Maroc : Une influenceuse française écope d’un an de prison pour avoir accusé la police de « corruption »

Une influenceuse française d’origine algérienne a été condamnée à un an de prison ferme au Maroc après avoir accusé la police de « corruption » dans une vidéo
Une condamnation lourde après une vidéo virale. La justice marocaine a condamné une Française d’origine algérienne à un an de prison ferme, notamment pour « outrage » à la police. En cause : des propos diffusés sur les réseaux sociaux, dans lesquels elle évoquait des pratiques de « corruption ».
L’influenceuse de 30 ans, connue sous le pseudonyme « Yass Naubelle », avait été arrêtée le 13 juin à l’aéroport de Marrakech alors qu’elle s’apprêtait à rentrer en France. Elle avait ensuite été placée en détention provisoire, selon la presse locale.

Des accusations diffusées en ligne
Tout part d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. La jeune femme y accusait la police marocaine « d’arrêter même les filles […] pour rien » et « de chercher à gratter de l’argent » lors de contrôles routiers. Dans cette même séquence, elle critiquait aussi la conduite à Marrakech, jugée « dangereuse », allant jusqu’à affirmer que les Algériens conduisaient mieux. Elle avait introduit ses propos avec une formule provocatrice : « je tiens à m’excuser auprès de mon peuple, le peuple algérien. Quand je dis que vous ne savez pas conduire j’ai vu pire que vous. Le peuple marocain, c’est une dinguerie, les gars ».
Selon le site Medias24, la tiktokeuse, suivie par 20.000 abonnés, a été condamnée lundi par le tribunal correctionnel de Marrakech à un an de prison ferme, assorti d’une amende d’environ 190 euros. Elle était poursuivie pour « diffusion et publication d’allégations et de faits mensongers dans le but de porter atteinte à la vie privée de personnes ou de les diffamer » ainsi que pour « outrage à un organisme institué par la loi ». Elle dispose toutefois d’un délai de dix jours pour faire appel de cette décision.
Un contexte régional tendu
Cette affaire intervient dans un climat politique déjà sensible. Les relations entre l’Algérie et le Maroc restent tendues, notamment autour du Sahara occidental, un territoire non autonome selon l’ONU. Depuis près de 50 ans, ce dossier oppose Rabat aux indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger. L’affaire est désormais entre les mains de la justice d’appel.


