Présidentielle : Marine Tondelier veut une loi pour « interdire le mensonge en politique »

La candidate écologiste à l’élection présidentielle souhaite créer une loi sanctionnant les mensonges factuels et délibérés des responsables politiques. Marine Tondelier dit s’inspirer d’un dispositif adopté au Pays de Galles et estime que la France doit mieux protéger la qualité du débat public.
Présidentielle 2027 – Marine Tondelier souhaite faire de la lutte contre la désinformation un axe de sa campagne présidentielle. La candidate écologiste propose l’adoption d’une loi visant à sanctionner les mensonges délibérés des responsables politiques.
Dans une note publiée vendredi sur son blog, la secrétaire nationale des Écologistes estime que la France doit renforcer les outils destinés à protéger la qualité du débat public. Elle cite notamment l’exemple du Pays de Galles, qui a récemment adopté une législation sur le sujet.

Une loi pour sanctionner les mensonges délibérés
Marine Tondelier défend la création d’« un arsenal législatif solide pour protéger la qualité du débat public ». Elle appelle de ses vœux « une loi qui, très clairement, vous sanctionne, si vous mentez ».
Selon l’élue des Hauts-de-France, cette mesure ne viserait pas toutes les erreurs de communication mais uniquement « des mensonges factuels et délibérés ». Elle précise que « la liberté d’expression n’a jamais été la liberté de dire n’importe quoi et de tromper sciemment ».
La candidate à l’élection présidentielle détaille également les conditions qui permettraient d’établir un mensonge. « Il faut que l’auteur de la phrase soit bien conscient de cette fausseté ou, à tout le moins, qu’il ne puisse pas l’ignorer, et enfin qu’il ait bien eu l’intention de tromper », écrit-elle.
Le débat relancé après une séquence sur l’acétamipride
Marine Tondelier s’appuie notamment sur les déclarations du sénateur Horizons Vincent Louault. Lors d’un épisode de « Complément d’Enquête » diffusé jeudi sur France 2, celui-ci a reconnu avoir « fait une fake news » pendant les récents débats sur l’acétamipride.
Le parlementaire a assumé cette stratégie de communication en expliquant que « les gens comprennent des messages simples ». Cette séquence a relancé les discussions sur la diffusion d’informations inexactes dans le débat politique.
Pour la candidate écologiste, il convient toutefois de distinguer le mensonge volontaire de l’erreur ou de l’approximation. Elle souligne ainsi que les responsables politiques ne devraient pas être sanctionnés pour une simple méconnaissance du prix d’une baguette ou d’un pain au chocolat.

Des piques adressées à ses concurrents
Marine Tondelier insiste sur le fait que sa proposition ne viserait pas non plus les changements de position politique. Elle assure qu’un revirement ou une évolution de conviction ne relèverait pas du dispositif qu’elle souhaite mettre en place.
Dans le même temps, elle égratigne certains candidats potentiels à l’élection présidentielle. « On ne vous sanctionnera pas non plus si vous changez d’avis, ou si vous essayez à tout prix de faire oublier, en tant que candidat à la présidentielle, que vous avez été Premier ministre des précédents gouvernements, ou tout simplement ministre. C’est lâche, bien sûr, incohérent, évidemment. Ce n’est pas sanctionnable (sauf dans les urnes) », écrit-elle, dans une allusion à Édouard Philippe et Gabriel Attal.
Le modèle gallois mis en avant
Pour défendre son projet, l’élue écologiste cite l’exemple du Pays de Galles. Le Parlement gallois a adopté un texte destiné à interdire les mensonges des candidats lors des élections législatives.
Cette législation ne doit toutefois entrer en application qu’à partir de 2030. Le dispositif prévoit également un mécanisme permettant de révoquer des élus dans certaines situations.


