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« Siffler La Marseillaise » : un avocat toulonnais saisit la justice contre le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko

Un avocat du barreau de Toulon a annoncé engager une action en justice contre le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, après ses déclarations sur le « droit » de siffler l’hymne national dans les stades

« Siffler La Marseillaise » – Cette initiative judiciaire prolonge une polémique nationale déclenchée à la mi-juin, alors que la Coupe du monde de football se déroule en Amérique du Nord et que le débat sur les symboles républicains ressurgit dans les enceintes sportives.

Dans une interview accordée au journal « L’Opinion » le 16 juin, le maire LFI de Saint-Denis avait affirmé : « Siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire. Parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d’ici mais aussi de là-bas. »

Ces propos ont suscité de vives critiques, notamment de responsables politiques et éditorialistes qui l’accusent de banaliser un geste considéré comme un outrage à l’hymne national.

Un avocat invoque l’« atteinte aux symboles de la nation »
L’avocat toulonnais à l’origine de la démarche reproche à Bally Bagayoko d’encourager « la détestation de la France » et d’avoir légitimé le sifflement de la Marseillaise en le présentant comme un « droit à la réplique populaire », selon BFM.

Selon lui, les propos du maire franchissent une ligne rouge dès lors qu’ils émanent d’un élu en exercice, investi d’un mandat au sein d’une commune emblématique des grandes compétitions sportives organisées au Stade de France.

L’argumentaire juridique s’appuie notamment sur l’article 433-5-1 du Code pénal, qui punit l’outrage public à l’hymne national ou au drapeau tricolore lors d’une manifestation organisée par les autorités publiques d’une amende pouvant aller jusqu’à 7.500 euros, assortie de six mois d’emprisonnement en cas de faits commis en réunion.

Cette disposition, adoptée en 2003 à la suite des sifflets contre la Marseillaise lors du match France–Algérie en 2001, est régulièrement invoquée dès que des huées visent l’hymne lors de rencontres internationales.

Bally Bagayoko se défend de toute « incitation »
Face aux critiques, Bally Bagayoko affirme qu’il ne s’agit pas d’un appel à la provocation, mais d’une analyse politique d’un phénomène qu’il estime ancré dans certaines franges de la jeunesse. Dans un communiqué sur le réseau social X, il a expliqué : « Expliquer un phénomène n’a jamais signifié l’encourager. Chercher à comprendre pourquoi, dans certaines circonstances exceptionnelles, La Marseillaise est sifflée relève de l’analyse et de la réflexion, pas de l’incitation. ».

Invité sur RMC le 21 juin, l’édile a insisté sur son attachement à l’hymne national : « Je n’ai jamais sifflé la Marseillaise ! Je ne suis pas pour qu’on siffle la Marseillaise, je n’ai jamais sifflé la Marseillaise, je ne fais que la chanter ! Il faut cesser cette hypocrisie. ».

Il revendique le droit pour les citoyens de critiquer l’action de l’État, tout en rappelant sa propre pratique de la Marseillaise « dans l’ensemble de [ses] meetings » et en tant qu’ancien joueur de basketball.

Un débat entre liberté d’expression et respect républicain
Autour de cette affaire, juristes et éditorialistes soulignent la ligne de crête entre liberté d’expression et protection des symboles de la République. Certains y voient une forme de contestation politique à encadrer plutôt qu’à criminaliser systématiquement, d’autres considèrent que l’hymne ne saurait absorber la colère sans affaiblir le socle commun de la nation.

Pour l’heure, l’initiative de l’avocat toulonnais ouvre un nouveau front judiciaire dans une polémique déjà très commentée. Le maire de Saint-Denis, qui a lui-même déposé plainte contre une chaîne de télévision après une séquence jugée diffamatoire, pourrait se retrouver au cœur d’un bras de fer juridique où seront scrutés à la fois la portée de ses déclarations et les limites de la liberté de critique des symboles nationaux.

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