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En prison, il raconte le calvaire de la détention en France : « On m’a informé qu’il n’y aurait pas de chauffage avant décembre. Le froid est tel qu’il m’empêche de dormir »

Derrière les murs de la prison, le froid s’invite aussi dans les cellules. Un détenu raconte un quotidien devenu de plus en plus difficile à supporter.

À l’approche de l’hiver, le froid devient une épreuve supplémentaire derrière les murs des prisons françaises. Fin 2025, une personne détenue a raconté à la permanence de l’Observatoire international des prisons (OIP) des conditions de détention difficiles. Les températures baissaient, mais le chauffage de son établissement n’avait toujours pas été mis en service. À cela s’ajoutaient des fenêtres vétustes, des couvertures jugées insuffisantes et une douche dont la température, impossible à régler, lui aurait causé des brûlures.

Son récit, recueilli le 31 décembre 2025, détaille un quotidien devenu éprouvant : « Fin octobre, on m’a informé qu’il n’y aurait pas de chauffage avant décembre. J’ai dû mettre du scotch autour de la fenêtre mais l’air continue de passer quand même. Je n’ai reçu que deux fines couvertures en mai et, apparemment, aucune couverture spécifique n’est prévue pour l’hiver. En cellule, la température de la douche est réglée automatiquement : l’eau est soit froide, soit brûlante. En ce moment, elle est beaucoup trop chaude, au point de m’avoir causé des brûlures sur l’ensemble du corps. Le médecin a dû me prescrire une crème pour apaiser ma peau. Cela fait maintenant trois semaines qu’il n’y a plus de chauffage. J’ai prévenu l’établissement mais sans succès. Le froid est tel qu’il m’empêche de dormir… »

Le froid en prison, un problème loin d’être isolé
Face à cette situation, la personne détenue explique avoir tenté de limiter elle-même les courants d’air en collant du scotch autour de la fenêtre, sans parvenir à empêcher le froid d’entrer. Les deux couvertures reçues au printemps constituent sa seule protection pour les nuits. Le problème dépasse le confort : l’absence de chauffage est décrite comme suffisamment éprouvante pour perturber son sommeil, tandis que la douche trop chaude aurait nécessité une prise en charge médicale.

Ce témoignage fait écho à des alertes plus anciennes. Dès décembre 2023, l’OIP signalait déjà des températures très basses dans plusieurs établissements pénitentiaires. « Depuis l’arrivée des premiers froids, plusieurs personnes détenues ont contacté l’Observatoire international des prisons (OIP) pour signaler des températures très basses dans leur cellule », expliquait alors l’organisation. Les signalements concernaient plusieurs prisons et ne semblaient pas réservés aux bâtiments les plus anciens, ce qui élargit la question au fonctionnement des établissements durant les périodes de grand froid.

Le manque d’isolation en prison aggrave les conditions de détention
À la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, une détenue affirmait ainsi : « Il fait plus froid dans la cellule que dehors ». Au centre pénitentiaire de Lutterbach, un autre détenu donnait une image très concrète de la température ressentie : « Si je fais fondre du beurre dans une poêle, il redevient solide en 1 minute 45, tellement il fait froid ». Dans ces conditions, certains détenus disent devoir improviser leurs propres solutions pour limiter les infiltrations d’air et rendre leur cellule un peu plus supportable.

À Fleury-Mérogis, l’un d’eux décrivait ce système de fortune : « On prend tout ce qu’on trouve, des éponges, des balles de tennis, tout ce qui ressemble à de la mousse, on en fait des bouts, c’est le système D ! » Fenêtres mal isolées, joints défaillants ou chauffage insuffisant peuvent alors transformer l’hiver en épreuve quotidienne. L’OIP souligne par ailleurs que des établissements plus récents sont également concernés, comme Réau, ouvert en 2011, ou Vendin-le-Vieil, mis en service en 2014.

Le manque de chauffage en prison laisse peu de solutions
Le froid prend une dimension particulière en détention, où les possibilités d’agir restent nécessairement limitées. Une personne incarcérée ne peut pas simplement changer de pièce, installer librement un chauffage d’appoint ou multiplier les équipements pour mieux se protéger. Lorsque le chauffage collectif tarde à fonctionner ou que l’air s’infiltre par les fenêtres, les solutions disponibles sont donc réduites. Les témoignages recueillis par l’OIP montrent surtout combien les conditions matérielles de la cellule peuvent peser sur le quotidien lorsque les températures chutent fortement.

Pour l’Observatoire international des prisons, ces récits rappellent que les conditions climatiques extrêmes compliquent la vie en cellule aussi bien pendant les épisodes de chaleur que durant l’hiver. En 2023, l’organisation résumait la situation en ces termes : « De nombreuses personnes détenues vont donc passer l’hiver à grelotter dans leur cellule ». Deux ans plus tard, le témoignage transmis à sa permanence montre que les mêmes difficultés peuvent encore se présenter : chauffage absent pendant plusieurs semaines, fenêtres laissant passer l’air et moyens très limités pour lutter contre le froid. Une situation qui rappelle combien l’hiver peut peser lourdement sur la détention.

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