Île-de-France : au moins 17 bouches à incendie ouvertes illégalement face à la chaleur

La France connaît actuellement une vague de chaleur exceptionnelle pour un mois de mai. En Île-de-France, cet épisode s’est accompagné d’ouvertures illégales de bouches à incendie, une pratique qui inquiète fortement les autorités en raison des risques qu’elle représente pour la population et les secours.
En Île-de-France, plusieurs bouches à incendie ont été ouvertes illégalement en raison des fortes chaleurs. Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des jeunes se rafraîchir sous les geysers à Stains et La Courneuve. Selon Le Parisien, les policiers ont comptabilisé seize ouvertures sauvages en petite couronne. Le journal précise toutefois que Paris intra-muros est resté épargné par ce phénomène.
Des tensions accrues avec les forces de l’ordre
La Seine-Saint-Denis a concentré la majorité des incidents avec dix signalements comptabilisés. À Stains, la situation a rapidement dégénéré dans la rue Jean-Jaurès. Selon une source proche du dossier, des jeunes ont pris à partie les policiers.

Ces derniers ont alors fait usage de leur arme de service ainsi que d’un lanceur de balles de défense (LBD) afin de mettre fin au rassemblement. L’affrontement n’a fait aucun blessé. Les services municipaux ont fermé la prise d’eau vers 16 heures. Des faits similaires se sont produits en grande couronne, notamment à Massy et à Argenteuil.
Un danger direct pour la population
La police nationale du Val-d’Oise et le Sdis 95 ont condamné cette pratique appelée « street pooling ». Les deux institutions ont publié un message commun de prévention sur les réseaux sociaux : « Au-delà de l’énorme gaspillage d’eau, il est important de rappeler que cette pratique est dangereuse et interdite. »
Les pompiers alertent également sur les risques d’électrocution et de traumatismes liés à la pression. En 2019, à Saint-Denis, un enfant de 6 ans avait été hospitalisé après avoir été projeté par un geyser, soulignent nos confrères. Les soldats du feu redoutent aussi des accidents routiers. Le Sdis 95 a précisé que « les bouches d’incendie servent à la sécurité de tous et sont exclusivement réservées aux pompiers ».
Des interpellations ciblées et des poursuites judiciaires
Les interventions policières ont permis de stopper plusieurs dégradations. Dans le Val-de-Marne, les forces de l’ordre ont relevé quatre infractions. Les agents ont interpellé deux hommes en flagrant délit, à Alfortville et à Villeneuve-Saint-Georges. Dans les Hauts-de-Seine, les autorités ont recensé trois méfaits à Asnières-sur-Seine, Fontenay-aux-Roses et Clichy.
Sur le réseau social X, Patrice Pinard, maire adjoint de Clichy, a qualifié cet acte de « totalement inacceptable ». L’élu a affirmé que des analyses d’images étaient « en cours afin d’identifier les auteurs ». Il a également annoncé des poursuites judiciaires. Actuellement, Météo-France place Paris et sa petite couronne en vigilance jaune canicule.
Une menace pour l’approvisionnement des secours
Ce gaspillage massif d’eau menace directement la sécurité des habitants. Dans les colonnes du Parisien, le Sdis de Seine-et-Marne avait déjà alerté sur les pertes colossales engendrées par ce type d’actes. « Ouvrir un poteau incendie pendant une heure, c’est déverser 30.000 à 60.000 litres d’eau dans la rue », avaient mis en garde les secouristes. Cette baisse de pression peut priver les pompiers du débit nécessaire pour éteindre un incendie à proximité.
En outre, la législation punit sévèrement ces actes commis sans motif légitime. Les pompiers du Val-d’Oise rappellent que les contrevenants risquent « jusqu’à 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende ».


