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Le ministre de l’Intérieur confirme la reprise des expulsions d’Algériens en situation irrégulière

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a confirmé jeudi la reprise des expulsions d’Algériens en situation irrégulière. Il a avancé un total de 140 reconduites à la frontière depuis le début de l’année. Cette reprise intervient après une interruption d’environ un an liée aux tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie. Jusqu’à présent, le ministère de l’Intérieur n’avait pas communiqué officiellement sur ce sujet.

Algériens en situation irrégulière – La reprise des expulsions marque un tournant dans les relations entre Paris et Alger. Fin mars, l’association La Cimade avait déjà signalé ce redémarrage.

Mais l’exécutif était resté silencieux. Laurent Nuñez a finalement confirmé cette évolution lors d’une intervention médiatique, en apportant des précisions sur les conditions et les chiffres.

Une reprise progressive des expulsions
Laurent Nuñez a décrit une situation initialement bloquée en début d’année. Il a déclaré : « Quand je suis allé en Algérie à la mi-février, nous n’avions aucun laissez-passer délivré depuis le début de l’année et on avait fait quelques reconduites ».

Il a ensuite précisé que la dynamique avait changé après ce déplacement : « Depuis que je suis allé en Algérie, c’est reparti. »

Le ministre a détaillé les chiffres récents. Il a indiqué : « On a eu 120 laissez-passer délivrés depuis (…) et hier, on a dépassé les 140 (reconduites) depuis le début de l’année. » Malgré cette reprise, il a reconnu que les résultats restent insuffisants.

Il a affirmé : « Évidemment, il faut qu’on fasse mieux, évidemment il faut qu’on fasse plus » tout en soulignant que « les choses se sont réamorcées ». Il a ajouté : « Je m’en félicite (…) on va poursuivre dans ce dialogue existant avec l’Algérie. »

La question des vols groupés
Le ministre a également évoqué un autre enjeu dans la gestion des expulsions. Il a déclaré : « L’autre élément sur lequel il faut qu’on aboutisse maintenant assez vite », concerne la mise en place de « vols groupés ». Ce dispositif permet d’expulser plusieurs personnes dans un même avion.

Cette solution vise à améliorer l’efficacité des reconduites. Elle pourrait faciliter l’organisation logistique des expulsions et augmenter leur volume. Laurent Nuñez a présenté cet objectif comme une étape importante à court terme dans les discussions avec les autorités algériennes.

Les ressortissants algériens en rétention
Interrogé sur la présence d’Algériens dans les centres de rétention administrative, le ministre a fourni des chiffres précis. Il a confirmé qu’il y avait « un peu plus de 700 » ressortissants algériens retenus sur un total de 2.000 places.

Cela représente « à peu près 30 à 40% » des personnes en rétention. Ce niveau montre l’importance de cette nationalité dans les dispositifs actuels de rétention administrative en France.

Un contexte diplomatique tendu
Cette reprise intervient après une période de fortes tensions entre la France et l’Algérie. La relation bilatérale s’était dégradée à partir de l’été 2024. Cette détérioration faisait suite à la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Ce territoire reste au statut non défini selon l’ONU. Il fait l’objet d’un conflit depuis 50 ans entre le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario. Ces derniers sont soutenus par l’Algérie, ce qui explique la sensibilité du sujet dans les relations entre les deux pays.

Une stratégie d’apaisement
Depuis sa prise de fonction, Laurent Nuñez a adopté une approche différente de celle de son prédécesseur. Il a privilégié une stratégie d’apaisement avec Alger. Cette position contraste avec celle de Bruno Retailleau.

Ce dernier avait contribué à durcir les relations entre les deux pays. Il avait régulièrement opté pour une posture de confrontation. À l’inverse, Laurent Nuñez cherche à maintenir un dialogue avec les autorités algériennes afin de relancer la coopération sur les expulsions.

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