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L’Italie n’a plus livré d’armes à l’Ukraine depuis près d’un an : pourquoi Giorgia Meloni retarde-t-elle l’aide à Kiev ?

Depuis décembre 2025, Rome n’a envoyé aucun nouveau paquet d’aide militaire à l’Ukraine. Pourtant, le gouvernement de Giorgia Meloni continue d’affirmer son soutien à Kiev face à la Russie. Alors qu’une nouvelle livraison d’armes serait prête, son autorisation tarde à arriver. Derrière ce blocage se dessinent des tensions politiques internes, des calculs diplomatiques et une question centrale : jusqu’où l’Italie est-elle prête à poursuivre son engagement militaire ?

Un treizième paquet d’aide toujours en attente

Selon plusieurs médias, dont le quotidien italien La Repubblica, le treizième paquet d’aide militaire destiné à l’Ukraine est préparé, mais n’a toujours pas obtenu toutes les autorisations nécessaires. Le calendrier a été repoussé à plusieurs reprises : d’abord de juillet à septembre, puis après le congrès du parti de la Ligue, avant que les élections américaines de mi-mandat ne deviennent un nouveau facteur d’attente.

Cette situation contraste avec les engagements pris par Rome auprès du président ukrainien Volodymyr Zelensky et du président français Emmanuel Macron. Selon les informations rapportées par la presse italienne, le gouvernement avait envisagé de donner son feu vert avant la fin du mois d’octobre.

Le comité parlementaire italien chargé du contrôle des services de renseignement, le Copasir, devait notamment examiner le dossier. Mais, à la veille de la fin du mois, la procédure n’avait toujours pas abouti.

Des missiles Aster 30 attendus par Kiev

L’enjeu dépasse le simple calendrier administratif. Le prochain paquet pourrait notamment comprendre des missiles intercepteurs Aster 30, destinés à renforcer les capacités de défense aérienne ukrainiennes face aux attaques russes.

Ces équipements peuvent contribuer à protéger Kiev et d’autres villes ciblées par les frappes. L’Italie et la France sont particulièrement importantes pour leur approvisionnement, dans le cadre de leur coopération en matière de défense.

Des radars et d’autres systèmes de détection pourraient également figurer dans les livraisons envisagées. Toutefois, la liste complète du matériel et les modalités précises de son transfert n’ont pas été officiellement confirmées dans les informations disponibles.

Matteo Salvini, un obstacle politique au sein de la coalition

L’une des principales difficultés se trouve au sein même de la majorité italienne. Si Giorgia Meloni et plusieurs membres de son gouvernement défendent publiquement la poursuite du soutien à l’Ukraine, Matteo Salvini, vice-président du Conseil et dirigeant de la Ligue, s’oppose à de nouvelles livraisons d’armes.

Il a notamment avancé des arguments liés à la corruption en Ukraine et remis en question l’efficacité de la poursuite de l’aide militaire. Sa position exerce une pression politique sur une coalition dont les composantes ne partagent pas toutes la même approche du conflit.

Selon La Repubblica, le ministre de la Défense, Guido Crosetto, serait favorable à l’approbation du nouveau paquet. Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a lui aussi réaffirmé publiquement que le soutien à Kiev devait se poursuivre.

Le ministre de l’Économie, Giancarlo Giorgetti, doit également signer le décret interministériel. Des sources citées par la presse évoquent des hésitations liées aux équilibres politiques de la coalition, mais les raisons exactes de ces retards n’ont pas été officiellement établies. La décision finale reste entre les mains de Giorgia Meloni.

Pourquoi attendre les élections américaines ?

Autre élément avancé dans les informations de presse : Rome souhaiterait connaître les conséquences des élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre 2026, avant de trancher.

Le résultat du scrutin pourrait modifier les rapports de force à Washington et influencer la politique de Donald Trump concernant la guerre en Ukraine. Selon les sources rapportées par La Repubblica, le gouvernement italien chercherait ainsi à mieux anticiper l’orientation américaine pour ajuster sa propre stratégie.

Cette explication reste toutefois une interprétation attribuée à des sources médiatiques. Aucun calendrier ferme de livraison n’a été annoncé, et rien ne permet d’affirmer que le scrutin américain suffira à débloquer le dossier.

L’attente révèle néanmoins la difficulté, pour Rome, de concilier ses engagements envers Kiev, ses relations avec Washington et les divergences au sein de sa propre majorité.

Giorgia Meloni maintient officiellement son soutien à Kiev

Malgré ces retards, le gouvernement italien assure ne pas abandonner l’Ukraine. Antonio Tajani a déclaré que le prochain programme d’aide était prêt et qu’il serait envoyé dès que possible. En février 2026, un responsable proche de Giorgia Meloni avait également affirmé que l’Italie entendait poursuivre son assistance militaire et autre au cours de l’année.

Le blocage actuel ne signifie donc pas, à ce stade, que Rome a officiellement renoncé à ses engagements. Il met plutôt en évidence l’écart entre les déclarations diplomatiques et la mise en œuvre concrète des livraisons.

Pour Kiev, l’incertitude est particulièrement sensible à l’approche de nouveaux besoins en défense aérienne. Pour Giorgia Meloni, l’enjeu est de parvenir à une décision sans accentuer les tensions au sein de sa coalition ni fragiliser ses relations avec ses partenaires européens.

Le prochain paquet d’aide reste donc suspendu à un arbitrage politique. Tant que le décret n’aura pas reçu le feu vert nécessaire, la date d’une nouvelle livraison italienne à l’Ukraine demeurera incertaine.

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