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« 72 % des Français limitent leur chauffage » : la médiatrice de l’énergie alerte sur des factures devenues trop lourdes pour les ménages

À l’approche des grands froids de l’hiver, les dépenses d’énergie pèsent de plus en plus lourd sur le budget des ménages français. Sur RTL, ce mardi 3 novembre, la médiatrice nationale de l’énergie appelle, entre autres, à mieux accompagner les foyers les plus modestes.

Avec le froid qui s’installe dans l’Hexagone, se chauffer redevient pour beaucoup de Français un véritable casse-tête. Entre la hausse des prix du gaz, du fioul et plus largement de l’énergie, des millions de foyers réduisent leur consommation, parfois au détriment de leur santé ou de leur confort.

À Saulxures-lès-Nancy, Huguette, retraitée, vit avec 900 euros par mois. Chez elle, le chauffage est réduit au strict minimum. « Je suis obligée de bien m’habiller. Je suis obligée de prendre des soupes, de faire des mélanges pour avoir chaud », raconte-t-elle au micro de RTL. « La plupart du temps, je m’isole dans mon lit avec mon peignoir, mes chaussons. » Elle dit aussi son angoisse face aux factures. « Ça m’effraie de trop. Je préfère rester comme ça : je dors habillée, j’essaie de m’allonger pour garder du chaud », confie-t-elle.

Un témoignage qui illustre une réalité de plus en plus répandue dans le pays. Selon le baromètre 2026 du médiateur national de l’énergie, « un Français sur trois » déclare avoir des difficultés à payer ses factures d’électricité ou de gaz. Ils n’étaient que 18% en 2020. Autre chiffre marquant : « 72% des personnes » interrogées disent limiter le chauffage en hiver « pour éviter d’avoir des factures d’énergie trop élevées ».

« Un arbitrage entre leur alimentation et les dépenses de chauffage »

Dans RTL Midi, ce mardi 3 novembre, la médiatrice nationale de l’énergie, Frédérique Feriaud, souligne une dégradation durable de la situation. « Depuis deux ans, on est sur un plateau. Les prix de l’énergie ont considérablement augmenté depuis 2020, avant la crise covid », rappelle-t-elle.

Frédérique Feriaud évoque à la fois les conséquences de la guerre en Ukraine, les tensions sur la production électrique, puis plus récemment l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les prix du gaz, du carburant et du fioul.

Et même si les prix ont légèrement reflué après la crise énergétique de 2021 à 2023, ils « ne sont pas revenus à leur niveau d’avant-crise », insiste-t-elle. Dans le même temps, l’inflation continue de peser sur les ménages. « Les consommateurs, en particulier les plus précaires, ont donc de plus en plus de difficultés à régler ces factures d’énergie qui pèsent lourd dans leur budget », martèle-t-elle.

Et d’ajouter : « En général, les personnes qui sont les plus en difficulté sont amenées à faire un arbitrage entre leur alimentation et les dépenses de chauffage ».

La médiatrice soutient une « transition énergétique »
Afin de faire face à cette situation, Frédérique Feriaud demande d’abord un retour à « l’automatisation du chèque énergie », une aide de 150 euros en moyenne destinée aux ménages modestes. Mais elle estime surtout qu’il faut éviter une transition énergétique « à deux vitesses ».

« On demande aujourd’hui une vaste campagne d’électrification des usages pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles parce que, finalement, ce qui coûte le plus cher ce sont toutes ces énergies carbonées », poursuit-elle sur RTL, en mettant en avant « la promotion des pompes à chaleur ».

La médiatrice souligne toutefois que cette transition reste hors de portée pour une partie des ménages les plus modestes. « C’est plus difficilement accessible pour les foyers les plus modestes qui n’ont pas nécessairement les moyens d’investir 10.000 – 15.000 euros dans une pompe à chaleur, qui n’ont pas les moyens nécessairement de rénover leur logement et qui, souvent, vivent dans des passoires énergétiques ». « Il faut vraiment les accompagner », conclut-elle.

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