignation au code électoral.
L’annulation vise l’ensemble des 21 adjoints, et non des élus pris individuellement, ce qui fragilise la structuration politique actuelle de l’exécutif municipal. Les magistrats n’ont pas remis en cause la régularité du scrutin municipal de mars, mais uniquement la phase de mise en place de l’équipe autour du maire.
La préfecture de Seine-Saint-Denis, à l’origine du déféré, fait valoir qu’il s’agit, selon elle, d’une « clarification nécessaire » du cadre juridique, dans un territoire où les contentieux électoraux sont fréquents. Elle insiste sur le caractère « technique » de la décision, qui ne saurait, toujours selon son entourage, être interprétée comme une sanction politique directe à l’encontre du maire.
La réponse de la mairie de Saint-Denis
La municipalité de Saint-Denis a immédiatement annoncé qu’elle allait faire appel de la décision du tribunal administratif, soulignant qu’elle entend « défendre la légitimité du choix démocratique des Dionysiens ». Autour de Bally Bagayoko, l’exécutif considère que les irrégularités pointées relèvent de discussions juridiques sur la forme, mais ne remettent pas en cause la volonté exprimée dans les urnes, selon le JDD.
Le maire affirme que « la ville continuera d’être gouvernée » et que les services municipaux « restent pleinement mobilisés au service des habitants » dans l’attente de l’issue de la procédure d’appel. Dans son entourage, on juge la décision « sévère », tout en disant vouloir « respecter le cadre de l’État de droit » et utiliser les voies de recours pour obtenir une clarification.
Pour l’heure, la mairie indique qu’aucune nouvelle élection des adjoints n’est programmée, dans l’attente de la décision de la cour administrative d’appel. L’hypothèse d’un nouveau vote n’est pas exclue, mais elle serait, selon plusieurs sources municipales, envisagée seulement si l’appel ne permettait pas de confirmer la délibération initiale.

Une décision aux répercussions politiques locales
Dans la ville, cette annulation nourrit les critiques des oppositions, qui dénoncent une « gestion chaotique » du début de mandat et appellent à « remettre à plat » la composition de l’exécutif. Plusieurs élus d’opposition voient dans la décision du tribunal un signe de fragilité politique et institutionnelle, et réclament davantage de transparence sur la manière dont les adjoints ont été désignés.
Pour autant, les mêmes opposants reconnaissent que la situation ne doit pas se traduire par un blocage durable des politiques publiques, particulièrement dans un contexte social et économique jugé tendu à Saint-Denis. Ils demandent au maire de « sécuriser juridiquement » ses futures décisions pour éviter de nouveaux contentieux, tout en poursuivant les projets de rénovation urbaine et de sécurité.
Plusieurs observateurs voient enfin dans ce dossier un test grandeur nature de la capacité de Bally Bagayoko à gérer les contraintes du droit administratif et le rapport à l’État, dans une commune historiquement marquée par de nombreux débats sur la gouvernance locale.
Les prochains mois, rythmés par la procédure d’appel, diront si l’exécutif municipal parvient à transformer cette épreuve juridique en séquence de stabilisation politique.


