Un casseur rate son lancer de pavé sur les policiers… et touche un autre casseur en pleine tête (vidéo)

La scène ne dure que quelques secondes. Au milieu d’une rue envahie de fumée, un homme cagoulé, vêtu de noir, saisit un pavé et prend son élan pour le lancer en direction des forces de l’ordre. Le geste se veut menaçant. Le résultat, beaucoup moins.
Le projectile part de travers, et c’est un autre casseur, posté un peu plus loin, qui le reçoit en pleine tête. En quelques images, la scène bascule du chaos au comique involontaire, sous l’œil des téléphones qui filment.
Une précision s’impose : le lieu et la date de la scène ne sont pas indiqués. On ignore également si l’homme touché a été blessé, et dans quelle mesure. Car derrière le côté comique, la scène rappelle une réalité moins drôle : un pavé lancé à pleine force peut causer des blessures graves.
Si cette séquence a autant circulé, c’est aussi à cause du contexte. Depuis la mi-octobre, la France vit au rythme des journées de mobilisation contre la vie chère. Le 17 octobre, des violences et des pillages ont touché plusieurs grandes villes. Une semaine plus tard, le samedi 24 octobre, l’acte II a réuni 410 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur, et près de 800 000 selon la CGT.
En marge des cortèges, les jets de projectiles ont de nouveau marqué la journée. À Bordeaux, une partie des 44 interpellations concernait des jets de projectiles sur les forces de l’ordre, selon la préfecture. À Lyon, des individus présentés comme des black blocs ont caillassé des véhicules de CRS, selon Lyon Mag.
Dans ce climat tendu, les vidéos de manifestations se comptent par centaines sur les réseaux sociaux. La plupart montrent des scènes de casse ou d’affrontements. Celle-ci, elle, a surtout fait rire.
Lancer un pavé sur des policiers n’a rien d’anodin aux yeux de la loi. Un pavé utilisé comme projectile est considéré comme une arme par destination, et les violences commises contre des personnes dépositaires de l’autorité publique sont des circonstances aggravantes. Ces faits sont lourdement sanctionnés, jusqu’à plusieurs années de prison selon les blessures causées.
Et les auteurs ont de moins en moins de chances de passer inaperçus. Après le 17 octobre, la police a lancé un appel aux témoins : à Paris, une plateforme officielle permet aux citoyens de transmettre leurs vidéos aux enquêteurs, et plus de 350 dossiers ont été déposés en 24 heures, selon franceinfo. La procureure de Paris assure que toutes les images seront exploitées.
Entre la vidéosurveillance, les caméras-piétons des forces de l’ordre et les vidéos tournées au smartphone par les témoins, chaque scène de violence peut désormais devenir une pièce à conviction. Y compris, parfois, une vidéo devenue virale pour de tout autres raisons.
Si la séquence a autant circulé, c’est sans doute parce qu’elle offre une respiration. Après des semaines d’images de vitrines brisées et de rues saccagées, voir un casseur se faire piéger par sa propre maladresse a quelque chose de libérateur pour beaucoup d’internautes.
Elle rejoint d’ailleurs une série de vidéos du même genre, devenues virales ces derniers jours : le pantalon d’un casseur qui prend feu, une vitrine qui s’effondre sur celui qui tentait de la briser. Autant de scènes où la violence se retourne contre ceux qui la commettent.
Mais derrière les rires, un rappel s’impose : dans les manifestations, l’immense majorité des participants défile pacifiquement, et les pavés, eux, ne font pas la différence entre les cibles. C’est peut-être la vraie leçon de cette vidéo : dans la violence, le premier blessé n’est pas toujours celui qu’on croit.


