La Suède fait marche arrière: retour aux manuels scolaires en remplacement des tablettes numériques

Après avoir largement misé sur les tablettes et les outils numériques, la Suède change progressivement de stratégie éducative. Le pays souhaite désormais remettre les livres imprimés, l’écriture manuscrite et la lecture au cœur des apprentissages. Un virage qui interroge sur les limites de la numérisation de l’école.
Pendant plusieurs années, la Suède a été considérée comme l’un des pays européens les plus avancés en matière de numérique à l’école.
Dans de nombreux établissements, les élèves ont progressivement pris l’habitude d’utiliser des ordinateurs, des tablettes et différentes plateformes numériques pour apprendre.
Mais cette stratégie est aujourd’hui remise en question.
Les autorités suédoises souhaitent désormais réduire la place des écrans dans l’enseignement et renforcer l’utilisation des supports traditionnels, notamment les livres scolaires.
Des milliards investis dans le retour des livres
Le changement de cap n’est pas seulement symbolique.
Le gouvernement suédois a débloqué plusieurs centaines de millions de couronnes pour permettre aux écoles d’acheter davantage de manuels.
L’objectif est notamment de permettre aux élèves d’avoir accès à un manuel physique par matière.
Des enveloppes de plusieurs centaines de millions de couronnes ont ainsi été prévues successivement pour l’achat de livres scolaires.
Pour Stockholm, il s’agit de donner aux enseignants et aux élèves des outils pédagogiques considérés comme essentiels.

Pourquoi la Suède change-t-elle de stratégie ?
La question de la lecture se trouve au cœur de cette évolution.
Les autorités suédoises se préoccupent notamment de la diminution du temps consacré à la lecture dans les établissements scolaires.
Selon les données citées par le gouvernement, le temps hebdomadaire consacré à la lecture et aux activités liées à celle-ci a diminué de manière importante entre 2011 et 2021.
Face à cette évolution, le gouvernement souhaite remettre les fondamentaux au premier plan :
lire, écrire et compter.
Le livre papier revient au premier plan
Pour les autorités suédoises, le livre imprimé ne doit pas être considéré comme un outil dépassé.
Au contraire, il peut permettre aux élèves de se concentrer davantage sur le contenu étudié, sans les sollicitations multiples que peuvent entraîner les appareils numériques.
Les manuels offrent également un cadre commun à une classe entière.
Chaque élève peut suivre le même chapitre, consulter les mêmes exercices et revenir facilement sur les notions étudiées.
Les écrans ne sont pourtant pas interdits
Attention toutefois à une idée reçue.
La Suède ne décide pas de supprimer totalement les technologies numériques de ses écoles.
Le gouvernement souhaite plutôt mieux encadrer leur utilisation.
Le numérique doit continuer à être utilisé lorsqu’il présente un véritable intérêt pédagogique.
L’objectif est donc de passer d’une logique de « tout numérique » à une approche plus équilibrée.
La tablette peut rester un outil parmi d’autres, mais elle ne doit plus systématiquement remplacer le livre ou le cahier.
Les plus jeunes particulièrement concernés
Le changement concerne également l’éducation des enfants les plus jeunes.
Les autorités suédoises ont renforcé les recommandations concernant l’utilisation des outils numériques dans l’enseignement préscolaire.
Pour les enfants en bas âge, les supports analogiques, notamment les livres, sont davantage privilégiés.
Cette orientation repose sur l’idée que les premières années de développement doivent laisser une place importante à la lecture, au langage, à l’interaction avec les adultes et aux activités sans écran.

L’écriture manuscrite retrouve aussi son importance
Le retour au papier ne concerne pas uniquement les manuels.
L’écriture manuscrite fait également partie des compétences que la Suède souhaite renforcer.
Pendant plusieurs années, les élèves ont été de plus en plus nombreux à utiliser des claviers et des écrans pour produire leurs travaux.
Le gouvernement veut désormais préserver davantage la capacité des enfants à écrire à la main.
Pour les défenseurs de cette approche, écrire manuellement oblige notamment l’élève à ralentir, à sélectionner les informations importantes et à mémoriser davantage.
Les bibliothèques scolaires renforcées
Le retour du livre s’accompagne également d’une volonté de renforcer les bibliothèques scolaires.
L’objectif est de faire de ces espaces de véritables lieux d’apprentissage et de lecture.
La présence de livres dans les établissements ne suffit évidemment pas.
Encore faut-il donner aux élèves l’envie de les ouvrir.
Les autorités souhaitent donc développer une véritable culture de la lecture au sein des écoles.

La Suède ne renonce pas à la modernité
Ce changement de politique peut sembler paradoxal.
Comment un pays réputé pour son avance technologique peut-il décider de remettre les livres au centre de l’école ?
La réponse du gouvernement suédois est justement de ne pas opposer systématiquement technologie et tradition.
Un ordinateur peut être extrêmement utile pour certaines activités.
Une tablette peut faciliter l’accès à certaines ressources.
Mais cela ne signifie pas que tous les apprentissages doivent passer par un écran.
Le numérique doit rester un moyen, et non devenir une fin en soi.
Une réflexion sur les effets des écrans
Cette décision intervient alors que la question du temps passé devant les écrans chez les enfants fait débat dans de nombreux pays.
Parents, enseignants et spécialistes s’interrogent notamment sur la concentration, la lecture, les habitudes d’apprentissage et la capacité des élèves à rester attentifs longtemps.
Il serait toutefois excessif d’affirmer que les écrans sont responsables à eux seuls des difficultés scolaires.
Les performances des élèves dépendent de nombreux facteurs : conditions sociales, méthodes pédagogiques, niveau de formation des enseignants, environnement familial ou encore temps consacré à la lecture.
La décision suédoise doit donc être comprise comme une volonté de rééquilibrage, plutôt que comme une condamnation générale de la technologie.
Un changement de cap qui fait réfléchir
Le cas suédois est particulièrement intéressant parce que le pays avait justement été présenté comme un exemple de transformation numérique de l’école.
Aujourd’hui, Stockholm semble considérer qu’une numérisation trop importante peut avoir des limites.
Le message est donc observé avec attention par d’autres systèmes éducatifs.
Faut-il davantage utiliser les tablettes ?
Faut-il privilégier les livres ?
Ou la meilleure solution consiste-t-elle à trouver un équilibre entre les deux ?
La Suède semble avoir choisi cette troisième voie.
Une école entre tradition et technologie
Le changement suédois ne constitue donc pas un retour complet au passé.
Les ordinateurs ne vont pas disparaître des salles de classe.
Les technologies numériques continueront à faire partie de l’éducation.
Mais leur utilisation devrait être davantage réfléchie.
Dans certaines situations, le livre sera privilégié.
Dans d’autres, le numérique pourra apporter une réelle valeur ajoutée.
L’idée est finalement de choisir l’outil en fonction de l’objectif pédagogique, plutôt que de partir du principe que la technologie est toujours préférable.
Une leçon pour les autres pays ?
La décision suédoise pourrait alimenter le débat dans de nombreux pays européens.
Alors que les établissements scolaires ont investi massivement dans les équipements numériques ces dernières années, certains responsables commencent eux aussi à s’interroger sur la place accordée aux écrans.
La question n’est désormais plus simplement de savoir comment introduire le numérique à l’école.
Elle est aussi de déterminer jusqu’où aller.
La Suède remet le livre au centre
Après des années de forte numérisation, la Suède opère donc un véritable changement de cap.
Manuels imprimés, cahiers, écriture manuscrite et lecture retrouvent une place importante dans les salles de classe.
Le pays ne tourne pas complètement le dos aux tablettes et aux ordinateurs.
Mais il semble avoir retenu une leçon importante : à l’école, la technologie doit rester un outil au service de l’apprentissage, et non remplacer systématiquement les méthodes qui ont fait leurs preuves.
Et cette question pourrait bien dépasser les frontières suédoises : faut-il vraiment plus d’écrans pour mieux apprendre ?
Après avoir largement misé sur les tablettes et les outils numériques, la Suède change progressivement de stratégie éducative. Le pays souhaite désormais remettre les livres imprimés, l’écriture manuscrite et la lecture au cœur des apprentissages. Un virage qui interroge sur les limites de la numérisation de l’école.
Pendant plusieurs années, la Suède a été considérée comme l’un des pays européens les plus avancés en matière de numérique à l’école.
Dans de nombreux établissements, les élèves ont progressivement pris l’habitude d’utiliser des ordinateurs, des tablettes et différentes plateformes numériques pour apprendre.
Mais cette stratégie est aujourd’hui remise en question.
Les autorités suédoises souhaitent désormais réduire la place des écrans dans l’enseignement et renforcer l’utilisation des supports traditionnels, notamment les livres scolaires.
Des milliards investis dans le retour des livres
Le changement de cap n’est pas seulement symbolique.
Le gouvernement suédois a débloqué plusieurs centaines de millions de couronnes pour permettre aux écoles d’acheter davantage de manuels.
L’objectif est notamment de permettre aux élèves d’avoir accès à un manuel physique par matière.
Des enveloppes de plusieurs centaines de millions de couronnes ont ainsi été prévues successivement pour l’achat de livres scolaires.
Pour Stockholm, il s’agit de donner aux enseignants et aux élèves des outils pédagogiques considérés comme essentiels.
Pourquoi la Suède change-t-elle de stratégie ?
La question de la lecture se trouve au cœur de cette évolution.
Les autorités suédoises se préoccupent notamment de la diminution du temps consacré à la lecture dans les établissements scolaires.
Selon les données citées par le gouvernement, le temps hebdomadaire consacré à la lecture et aux activités liées à celle-ci a diminué de manière importante entre 2011 et 2021.
Face à cette évolution, le gouvernement souhaite remettre les fondamentaux au premier plan :
lire, écrire et compter.
Le livre papier revient au premier plan
Pour les autorités suédoises, le livre imprimé ne doit pas être considéré comme un outil dépassé.
Au contraire, il peut permettre aux élèves de se concentrer davantage sur le contenu étudié, sans les sollicitations multiples que peuvent entraîner les appareils numériques.
Les manuels offrent également un cadre commun à une classe entière.
Chaque élève peut suivre le même chapitre, consulter les mêmes exercices et revenir facilement sur les notions étudiées.
Les écrans ne sont pourtant pas interdits
Attention toutefois à une idée reçue.
La Suède ne décide pas de supprimer totalement les technologies numériques de ses écoles.
Le gouvernement souhaite plutôt mieux encadrer leur utilisation.
Le numérique doit continuer à être utilisé lorsqu’il présente un véritable intérêt pédagogique.
L’objectif est donc de passer d’une logique de « tout numérique » à une approche plus équilibrée.
La tablette peut rester un outil parmi d’autres, mais elle ne doit plus systématiquement remplacer le livre ou le cahier.
Les plus jeunes particulièrement concernés
Le changement concerne également l’éducation des enfants les plus jeunes.
Les autorités suédoises ont renforcé les recommandations concernant l’utilisation des outils numériques dans l’enseignement préscolaire.
Pour les enfants en bas âge, les supports analogiques, notamment les livres, sont davantage privilégiés.
Cette orientation repose sur l’idée que les premières années de développement doivent laisser une place importante à la lecture, au langage, à l’interaction avec les adultes et aux activités sans écran.
L’écriture manuscrite retrouve aussi son importance
Le retour au papier ne concerne pas uniquement les manuels.
L’écriture manuscrite fait également partie des compétences que la Suède souhaite renforcer.
Pendant plusieurs années, les élèves ont été de plus en plus nombreux à utiliser des claviers et des écrans pour produire leurs travaux.
Le gouvernement veut désormais préserver davantage la capacité des enfants à écrire à la main.
Pour les défenseurs de cette approche, écrire manuellement oblige notamment l’élève à ralentir, à sélectionner les informations importantes et à mémoriser davantage.
Les bibliothèques scolaires renforcées
Le retour du livre s’accompagne également d’une volonté de renforcer les bibliothèques scolaires.
L’objectif est de faire de ces espaces de véritables lieux d’apprentissage et de lecture.
La présence de livres dans les établissements ne suffit évidemment pas.
Encore faut-il donner aux élèves l’envie de les ouvrir.
Les autorités souhaitent donc développer une véritable culture de la lecture au sein des écoles.
La Suède ne renonce pas à la modernité
Ce changement de politique peut sembler paradoxal.
Comment un pays réputé pour son avance technologique peut-il décider de remettre les livres au centre de l’école ?
La réponse du gouvernement suédois est justement de ne pas opposer systématiquement technologie et tradition.
Un ordinateur peut être extrêmement utile pour certaines activités.
Une tablette peut faciliter l’accès à certaines ressources.
Mais cela ne signifie pas que tous les apprentissages doivent passer par un écran.
Le numérique doit rester un moyen, et non devenir une fin en soi.
Une réflexion sur les effets des écrans
Cette décision intervient alors que la question du temps passé devant les écrans chez les enfants fait débat dans de nombreux pays.
Parents, enseignants et spécialistes s’interrogent notamment sur la concentration, la lecture, les habitudes d’apprentissage et la capacité des élèves à rester attentifs longtemps.
Il serait toutefois excessif d’affirmer que les écrans sont responsables à eux seuls des difficultés scolaires.
Les performances des élèves dépendent de nombreux facteurs : conditions sociales, méthodes pédagogiques, niveau de formation des enseignants, environnement familial ou encore temps consacré à la lecture.
La décision suédoise doit donc être comprise comme une volonté de rééquilibrage, plutôt que comme une condamnation générale de la technologie.
Un changement de cap qui fait réfléchir
Le cas suédois est particulièrement intéressant parce que le pays avait justement été présenté comme un exemple de transformation numérique de l’école.
Aujourd’hui, Stockholm semble considérer qu’une numérisation trop importante peut avoir des limites.
Le message est donc observé avec attention par d’autres systèmes éducatifs.
Faut-il davantage utiliser les tablettes ?
Faut-il privilégier les livres ?
Ou la meilleure solution consiste-t-elle à trouver un équilibre entre les deux ?
La Suède semble avoir choisi cette troisième voie.
Une école entre tradition et technologie
Le changement suédois ne constitue donc pas un retour complet au passé.
Les ordinateurs ne vont pas disparaître des salles de classe.
Les technologies numériques continueront à faire partie de l’éducation.
Mais leur utilisation devrait être davantage réfléchie.
Dans certaines situations, le livre sera privilégié.
Dans d’autres, le numérique pourra apporter une réelle valeur ajoutée.
L’idée est finalement de choisir l’outil en fonction de l’objectif pédagogique, plutôt que de partir du principe que la technologie est toujours préférable.
Une leçon pour les autres pays ?
La décision suédoise pourrait alimenter le débat dans de nombreux pays européens.
Alors que les établissements scolaires ont investi massivement dans les équipements numériques ces dernières années, certains responsables commencent eux aussi à s’interroger sur la place accordée aux écrans.
La question n’est désormais plus simplement de savoir comment introduire le numérique à l’école.
Elle est aussi de déterminer jusqu’où aller.
La Suède remet le livre au centre
Après des années de forte numérisation, la Suède opère donc un véritable changement de cap.
Manuels imprimés, cahiers, écriture manuscrite et lecture retrouvent une place importante dans les salles de classe.
Le pays ne tourne pas complètement le dos aux tablettes et aux ordinateurs.
Mais il semble avoir retenu une leçon importante : à l’école, la technologie doit rester un outil au service de l’apprentissage, et non remplacer systématiquement les méthodes qui ont fait leurs preuves.
Et cette question pourrait bien dépasser les frontières suédoises : faut-il vraiment plus d’écrans pour mieux apprendre ?


