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Samuel Paty : le film « L’Abandon » sera diffusé à tous les collégiens des Bouches‑du‑Rhône dès la rentrée

À l’initiative du Département des Bouches-du-Rhône, le film « L’Abandon », de Vincent Garenq, retraçant les onze derniers jours de la vie de Samuel Paty avant son assassinat le 16 octobre 2020, sera projeté à tous les collégiens du département à partir de la rentrée de septembre.

Samuel Paty – Cette décision s’inscrit dans un contexte où le film, présenté hors compétition au Festival de Cannes et sorti en salles le 13 mai 2026, est déjà au cœur d’un débat national sur la manière d’enseigner la laïcité et la liberté d’expression après cet attentat.

Le Conseil départemental veut ainsi faire de cette œuvre un support pédagogique structurant, en complément des dispositifs déjà mis en place depuis 2020 pour rappeler les valeurs de la République dans les établissements scolaires, selon La Provence.

La projection sera accompagnée de séances d’échanges encadrées par les enseignants, avec des dossiers pédagogiques destinés à replacer le film dans le cadre des programmes d’histoire, d’enseignement moral et civique, et d’éducation aux médias.

Une initiative politique assumée
Selon la communication du Département, cette démarche a été engagée à l’initiative de Martine Vassal (DVD), présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, qui souhaite proposer un « cycle de projections » de « L’Abandon » dans l’ensemble des collèges publics du territoire. Le dispositif, porté en partenariat avec la distribution du film, doit s’étaler sur l’année scolaire, avec des séances organisées par niveau et en lien avec les équipes éducatives.

« Samuel Paty a été assassiné pour avoir enseigné. Nous avons le devoir collectif de ne jamais oublier, de continuer à expliquer, à transmettre et à défendre ce qui fonde notre démocratie. Ce cycle de projections sera accompagné de temps d’échanges et de réflexion avec les élèves, les enseignants et les différents acteurs engagés pour la défense des valeurs républicaines », a précisé Martine Vassal présidente du Département, dans un communiqué.
Le Département met en avant la nécessité de « ne pas oublier » l’assassinat de Samuel Paty et de donner aux élèves des outils pour comprendre la chaîne d’événements – harcèlement en ligne, polémique locale, radicalisation – qui a conduit au drame. Il insiste également sur le rôle du film pour illustrer concrètement le fonctionnement des institutions, des procédures disciplinaires et des réactions de l’opinion publique, autant de thèmes désormais au cœur de l’enseignement de la laïcité.

Sur le plan logistique, les projections devraient se dérouler dans les salles polyvalentes ou cinémas partenaires, avec une prise en charge des coûts de diffusion par le Département, afin de garantir une participation de l’ensemble des établissements, y compris en zones rurales et périurbaines.

Un accueil globalement favorable de l’opinion
Au niveau national, un sondage CSA pour Europe 1, CNews et Le Journal du Dimanche indique que 79% des Français se disent favorables à la diffusion du film sur Samuel Paty dans les collèges et lycées comme support pédagogique. Ce résultat, publié le 19 mai, conforte les collectivités qui souhaitent s’appuyer sur le film pour aborder en classe la laïcité, la liberté d’expression et la lutte contre le terrorisme.

Dans un communiqué, le groupe RN-UDR au conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes a par ailleurs demandé que « L’Abandon » soit diffusé dans tous les lycées de la région, estimant que l’œuvre permet de « rappeler le prix payé par un enseignant pour avoir fait son métier ». D’autres élus locaux, de diverses sensibilités, voient dans l’initiative des Bouches-du-Rhône un précédent qui pourrait inspirer d’autres départements et régions.

Les promoteurs du projet soulignent enfin que « L’Abandon », en reconstituant les faits à partir des enquêtes et des procès, offre aux élèves une narration structurée et documentée, susceptible de nourrir un travail de réflexion plus large sur les réseaux sociaux, les rumeurs et la protection des personnels de l’Éducation nationale.

Des réserves sur la réception par les élèves
Des voix s’inquiètent toutefois de l’impact émotionnel d’un film qui met en scène une escalade de menaces, d’attaques en ligne et de tensions autour d’un enseignant identifié. Certains pédagogues plaident pour une diffusion « progressive », à partir de la 4e, et fortement encadrée, afin d’éviter une exposition jugée trop brutale des élèves les plus jeunes à la violence terroriste.

Les associations de parents d’élèves demandent, de leur côté, une information claire et en amont, ainsi que la possibilité pour les familles de s’impliquer dans le suivi des projections, notamment par des réunions d’échanges après les séances.

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