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Covid-19 : ce que l’on sait du nouveau variant NB.1.8.1 que l’OMS surveille attentivement

Apparu en Chine, le variant NB.1.8.1 du Covid-19 s’est rapidement propagé à travers l’Asie, atteignant des régions comme Hong Kong où un rebond significatif de l’épidémie a été observé. Ce sous-lignage du variant Omicron, connu pour sa forte contagiosité, a été classé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme un ‘variant sous surveillance’ le 23 mai. Cette classification, créée en 2020, est réservée aux variants présentant un risque accru pour la santé publique.

Le professeur Yves Buisson, membre de l’Académie nationale de médecine, a souligné que le NB.1.8.1 présente ‘trois mutations assez importantes’ par rapport à son prédécesseur, ce qui pourrait le rendre majoritaire à l’avenir. De son côté, le virologue Bruno Lina a déclaré à BFMTV que les spécificités de ce variant pourraient le rendre dominant. En Asie, notamment à Taïwan, le Centre national des maladies a rapporté une hausse de 66% des consultations liées au Covid-19 en une semaine.

En Europe, le variant NB.1.8.1 a fait son apparition en Allemagne, en Irlande et aux Pays-Bas, avec la France recensant ses premiers cas en mars. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le variant circule depuis le début du mois d’avril, mais son impact épidémiologique reste incertain. Aux États-Unis, des cas ont été détectés chez des voyageurs internationaux arrivant dans plusieurs États, y compris la Californie et New York.

L’OMS a tenu à rassurer le public en affirmant que les vaccins Covid-19 actuels devraient rester efficaces contre ce variant pour prévenir les formes symptomatiques et graves de la maladie. Cependant, elle appelle à la vigilance, notamment en Asie où le variant est devenu dominant. Hong Kong a signalé que les principaux indicateurs de surveillance du Covid-19 atteignaient leur plus haut niveau depuis un an, incitant les autorités à renforcer les mesures d’hygiène.

Le pourcentage d’échantillons respiratoires testés positifs au SRAS-CoV-2 à Hong Kong a doublé en un mois, passant de 6,21 % à 13,66 %. De plus, la charge virale dans les eaux usées a presque doublé, atteignant 710 000 copies/litre. Malgré ces chiffres alarmants, rien n’indique pour l’instant que le NB.1.8.1 provoque des formes plus graves de la maladie.

En France, le variant a été identifié à quatre reprises, selon le Centre national de référence de Lyon. Aux États-Unis, des voyageurs en provenance de pays européens, dont la France, ont été testés positifs entre fin avril et mi-mai. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies n’a pas encore placé le variant sous surveillance, mais suit son évolution de près.

Selon l’OMS, le risque supplémentaire pour la santé publique posé par le NB.1.8.1 est jugé faible à l’échelle mondiale. Néanmoins, les mutations observées pourraient accroître sa transmissibilité, ce qui nécessite des études supplémentaires. Les scientifiques s’inquiètent que ces mutations puissent réduire l’efficacité des anticorps et favoriser l’évasion immunitaire.

Le virologue Bruno Lina a expliqué que le variant pourrait avoir un avantage de croissance, car il pénètre plus rapidement dans les cellules et se reproduit plus efficacement. Ces caractéristiques pourraient faire du NB.1.8.1 le variant dominant à l’avenir, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour confirmer ces hypothèses.

La mise sous surveillance de ce variant par l’OMS a ravivé les souvenirs de l’émergence du SARS-CoV-2, dont l’origine reste incertaine. Les autorités sanitaires mondiales appellent à la vigilance, tout en rappelant que les vaccins actuels sont toujours une défense efficace contre les formes graves de la maladie.

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