Le gouvernement Meloni adopte une loi interdisant l’éducation se&xuelle à l’école sans le consentement des parents

Le gouvernement de Giorgia Meloni a franchi une nouvelle étape dans la réforme de l’école en encadrant strictement l’éducation sexuelle dans les établissements publics italiens. Le Sénat italien a définitivement adopté la réforme le 4 juin, selon Reuters.
Éducation se&xuelle à l’école – L’Italie a définitivement adopté une réforme qui subordonne désormais tout enseignement d’éducation sexuelle au consentement écrit des parents dans les établissements secondaires. Dans les écoles maternelles et primaires, ces activités sont purement et simplement exclues des programmes, quel que soit l’avis des familles.
Ce tournant, porté par le gouvernement de Giorgia Meloni et défendu par le ministre de l’Éducation Giuseppe Valditara, s’inscrit dans un pays où l’éducation à la sexualité n’a jamais été obligatoire au niveau national, contrairement à la majorité des États européens.
La loi cristallise des visions opposées du rôle de l’école et de la famille, entre défense de la « liberté éducative » des parents et inquiétudes des associations de défense des droits LGBT+.
Une loi recentrée sur le rôle des familles
Le texte impose aux établissements de prévenir les familles au moins sept jours avant tout module portant sur la sexualité ou les relations affectives, en détaillant contenus, intervenants extérieurs et supports utilisés. Les élèves ne pourront participer qu’avec l’aval explicite de leurs parents, donné par écrit.
Pour l’exécutif, l’objectif est de « garantir (…) le consentement préalable et éclairé des familles concernant les activités scolaires liées à la se&xualité », selon le communiqué diffusé à l’issue d’un conseil des ministres.

Le gouvernement insiste sur le fait que ces enseignements restent facultatifs et relèvent d’une offre élargie, qu’il entend mieux encadrer. Les partisans de la réforme y voient un moyen de « respecter les convictions morales, religieuses et culturelles » des parents dans un pays à forte tradition catholique.
Interdiction en maternelle et primaire
Le dispositif va toutefois plus loin pour les plus jeunes. En maternelle et à l’école primaire, la loi bannit toute activité scolaire portant sur la se&xualité, l’identité de genre ou les relations dites non traditionnelles. Les enseignants ne pourront plus proposer de projets spécifiques sur ces thèmes, même avec l’accord unanime des parents.
Selon les promoteurs du texte, cette exclusion vise à protéger les enfants d’âges « non adaptés » à des sujets jugés sensibles, et à privilégier le rôle éducatif des familles dans les premières années de scolarité. Le gouvernement affirme par ailleurs que les programmes officiels restent centrés sur une éducation « à la vie affective » de nature généraliste, sans entrer dans des contenus jugés idéologiques.
Inquiétudes des milieux éducatifs et associatifs
Plusieurs organisations d’enseignants, de pédiatres et d’associations de lutte contre les violences sexuelles ou le harcèlement scolaire ont mis en garde contre les effets de la réforme. Elles estiment que l’éducation sexuelle contribue à l’autonomie des jeunes, à la prévention des abus et à la compréhension du consentement.
Des ONG engagées sur les droits LGBT+ dénoncent aussi un climat scolaire potentiellement plus hostile pour les élèves LGBT+, qui pourraient se retrouver sans ressources ni interlocuteurs formés au sein des établissements. Pour ces acteurs, le filtre systématique du consentement parental risque, de facto, de réduire encore une offre déjà inégale et peu appliquée sur le territoire italien.
Un débat appelé à se poursuivre
Au Parlement comme dans la société civile, le débat se poursuit sur l’équilibre entre prérogatives des familles et mission de l’école en matière d’éducation et d’instruction. Les opposants à la réforme espèrent encore des ajustements dans les décrets d’application, tandis que le gouvernement revendique un texte conforme à son mandat électoral.
À l’échelle européenne, plusieurs observateurs soulignent que l’Italie prend une voie distincte des recommandations d’organismes internationaux, qui encouragent une éducation complète à la sexualité dès le plus jeune âge.

