Actualités

« Le carburant flambe : Emmanuel Macron interpelle Ursula von der Leyen et réclame un geste de Bruxelles pour faire baisser les prix »

Alors que les prix à la pompe atteignent de nouveaux records en France, Emmanuel Macron tente d’agir à l’échelle européenne. Le chef de l’État a écrit à Ursula von der Leyen pour demander un assouplissement temporaire de certaines règles européennes afin d’augmenter l’offre de carburants et de limiter la hausse des prix.

La flambée des prix des carburants continue de peser lourdement sur les automobilistes français. Face à cette situation, Emmanuel Macron veut désormais obtenir davantage de marges de manœuvre au niveau européen.

Le président de la République a adressé, vendredi 18 septembre, une lettre à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Dans ce courrier, dont l’Élysée a confirmé l’authenticité, il formule plusieurs propositions destinées à accroître rapidement les capacités de production et d’importation de carburants.

Des prix à la pompe qui atteignent des records

La demande intervient alors que les prix du carburant connaissent une forte progression. Selon les données rapportées lundi 21 septembre, le gazole atteignait en moyenne 2,41 euros le litre en France, un niveau présenté comme historique. Le SP95-E10 dépassait également 2,17 euros le litre.

Cette situation est liée notamment aux tensions internationales et aux perturbations qui affectent le marché mondial des hydrocarbures.

Pour Emmanuel Macron, l’enjeu est donc de trouver des solutions permettant d’augmenter l’offre disponible plutôt que de chercher uniquement à compenser la hausse par des aides publiques.

Cinq mesures proposées à Bruxelles

Dans sa lettre à Ursula von der Leyen, le chef de l’État avance cinq pistes.

La plus notable concerne un assouplissement temporaire de certaines normes européennes relatives aux caractéristiques des carburants, notamment pour le gazole et le kérosène.

Selon l’Élysée, cette modification pourrait permettre à certaines raffineries d’améliorer leur rendement. Les gains potentiels sont estimés entre 5 % et 20 % selon les installations.

L’objectif est de libérer rapidement des capacités supplémentaires afin d’augmenter les volumes disponibles sur le marché européen.

Emmanuel Macron souhaite également faciliter certaines importations et renforcer les capacités européennes d’approvisionnement.

Pourquoi agir au niveau européen ?

Pour l’exécutif, la situation actuelle dépasse largement les frontières françaises. Les tensions sur les marchés internationaux rendent plus difficile l’approvisionnement en produits pétroliers et peuvent entraîner une nouvelle augmentation des prix.

Dans sa lettre, Emmanuel Macron évoque notamment les difficultés croissantes à confirmer les livraisons des prochaines semaines et le risque de voir disparaître une partie des capacités mondiales de raffinage. L’Élysée estime qu’une perte de 4 à 5 % des capacités mondiales pourrait accentuer les tensions.

La France cherche donc à obtenir une réponse coordonnée au niveau européen.

Cette volonté s’inscrit dans une stratégie plus large défendue par Emmanuel Macron : sécuriser les approvisionnements, diversifier les sources de carburant et augmenter les capacités de production lorsque cela est possible.

Le gouvernement prépare également de nouvelles aides

La démarche européenne intervient alors que le gouvernement français travaille parallèlement sur de nouvelles mesures destinées à soutenir les Français confrontés à la hausse des prix.

Une réunion interministérielle s’est tenue lundi 21 septembre à Matignon. Le gouvernement a annoncé travailler sur un nouveau paquet d’aides destiné notamment aux Français qui travaillent et qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur voiture. Les modalités précises doivent encore être annoncées.

Les dispositifs existants concernent déjà certains secteurs particulièrement exposés, notamment les agriculteurs, le BTP et les pêcheurs.

Mais l’exécutif doit également composer avec les contraintes budgétaires. Une généralisation des aides pourrait rapidement représenter une dépense importante pour les finances publiques.

Pas de risque de pénurie annoncé à ce stade

Malgré la flambée des prix, le gouvernement assure que la France ne se trouve pas actuellement face à un risque de pénurie généralisée.

Le ministre de l’Économie Roland Lescure a notamment indiqué que les stocks stratégiques français étaient actuellement remplis et qu’il n’y avait pas, selon lui, de problème d’approvisionnement à ce stade.

La difficulté est donc avant tout celle du prix, dans un contexte international particulièrement tendu.

Une bataille qui se joue désormais à Bruxelles

La demande adressée par Emmanuel Macron à Ursula von der Leyen ne signifie pas que les prix vont immédiatement baisser.

Les mesures proposées doivent encore être examinées au niveau européen et leur éventuelle mise en œuvre dépendra notamment des discussions avec la Commission européenne et les autres États membres.

Pour le chef de l’État, l’enjeu est toutefois clair : augmenter l’offre de carburants pour tenter de desserrer la pression qui s’exerce actuellement sur les prix.

Alors que les automobilistes voient leur facture s’envoler, Emmanuel Macron mise ainsi sur une combinaison de mesures nationales et européennes. À court terme, le gouvernement prépare de nouvelles aides ; parallèlement, l’Élysée cherche à obtenir de Bruxelles davantage de flexibilité pour produire et importer du carburant.

La question reste désormais de savoir si ces mesures permettront réellement de freiner la hausse observée à la pompe dans les prochaines semaines.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *