L’Italie veut reconnaître les chevaux comme des animaux de compagnie et interdire leur abattage pour l’alimentation

Et si la viande de cheval disparaissait progressivement des tables italiennes ? En Italie, une proposition de loi actuellement examinée au Parlement entend modifier profondément le statut juridique des chevaux et, plus largement, celui des équidés. L’objectif affiché est de les reconnaître comme des animaux d’affection et d’interdire leur abattage à des fins alimentaires.
Un changement de statut majeur
La proposition concerne notamment les chevaux, poneys, ânes, mulets et bardots. Elle prévoit de les faire entrer dans la catégorie des animaux d’affection, une évolution qui aurait des conséquences importantes pour leur protection et leur prise en charge.

Le texte présenté à la Chambre des députés prévoit notamment l’interdiction de la macellazione, c’est-à-dire l’abattage des équidés, ainsi que leur exportation à cette fin. La vente et la consommation de leur viande seraient également interdites si la réforme était adoptée.
Une proposition portée par Michela Vittoria Brambilla
Parmi les principales initiatives figure une proposition de loi portée par la députée Michela Vittoria Brambilla. Le texte entend renforcer la protection des équidés et mettre fin notamment à leur utilisation dans certaines manifestations lorsque leur sécurité est menacée.

La députée défend l’idée que l’évolution de la relation entre les Italiens et les chevaux justifie aujourd’hui une protection comparable à celle accordée aux animaux de compagnie.
Une initiative citoyenne vient renforcer le mouvement
Le débat ne se limite pas au Parlement. Une initiative citoyenne baptisée « Fine corsa » a été déposée à la Cour de cassation de Rome le 2 juillet 2026. Ses promoteurs souhaitent eux aussi interdire l’abattage des équidés à des fins alimentaires et mettre fin à la vente, à la consommation et à l’exportation de viande équine destinée à l’alimentation.

Pour pouvoir ouvrir la voie à un examen parlementaire, cette initiative doit recueillir au moins 50 000 signatures certifiées avant le 6 janvier 2027.
Une réforme qui divise
Si les associations de protection animale saluent une évolution qu’elles jugent nécessaire, le projet soulève aussi des questions économiques et culturelles.
La filière équine, les éleveurs, le monde des courses et certains défenseurs des traditions rurales s’interrogent notamment sur le devenir des animaux en fin de carrière et sur les conséquences économiques d’une interdiction de la viande chevaline.
La question de la fin de vie des chevaux est particulièrement sensible : si l’abattage devient interdit, il faudra également prévoir des solutions pour leur hébergement, leur entretien et leur prise en charge jusqu’à leur mort naturelle.

Le texte n’est pas encore adopté
Contrairement à certaines présentations qui circulent, l’Italie n’a pas encore définitivement interdit la viande de cheval. Les propositions sont toujours soumises au processus parlementaire et peuvent encore être modifiées avant une éventuelle adoption.
Si la réforme aboutissait, elle constituerait néanmoins un changement majeur dans le rapport juridique de l’Italie aux équidés.
Entre protection animale, traditions et enjeux économiques, le débat sur le statut du cheval promet donc d’être particulièrement animé dans les prochains mois.


