Expulsion des trafiquants de drogue de leurs logements sociaux : 9 Français sur 10 y sont favorables, selon un sondage

Selon une enquête d’opinion, l’adhésion à l’expulsion des locataires condamnés pour des délits liés aux stupéfiants rassemble les suffrages de toutes les générations et toutes les sensibilités politiques, un an après la promulgation de la loi de juin 2025.
Un récent sondage révèle qu’environ 9 Français sur 10 se déclarent favorables à l’expulsion des trafiquants de drogue de leurs logements sociaux. D’après cette étude de l’Institut CSA réalisée pour le compte de CNews, d’Europe 1 et du Journal du Dimanche, le texte législatif promulgué en juin 2025 pour faciliter ces évictions bénéficie d’un soutien massif. En effet, la proportion de citoyens en accord avec cette mesure législative atteint précisément 91 % à l’échelle nationale, illustrant une adhésion très large de la population face à l’essor du narcotrafic.

Un consensus au sein de toutes les générations
Les résultats de cette enquête, menée les 21 et 22 mai auprès d’un panel représentatif de 1002 personnes, mettent en évidence une convergence de points de vue par-delà les critères démographiques. Les données de l’Institut CSA révèlent que les hommes et les femmes partagent cette position dans une proportion identique de 91 %. Par ailleurs, l’approbation franchit les clivages générationnels, puisque 94 % des personnes âgées de 65 ans et plus soutiennent l’initiative, tandis que 87 % des jeunes de 18 à 24 ans approuvent également la mesure.

Sur le plan des catégories socioprofessionnelles, les écarts mesurés demeurent marginaux, d’après les chiffres communiqués par les mêmes médias. L’adhésion s’élève ainsi à 94 % chez les catégories moins favorisées (CSP-), contre 88 % pour les catégories supérieures (CSP+). Cette homogénéité sociologique confirme ainsi l’intérêt des Français pour un renforcement de l’ordre public au sein du parc de logements sociaux.
Des clivages partisans perceptibles au sein de la gauche
Toutefois, l’analyse détaillée par affiliation politique fait apparaître des nuances. D’un côté, les sympathisants de droite se prononcent massivement en faveur de cette mesure. Les électeurs du parti Les Républicains affichent ainsi une unanimité absolue de 100 %, suivis de très près par les partisans du Rassemblement national à hauteur de 98 %. De surcroît, les proches du mouvement présidentiel Renaissance s’associent à cette dynamique en approuvant l’expulsion à 91 %.
Cependant, même si l’électorat de gauche reste majoritairement favorable à des mesures d’expulsion, on constate une plus large part d’avis opposés. En effet, 73 % des sympathisants de La France insoumise y sont favorables, alors que 24 % y sont défavorables. Les autres formations de gauche rejoignent plus nettement le consensus global : le Parti socialiste enregistre 88 % d’opinions favorables, et Les Écologistes valident la mesure à hauteur de 85 %.
Une application pratique suspendue aux décisions des tribunaux
Bien que l’opinion publique soutienne massivement ce dispositif, sa mise en œuvre concrète se heurte parfois à la complexité des cadres juridiques. Un incident récent survenu dans les Bouches-du-Rhône a d’ailleurs illustré ces difficultés d’application sur le terrain. À Marseille, la semaine dernière, deux familles dont les fils logeaient à la cité de La Castellane et avaient été condamnés pour trafic de stupéfiants ont finalement conservé leur toit.
Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Marseille a estimé, comme mentionné dans un communiqué, que « les manquements à l’obligation contractuelle d’usage paisible imputés aux locataires ne sont pas suffisamment et précisément établis », selon des précisions rapportées le 20 mai dernier par CNews.


