De plus en plus de Français s’installent en Italie pour alléger leur fiscalité et transmettre leur patrimoine

Depuis plusieurs mois, l’Italie attire davantage de Français fortunés qui cherchent à optimiser leur fiscalité et à préparer la transmission de leur patrimoine. La combinaison entre régime forfaitaire pour certains nouveaux résidents, fiscalité successorale plus légère et cadre de vie très recherché alimente ce mouvement vers la péninsule.
Fiscalité en Italie – L’attrait est particulièrement visible à Milan, devenue une place de choix pour les grandes fortunes européennes. Selon des reportages récents, la ville concentre une partie de ces installations, même si des voix rappellent que l’Italie n’est pas un paradis fiscal pour tous les profils et que l’avantage concerne surtout des contribuables très aisés.

Milan, aimant à grandes fortunes
Les éléments les plus souvent mis en avant par la presse sont simples : un forfait fiscal pour les nouveaux résidents, valable sur les revenus de source étrangère, et un environnement jugé plus favorable qu’en France pour certaines transmissions. BFM Business rappelle que ce régime peut s’avérer très avantageux pour des foyers disposant de revenus élevés, tandis que Franceinfo souligne l’attrait de Milan pour les ultra-riches internationaux.
Le mécanisme a toutefois été durci pour les nouveaux entrants. Depuis la réforme évoquée dans les articles récents, l’impôt forfaitaire est passé à 200.000 euros par an, avec un supplément pour les membres de la famille, ce qui n’efface pas l’intérêt du dispositif pour les patrimoines les plus importants. La presse insiste aussi sur le fait que cette hausse ne concerne pas les résidents déjà installés avant la réforme.

Dans ce contexte, les observateurs parlent moins d’un exode massif que d’un flux ciblé de contribuables très fortunés, attirés par la stabilité juridique, la qualité de vie et la proximité avec les marchés européens. Euronews estime que plusieurs milliers de millionnaires pourraient choisir l’Italie, confirmant l’image d’une destination devenue stratégique pour les grandes fortunes.
Une fiscalité perçue comme plus douce
Au-delà du forfait, la fiscalité italienne sur certaines transmissions est souvent présentée comme plus lisible et moins lourde qu’en France. Franceinfo rappelle que les transmissions de faible montant peuvent bénéficier d’un traitement plus favorable, et qu’au-delà de certains seuils les taux restent, dans certains cas, inférieurs aux niveaux français. Cette différence alimente l’intérêt des familles qui souhaitent organiser en amont donations et successions.
Des élus et acteurs associatifs établis en Italie nuancent cependant ce tableau. Ils soulignent que la majorité des Français installés sur place ne relèvent pas du dispositif réservé aux très hauts revenus et peuvent au contraire être soumis à l’imposition ordinaire italienne, parfois en complément de prélèvements en France selon la nature des revenus. Leur message est clair : le récit d’un pays entièrement « doux » fiscalement serait trompeur.
Le débat porte donc moins sur une fuite générale que sur l’attrait d’un cadre précis, ciblé et souvent réservé à des contribuables très aisés. Les articles récents convergent sur cette lecture : l’Italie attire parce qu’elle offre un avantage compétitif réel à une minorité, pas parce qu’elle serait devenue un refuge universel pour les expatriés.
Transmission, résidence et image
Pour les familles concernées, l’argument patrimonial est central. Les règles italiennes sur les donations et les successions, combinées au régime des nouveaux résidents, simplifient la construction d’une stratégie de transmission sur plusieurs années, ce qui explique l’intérêt des conseils patrimoniaux et fiscaux pour Milan. L’Italie capitalise aussi sur un facteur moins technique : l’image d’une destination à la fois mondaine, stable et connectée au reste de l’Europe.
Reste que cette attractivité a un prix politique. En France, le sujet revient régulièrement dès qu’une hausse d’impôts sur les plus aisés est évoquée, tandis qu’en Italie, la polémique porte surtout sur l’équilibre entre compétitivité fiscale et perception de dumping. Les articles consultés montrent toutefois un constat commun : Milan s’est imposée comme l’un des principaux points d’arrivée des Français les plus fortunés en quête d’un cadre plus favorable pour leur patrimoine.


