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Présidentielle : le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko veut priver le RN de parole médiatique

À quelques mois de l’élection présidentielle, les propos du maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, suscitent de vives réactions. Invité sur LCI, l’élu a défendu l’idée d’interdire au Rassemblement national de s’exprimer dans les médias, au nom de la lutte contre le racisme. Une proposition qui relance le débat sur la liberté d’expression, le pluralisme politique et les règles encadrant la campagne électorale.

« Bien sûr » : Bally Bagayoko assume sa position

Le dimanche 25 octobre 2026, Bally Bagayoko était invité sur LCI pour évoquer la situation politique française et les tensions autour du Rassemblement national. Au cours de l’échange, le maire de Saint-Denis a contesté le principe de l’accès des représentants du RN au temps de parole médiatique.

« Je suis pour dire que celles et ceux qui tiennent à longueur de journée des propos racistes ne puissent pas avoir du temps de parole », a-t-il déclaré.

Interrogé plus directement sur la possibilité d’interdire au RN de s’exprimer publiquement, l’élu a répondu par l’affirmative. Il a ensuite expliqué vouloir combattre le parti dans les urnes et sanctionner, selon ses termes, ceux qui contribuent à propager la haine, y compris dans les médias.

Ces déclarations ont rapidement été relayées et commentées, en raison de leurs implications pour le débat démocratique à l’approche de la présidentielle de 2027.

Le maire LFI invoque la lutte contre le racisme

Pour justifier sa position, Bally Bagayoko accuse le Rassemblement national de contribuer à la banalisation de propos racistes. Il a comparé le parti à des groupes racistes interdits, estimant que sa place dans le débat public ne devait pas être considérée comme acquise.

Cette argumentation s’inscrit dans une opposition politique de longue date entre LFI et le RN, notamment sur les questions d’immigration, d’identité nationale et de lutte contre les discriminations.

Il convient toutefois de distinguer les accusations politiques portées contre un parti des infractions qui peuvent être établies par la justice. Des propos précis peuvent faire l’objet de poursuites lorsqu’ils contreviennent à la loi, mais cela ne signifie pas qu’une interdiction générale de parole visant toute une formation politique découle automatiquement de ces accusations.

Liberté d’expression : une proposition qui interroge

La déclaration soulève une question centrale : jusqu’où peut-on aller pour lutter contre les propos racistes sans remettre en cause le pluralisme politique ?

En France, les médias audiovisuels sont soumis à des règles encadrant la présence des formations politiques, particulièrement pendant les périodes électorales. L’Arcom veille notamment au respect des principes d’équité et, pendant la campagne officielle, d’égalité du temps de parole selon les règles applicables.

Ces dispositions ne permettent pas à un responsable politique de décider, à lui seul, qu’un parti légal doit être exclu des médias. Une telle mesure soulèverait d’importantes questions juridiques et constitutionnelles relatives à la liberté d’expression et au pluralisme.

La loi prévoit déjà des sanctions contre certaines formes de provocation à la haine, de discrimination et d’injure publique. Leur application relève des procédures prévues par le droit, et non d’une décision unilatérale d’un élu.

Une polémique à l’approche de la présidentielle de 2027

Les propos de Bally Bagayoko interviennent alors que les forces politiques commencent à se positionner en vue de la prochaine élection présidentielle. La place du RN dans les médias, le traitement de ses déclarations et les limites de la liberté d’expression constituent déjà des sujets de confrontation entre les partis.

Pour ses opposants, la proposition du maire de Saint-Denis risque de remettre en cause le pluralisme en voulant écarter une formation politique du débat public. Ses arguments, eux, reposent sur la nécessité de lutter contre les discours qu’il estime racistes et haineux.

À ce stade, aucune mesure d’interdiction du RN dans les médias n’a été annoncée sur la base de cette déclaration. Il s’agit d’une prise de position politique qui devra être appréciée au regard du droit français et des principes démocratiques.

À mesure que la présidentielle approche, cet épisode illustre les tensions qui traversent le débat public français : comment combattre les discours illégaux tout en préservant la liberté d’expression et le droit des électeurs à entendre les différentes forces politiques ?

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