Pour la France, il n’est « absolument pas question » que l’Espagne quitte la zone de Schengen après l’entrée de 60.000 migrants par Ceuta
Laurent Nuñez a écarté samedi l’idée d’une sortie de l’Espagne de la zone Schengen, après l’entrée massive de migrants à Ceuta.
Zone de Schengen – Le ministre français de l’intérieur a déclaré qu’il n’était « absolument pas question » que Madrid quitte cet espace de libre circulation, tout en assurant que la coopération avec l’Espagne restait « très, très, très bonne ».
La prise de position intervient alors que Madrid fait face à un afflux exceptionnel dans son enclave nord-africaine, que les autorités espagnoles disent avoir en grande partie contenu par des renvois vers le Maroc. Selon Reuters et plusieurs médias français, quelque 60.000 migrants en provenance du Maroc seraient entrés illégalement à Ceuta en fin de semaine, provoquant une crise sensible pour l’Espagne et pour l’Union européenne.
Un afflux sans précédent
Les premiers bilans publiés vendredi ont décrit une arrivée massive, par la mer et par la terre, dans cette enclave espagnole située face au Maroc. L’Espagne a ensuite indiqué avoir renvoyé au Maroc la plupart des personnes entrées illégalement, tandis que le ministère espagnol des affaires étrangères a affirmé que « l’intégrité de l’espace Schengen est absolument garantie », selon Reuters.
La séquence a pris de court les autorités espagnoles, sur fond de rumeurs d’ouverture de la frontière et d’un mouvement de foule soudain, alors que plus de 48.000 personnes étaient déjà reparties de Ceuta en fin de journée vendredi, tandis que Madrid parlait d’une attaque contre son intégrité territoriale.
Dans les heures qui ont suivi, les gouvernements européens ont multiplié les réactions pour renforcer le contrôle des frontières extérieures. Le ministre français de l’intérieur a, de son côté, annoncé un durcissement des contrôles côté français à la frontière avec l’Espagne.

Paris soutient Madrid
À Paris, Laurent Nuñez a voulu dissiper toute perspective d’exclusion de l’Espagne de Schengen. « Il n’est absolument pas question que l’Espagne quitte la zone Schengen », a-t-il dit samedi, en ajoutant que la France travaillait avec Madrid dans un cadre de coopération étroite.
Le ministre français a aussi précisé que le renforcement des contrôles à la frontière franco-espagnole durerait « autant qu’il le faudra », signe d’un souci d’anticiper d’éventuels mouvements secondaires vers le nord. Laurent Nuñez a annoncé dès jeudi soir des instructions pour intensifier les vérifications et activer une force frontalière d’intervention rapide.
Cette ligne française s’inscrit dans un soutien politique à l’Espagne, alors que plusieurs capitales européennes redoutent un effet domino sur la circulation dans l’espace Schengen. Les autorités espagnoles, elles, insistent sur le caractère temporaire de la crise et sur le retour rapide d’une partie importante des personnes arrivées à Ceuta.

Madrid cherche à reprendre la main
Face à la pression, Madrid a choisi de reprendre le contrôle par des renforts policiers et militaires, ainsi que par une coopération accrue avec Rabat. Les autorités espagnoles ont procédé à des retours rapides vers le Maroc et ont présenté cette réponse comme la preuve que la situation restait maîtrisable.
Le gouvernement espagnol veut aussi éviter que Ceuta devienne un précédent politique pour d’autres tensions migratoires en Méditerranée. Le message officiel consiste à rappeler que l’espace Schengen n’est pas remis en cause, tout en assumant un contrôle renforcé des flux à la frontière.
La crise, née à Ceuta, a ainsi pris une dimension européenne en quelques heures. Entre l’affirmation de Laurent Nuñez, les assurances de Madrid et les mesures de sécurité annoncées, les autorités tentent désormais d’éteindre l’incendie sans transformer l’épisode en bras de fer institutionnel.


