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Nice : Éric Ciotti lance la vente de 25 voitures de fonction, annonce 60 millions d’euros d’économies et une baisse de la taxe foncière

Un mois après son élection, le nouveau maire de Nice a présenté un plan d’économies drastique de 60 millions d’euros. En supprimant les privilèges des élus et en cédant le parc automobile de son prédécesseur, l’édile entend redonner du pouvoir d’achat aux contribuables azuréens dès le prochain conseil municipal.

Ce jeudi 23 avril sur le quai de la Douane, 25 véhicules officiels ont été exposés avant leur prochaine mise aux enchères. Par ce geste, Éric Ciotti a annoncé la mise en vente de ces voitures de fonction utilisées sous l’ancienne mandature. Il a notamment ciblé plusieurs véhicules, dont trois Renault Espace de son prédécesseur, Christian Estrosi.


Une traque des dépenses jugées superflues
Selon une source proche du dossier citée par Nice-Matin, Christian Estrosi disposait au total de cinq voitures de fonction : « Deux grosses à Paris, deux grosses à Nice. Et encore une petite Zoé à Nice. » De son côté, Le Parisien rapporte que le nouveau maire a lancé devant la presse : « Il y en a au moins deux de trop. » Cette vente devrait rapporter environ 500.000 euros à la collectivité.

En outre, cette cession automobile n’est que la partie émergée d’un plan global de 60 millions d’euros de réductions budgétaires. Éric Ciotti a affirmé sa volonté de mettre fin à une ère de dépenses « pharaoniques ». Toujours selon Nice-Matin, la municipalité a ainsi décidé de supprimer le dispositif de sécurité personnelle du maire. Cette mesure permettrait d’économiser 240.000 euros par an. Les frais de représentation et le magazine municipal ont également disparu du budget. L’élu a fustigé une gestion passée marquée par des factures de restaurants jugées excessives. Il a notamment cité un dîner de gala pour le sommet de l’ONU sur les océans (UNOC), dont le coût a atteint 220.000 euros.


Pour l’édile, « la fête est finie ». Les élus ont déjà consenti à un effort notable puisque leurs indemnités ont baissé de 30 % à la métropole. De plus, la nouvelle municipalité a mis fin à la gratuité de leur stationnement au parking Corvesy. Le maire s’est aussi attaqué à ce qu’il qualifie d’« armée mexicaine » au sein du cabinet, précise encore Nice-Matin. Il a révélé que quinze cadres percevaient plus de 10.000 euros bruts mensuels, bénéficiant parfois de logements de fonction.
Objectif : ramener la fiscalité à son niveau de 2023
L’objectif de cette cure d’austérité est de financer une baisse d’impôts de 51,4 millions d’euros. Dès ce vendredi, le conseil municipal doit voter une diminution de 4,4 points de la taxe foncière. Cette mesure ramènera la fiscalité à son niveau de 2023. « C’est du pouvoir d’achat pur », a martelé Éric Ciotti. Pour sécuriser ces marges, la Ville a recruté un « cost-killer » chargé de réduire de 5 % le coût des chantiers publics.
Face à ces annonces, l’opposition manifeste une certaine prudence. Philippe Pradal, ancien adjoint aux finances d’Horizons, a rappelé au Parisien que l’annulation d’investissements ne génère pas forcément d’économies de fonctionnement.
De son côté, l’élue écologiste Juliette Chesnel-Le Roux s’est inquiétée des conséquences sur le service public. Elle a notamment souligné l’urgence des travaux de rénovation dans les 150 écoles de la ville. Plusieurs événements sportifs d’envergure, comme l’Ironman ou l’Ultra-trail, ont d’ores et déjà été rayés du calendrier niçois pour sceller ce nouveau cap budgétaire.

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