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Quand Jacques Chirac n’acceptait pas que la Marseillaise soit sifflée en 2002 lors de la finale de la Coupe de France

Le 11 mai 2002, au Stade de France, Jacques Chirac vient tout juste d’être réélu président de la République lorsque la finale de la Coupe de France opposant Lorient à Bastia est interrompue par un incident inattendu.

Jacques Chirac et la Marseillaise – Au moment où retentit la Marseillaise, une partie des 80.000 spectateurs corses couvre l’hymne national de sifflets, transformant la cérémonie protocolaire en démonstration bruyante de défiance. Dans un contexte politique encore marqué par le choc du 21 avril 2002 et la présence de Jean‑Marie Le Pen au second tour, le geste prend immédiatement une portée nationale, explique Le Monde.

Installé en tribune présidentielle aux côtés du premier ministre Jean‑Pierre Raffarin, du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy et du ministre des Sports Jean‑François Lamour, Jacques Chirac réagit aussitôt. Le président se lève, quitte sa place, et demande que le début du match soit retardé, envoyant les joueurs de Lorient et Bastia aux vestiaires pendant qu’il exige des excuses publiques de la Fédération française de football (FFF).

Devant les caméras de télévision, il dénonce un acte « inadmissible et inacceptable », en déclarant : « Je ne tolérerai pas et je n’accepterai pas que soit porté atteinte aux valeurs de la République et à ceux qui les expriment ».

Une finale sous haute tension
L’incident se déroule à Saint‑Denis, au Stade de France, moins d’un mois après le second tour de l’élection présidentielle du 5 mai 2002. Le pays est encore imprégné de la mobilisation en faveur du « front républicain », qui a permis la réélection de Jacques Chirac face à Jean‑Marie Le Pen. Dans ce climat, le sifflement de l’hymne national par une partie des supporters corses est immédiatement interprété par l’exécutif comme une atteinte symbolique à l’unité nationale.

Au micro de TF1, Jacques Chirac justifie sa décision de suspendre le protocole et de quitter la tribune, soulignant qu’il n’était pas question pour lui d’assister normalement au match après un tel affront. Il demande en direct au président de la FFF, Claude Simonet, de présenter « immédiatement et publiquement » des excuses à la France, affirmant que la nation a été « humiliée par un geste de cette nature ». La séquence est diffusée en boucle, renforçant l’image d’un chef de l’État attaché aux symboles républicains.

Excuses imposées et match retardé
Sous la pression présidentielle, Claude Simonet prend la parole devant le public du Stade de France avant le coup d’envoi. « La Fédération française de football présentait ses excuses à la France parce que la Marseillaise a été sifflée », déclare-t‑il, cherchant à désamorcer la crise tout en permettant au match de se tenir. Ce n’est qu’après cette mise au point solennelle que Jacques Chirac revient en tribune et autorise la reprise du protocole.

Le coup d’envoi de la finale est ainsi décalé d’une vingtaine de minutes, le temps que les joueurs regagnent la pelouse et que la situation se stabilise. Si le match se déroule ensuite sans incident majeur, le président refuse toutefois de descendre sur le terrain pour saluer les équipes, marquant jusqu’au bout sa désapprobation. L’épisode s’inscrit durablement dans la mémoire politique, au point d’être régulièrement cité comme exemple de la fermeté de Jacques Chirac dès lors que les symboles nationaux sont mis en cause.

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